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Un vent d’optimisme souffle sur les perspectives économiques de la France. Les uns après les autres, l’OCDE, la Commission européenne, le FMI ont revu à la hausse leurs prévisions de croissance pour 2023 encourageant le gouvernement à maintenir la sienne à 1%. À rebours de ce mouvement, nous maintenons à Xerfi notre scénario d’une croissance zéro en moyenne pour les prochains trimestres, ce qui ne laisse pas espérer plus de 0,4% de hausse du PIB cette année, soit le niveau de l’acquis de croissance à la sortie du 1er trimestre. Ce pessimisme pour les prochains mois repose sur notre décryptage des chiffres de la croissance du 1er trimestre et des dernières enquêtes de conjoncture.


Un premier trimestre trompeur


La progression du PIB de 0,2% sur les trois premiers mois de l’année est un résultat en trompe-l’œil. L’économie vient en effet d’enchaîner deux trimestres consécutifs de recul de la demande intérieure finale hors stock, signe d’une demande domestique affaiblie. La contribution du commerce extérieur a certes permis de le compenser, mais non pas parce que les exportations sont dynamiques — elles baissent — mais parce que les importations baissent plus encore sous l’impact du reflux de la consommation de biens et surtout de l’effondrement, par nature transitoire, des imports de pétrole raffiné. Cet à-coup corrige en effet leur forte augmentation au 4e trimestre 2022, trimestre marqué par le blocage des raffineries qui avait conduit à une forte augmentation des importations.


La trajectoire de la consommation des ménages n’est pas bonne non plus. Après avoir fortement diminué fin 2022, elle s’est pourtant stabilisée. Si les comptes de la Nation ne donnent pas le détail mensuel de l’évolution de la demande globale des ménages, cette information est toutefois disponible pour la consommation de biens. Or, après avoir fortement rebondi en janvier, elle a reculé sur les trois mois suivants, signe que le 2e trimestre est mal engagé.


Longtemps dynamique, l’investissement des entreprises commence aussi à flancher. Il a même fléchi au 1er trimestre de 0,4%, sa plus forte baisse depuis le 2e trimestre 2020 : rétrécissement des débouchés intérieurs comme extérieurs, durcissement des conditions financières ne poussent pas à l’optimisme pour la suite. Enfin, il y a l’amorce d’un mouvement de déstockage, après que les industriels aient massivement reconstitué leurs stocks en 2022.


Les enquêtes de conjoncture ont de quoi inquiéter


La lecture des enquêtes de conjoncture renforce tous ces traits. Les ménages font surtout état d’une situation financière très dégradée comme en atteste le recul de 0,6% du pouvoir d’achat au 1er trimestre. Et, s’ils escomptent une amélioration par la suite, les espoirs de redressement depuis plusieurs mois ont été douchés comme le dévoile l’écart grandissant entre les courbes correspondant aux soldes d’opinions entre évolution passée et à venir des situations financières personnelles. Surtout, si amélioration il y a, le contexte n’est pas opportun à faire des achats importants, mais plus à épargner. La relance de la consommation ce n’est donc pas pour tout de suite.


Côté entreprises, l’indicateur du climat des affaires est retombé à sa moyenne de long terme au plus bas depuis deux ans et le climat de l’emploi s’assombrit lui aussi. Il ne faut évidemment pas noircir le tableau à dessein, les soldes restent proches, voire supérieurs à leur moyenne de long terme, mais la tendance n’est clairement pas bonne.


Le détail sectoriel des enquêtes a aussi de quoi inquiéter :


• En amont de la conjoncture générale, le commerce de gros décroche. Le climat des affaires s’éloigne de sa moyenne de long terme et tous les indicateurs sont en berne. C’est le cas notamment des intentions de commandes, un mauvais signal pour tous les fournisseurs.
• Autre source de préoccupation, le bâtiment. La plupart des soldes d’opinions diminuent tels ceux relatifs à l’activité, aux carnets de commandes, aux prix prévus et aux effectifs. Cela est parfaitement synthétisé dans la dégringolade de l’indicateur du climat des affaires. Et même si le matelas des commandes passées amortit encore les conséquences en termes d’activité, la crise continue de se préparer dans cette grande filière d’entrainement.
• Autre point très sensible, le haut niveau des stocks de produits finis dans l’industrie. Même s’il est possible que les entreprises gardent des stocks plus élevés qu’avant la crise sanitaire, pour se prémunir des risques de pénurie, elles ont certainement été trop loin. À cela s’ajoute la remontée des tensions de trésorerie. Tout est donc réuni pour que le mouvement de déstockage se poursuive et déprime durablement la demande.


Loin de se cantonner à l’industrie, les problèmes de trésorerie sont généraux et concernent aussi les services et le BTP. Bref, selon notre scénario, l’économie française est entrée dans une phase de stagflation rampante et aucun mécanisme de rebond ne se met en place.


Publié le mardi 6 juin 2023 . 4 min. 55

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