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https://player.vimeo.com/video/120871137?autoplay=1 Alexandre-Mirlicourtois-Le-deficit-exterieur-et-le-deni-interieur-130.jpg
24/04/201203:51

Xerfi Canal présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur des études de Xerfi


Le solde du commerce extérieur français reste catastrophique. Sur les deux premiers mois de l’année, le déficit atteint 12 milliards d’euros. C’est à peine moins que le déficit cumulé de janvier et février 2011. Une année 2011 qui s’est pourtant soldée par un déficit record de 71 milliards d’euros. Rappelons que la France était encore légèrement excédentaire en 2003. Vous l’aurez compris, 2012 est très très mal parti. Et inutile de se voiler la face derrière l’alourdissement de la facture énergétique, la vague de froid ou la montée inexorable des importations des pays à bas coût pour l’expliquer. C’est vrai, nous reculons face à la concurrence des pays émergents. Mais nous reculons surtout face à nos voisins européens. Face à l’Allemagne bien sûr. Mais il y a plus grave. La France est désormais déficitaire vis-à-vis de l’ensemble de ses autres partenaires de la zone euro. Hors Allemagne, nous étions excédentaires avec le reste de la zone euro de 6 milliards d’euros environ au début des années 2000. Aujourd’hui, le déficit dépasse 20 milliards ! Déficit par rapport à l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, le Portugal. Et depuis peu, nous sommes mêmes déficitaires vis-à-vis de l’Espagne ! L’Espagne qui, 6 ans plus tôt, représentait pourtant l’un de nos excédents les plus confortables. Le pétrole n’a donc rien à voir à l’affaire. Si notre déficit extérieur se creuse, c’est d’abord parce nous cédons massivement du terrain dans nos échanges industriels avec nos voisins immédiats. Et c’est un fait, notre solde extérieur industriel a été laminé. Encore positif de 14 milliards d’euros en 2003, il est négatif de 29 milliards en 2011. La brutalité du décrochage est le signe évident que des places fortes de notre commerce extérieur sont tombées. Le cas le plus symbolique est celui de la filière automobile. Encore excédentaire de plus de 10 milliards d’euros en 2004, le solde de l’industrie automobile ne cesse depuis de se détériorer. Et en 2011, son déficit a enfoncé les 8 milliards d’euros. Alors pourquoi ? Pourquoi ces difficultés à contrer les offensives des importateurs ? Pourquoi ces pertes de compétitivité à l’export ? On peut bien sûr incriminer les coûts salariaux. Et c’est vrai qu’ils ont augmenté en France plus vite que chez la plupart des pays voisins. C’est vrai que les charges sociales pèsent ici plus qu’ailleurs. Mais tout compte fait, ces écarts ne suffisent pas à expliquer un tel dérapage. Les entreprises françaises pâtissent bien plus de leur manque d’avantage concurrentiel décisif, avec trop souvent un positionnement moyen de gamme. La France est ainsi prise en étau entre une Europe du Nord qui est montée en gamme, et une Europe du Sud qui pratique la déflation salariale. Faute d’un pouvoir de marché qui leur permettrait d’imposer leur prix, les entreprises françaises sacrifient leurs marges. Et avec des marges trop faibles, elles innovent moins, elles investissent moins, elles exportent moins. La comparaison avec l’Allemagne est significative et cruelle. En 2005 on comptait 1 entreprise exportatrice française pour 2 allemandes. Cinq ans plus tard, le rapport est proche de 1 pour 3. Le déficit commercial de la France matérialise d’abord le déclin de l’industrie. La France a une longue tradition industrielle et technologique qui lui permet le rebond. Mais cela exige une véritable stratégie de reconquête à long terme, un véritable plan stratégique.  Le déficit du commerce extérieur français est intenable. Il ne se résorbera pas d’un coup de baguette magique, ni par la déflation salariale, ni par les incantations au « made in France ». Pour gagner la bataille du commerce extérieur, la France doit d’abord sortir du déni intérieur.

Alexandre Mirlicourtois, Le déficit extérieur et le déni intérieur, une vidéo Xerfi Canal.



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