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L’or est en forme olympique : le lingot d’un kilo s’échange autour de 70 000 euros, la pièce Napoléon or 20 francs se négocie à environ 420 euros, c’est du jamais vu pour les deux. Le marché londonien du LBMA, qui fait référence pour les métaux précieux, confirme cette tendance. Le cours de l’once d’or varie entre 2 300 et 2 400 dollars soient à des sommets historiques et sa cote a grimpé de près de 30% en seulement 7 mois.


L’or c’est traditionnellement une variable inversée de l’état de santé de l’économie mondiale : il monte quand les autres indicateurs descendent bref quand ça va mal, voire très mal c’est-à-dire en temps de crises économiques, de krachs boursiers voire de guerres. Il suffit de regarder les cours de l’or sur longue période pour saisir sa fonction refuge.


Sa première grande vague de hausse se produit durant les années 70. Un cocktail explosif enflamme alors le marché et fait multiplier les cours par 20 : en œuvre l’abandon de la convertibilité du dollar qui engendre une défiance sans précédent sur le billet vert, à quoi s’ajoutent une vague inflationniste et surtout une remontée brutale des taux d’intérêt à partir de 1979, qui brise le crédit et déstabilise tous les marchés d’actifs, immobilier compris.


La deuxième vague débute au début des années 2000 avec l’effondrement du Nasdaq et des NTIC, lequel va déstabiliser toutes les bourses des pays avancés, jusque à la crise des subprimes, qui crée une profonde défiance sur la monnaie américaine. Cette crise s’étire finalement jusqu’en 2012, embarquant dans son sillage toutes les gammes d’actifs, l’immobilier, certes, mais aussi les marchés de dettes souveraine. A nouveau, l’or fait office de valeur refuge, son cours fait fois 6 et explose ses records du début des années 80.


Puis plus récemment, une troisième vague déferle avec des prix multipliés par deux en six ans. Comme d’accoutumé, les multiples conflagrations, de la crise sanitaire à la guerre en Ukraine en passant par la résurgence de l’inflation, la remontée des taux, la montée des tensions au Moyen-Orient sont avancées pour l’expliquer. Cela ne cadre toutefois pas avec le calendrier de la hausse. L’or commence sa nouvelle chevauchée au 4ème trimestre 2018 c’est-à-dire à un moment où la croissance est forte aux Etats-Unis, solide en zone euro, avec une inflation passée sous les cibles des banques centrales et des taux d’intérêt au plancher. La crise de la Covid amplifie certainement le mouvement à partir de 2020 mais elle n’en est pas l’origine principale.


Le métal jaune connait ensuite une période d’accalmie voire de repli alors même que la Russie entre en conflit avec l’Ukraine, que l’inflation se réveille et avec elle la remontée des taux remontent. Les cours reprennent ensuite leur ascension certainement exacerbée par le conflit de Gaza mais dans contexte où la hausse des prix à la consommation s’est assagie et se conjugue avec des taux anticipés à la baisse. De quoi rendre perplexe ! Alors de quoi l’envolée de l’or est-elle le nom ? De la diminution de l’hégémonie américaine menés par un « axe » Pékin-Moscou-Téhéran pour schématiser.


Cet affrontement prend forme sous la présidence Trump, lorsque la Chine commence à contester l’autorité américaine. C’est à ce moment-là que les banques centrales des pays émergents se décident à massivement acheter de l’or au lieu des traditionnels bons du Trésor américain. Ces mouvements montrent les premières fissures de l’ordre mondial, ce qui se répercute dans la valeur croissante du métal jaune, de plus en plus recherché dans un monde sans leader incontesté. Hormis 2020-2021, deux années perturbées par la pandémie, la demande mondiale d’or des banques centrales s’envole. L’année 2022 est à ce titre exceptionnelle. Sous l’impulsion des pays émergents Chine, Inde, Turquie, Egypte, Qatar, Emirats Arabes Unis, Irak... près de 1 100 tonnes d’or ont été achetées, la plus grande quantité depuis 1967, en hausse de 79% sur 2019 dernière année significative. L’exercice 2023 a été du même acabit.


C’est une nouvelle donnée à intégrer dans l’équation : l’affaiblissement de l’ordre mondial occidental rend le monde plus instable en réaction les banques centrales des pays émergents diversifient leurs réserves, se détournent progressivement du dollar au profit du précieux métal et exercent une pression constante sur son cours.


Publié le mardi 30 avril 2024 . 4 min. 34

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