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Mario Draghi face à l'état calamiteux (de longue date) de l'Italie

Enregistré le mardi 2 mars 2021 . 4 min. 53

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Mario Draghi, l’homme qui a à son crédit d’avoir sauvé la zone euro en pleine crise de la dette en 2012, est désormais au chevet de l’Italie, l’homme malade de l’Europe. Le déclin démographique du pays fait partie intégrante de l’équation qu’il aura à résoudre, car l’Italie se dépeuple et a perdu plus d’un million d’habitants depuis 2014.


Chute des naissances


C’est la conséquence de la chute des naissances descendues à un point bas alors que les décès ne cessent de progresser et dépassent le nombre de nouveaux nés de façon quasi continue depuis le milieu des années 90. Le solde naturel est donc devenu négatif et s’enfonce au fil des ans. Le déficit, déjà considérable en 2019 à -214 000 personnes, se sera encore creusé en 2020 avec la hausse de la mortalité liée à la pandémie.


Et comme si tout cela ne suffisait pas, l’Italie est redevenue une terre d’émigration massive. Près de 800 000 personnes nées en Italie ont quitté le pays depuis 2008, l’équivalent (ou presque) d’une ville comme Turin. Une perte en capital humain d’autant plus importante que ce sont de jeunes adultes (1 partant sur deux a entre 20 et 39 ans) avec un niveau de qualification élevé qui quittent le pays. Bilan, l’arrivée d’immigrés ne suffit plus et le nombre des 15-64 ans, c’est-à-dire la force de travail mobilisable pour créer de la richesse diminue et se situe au plus bas depuis le début des années 90.


Un affaiblissement industriel et touristique


Toutes les difficultés de l’Italie ne se résument cependant pas à un problème de démographie. Même en gommant ses effets en rapportant le PIB au nombre de personnes en âge de travailler, l’Italie décroche :


• En valeur absolue d’abord, avant même que survienne la crise de la Covid-19, l’économie italienne restait en deçà de 2,5% du pic précédant la grande récession de 2008-2009.
• De façon relative ensuite, en se situant près de 20% en dessous de ses plus proches partenaires et encore plus loin, à près de 26%, de l’Allemagne, l’autre grande puissance industrielle de l’Europe.


Finalement, la pandémie n’a fait qu’aggraver des lignes de fractures préexistantes. Avec un PIB en recul de 8,9% l’année dernière, l’Italie a lourdement chuté, plus que la France, plus que le reste de la zone euro ou que l’Allemagne.


Le déclassement de l’économie italienne, c’est d’abord celui de son industrie manufacturière dont la valeur ajoutée a chuté de plus de 8% entre 2007 et 2019, quand les autres branches limitaient la casse, avec un recul inférieur à 2%. En cause la productivité. Elle plafonne depuis plus de 15 ans. L’Italie s’est montrée incapable de procéder aux investissements nécessaires pour inverser la tendance et s’est faite débordée par l’Allemagne alors qu’elle faisait jeu égal jusqu’au début des années 90. Si les dévaluations à répétition de la lire ont longtemps été une arme de compétitivité, l’entrée dans l’euro a mis fin au cycle inflation-dévaluation qui combinait le pouvoir d’achat et la compétitivité. Le tissu de PME, joyau de la production italienne, s’est alors fait balayer par la concurrence des pays à bas coût avec la déferlante venue d’Asie et les délocalisations dans les PECO.


Cette perte de pied de l’Italie se retrouve aussi en partie dans l’affaiblissement relatif de son secteur touristique. En 2008, la capacité hôtelière italienne représentait plus de 18% de l’offre de lits de l’Union européenne à 28. Onze ans plus tard, moins de 16. Entre-temps, la concurrence s’est développée et parfois de façon très spectaculaire comme au Portugal ou à un degré moindre en Croatie ou en Grèce.


La croissance potentielle réduite


Peu à peu, un cercle vicieux s’est mis en place : l’affaiblissement de la croissance s’est traduit par des créations d’emplois trop faibles pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail entraînant un chômage massif chez les jeunes. Depuis 1995, 29,3% des jeunes Italiens de moins de 25 ans se trouvant sur le marché du travail sont sans emplois. C’est 10 points de plus que la moyenne de la zone euro. L’impact est double : certains vont chercher ailleurs la prospérité, pour d’autres le départ du domicile familial est retardé et l’âge des parents pour le 1er enfant s’élève… ce qui a une incidence directe sur la dynamique démographique. La croissance potentielle du pays se retrouve réduite, la possibilité d’amélioration du marché du travail aussi, la fuite sa jeune élite se poursuit, etc.


L’Italie détient néanmoins au moins trois atouts :


1. Sa capacité à générer des excédents courants depuis 2012, donc à accumuler des créances sur le reste du monde.
2. Le bouclier de l’euro lui permet de bénéficier, malgré la crise, de taux souverains à 10 ans avantageux et même bien plus bas que lors de la grande récession où ils avaient culminé à plus de 7%.
3. Mieux, le spread avec le Bund allemand, bon indicateur de la perception du risque par les investisseurs, est faible. Signe que les marchés ne sont pas inquiets quant à la capacité du pays de faire face à ses échéances. Et pour cause, c’est le premier bénéficiaire du plan de relance européen.


Malgré tout, le chemin du redressement s’annonce tortueux et il faudra bien un Super Mario pour relancer une économie aux fondamentaux déjà si fragilisés.


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