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13/12/201904:43

Qui détient l’épargne sécurisée en France ? Une fois n’est pas coutume, la réponse semble parfaitement claire : tout le monde ou presque.


Une large diffusion des livrets défiscalisés


En dehors des sommes dormantes sur les comptes courants qui sont une forme d’épargne sécurisée, l’Etat garantissant 100 000 euros par déposant et par établissement, la France compte 55 millions de livrets A, le produit vedette de l’épargne réglementée. Rapportés aux 67 millions d’habitants, cela propulse le taux de détention à 82% environ de la population (enfants, bébés compris). En ajoutant, l’ensemble des autres livrets défiscalisés (livret bleu, livret jeune, livret d’épargne populaire et LDDS l’ex-Codevi), le taux augmente encore. Et une fois n’est pas coutume, la répartition est assez homogène quel que soit le niveau de revenu. Ainsi, parmi les 10% des ménages aux revenus disponibles les moins élevés, près de 78% détiennent au moins un livret défiscalisé, un niveau finalement assez proche de celui des classes modestes et moyennes comprises entre le 3ème et le 6ème décile. Si le taux de détention des livrets défiscalisés est une fonction croissante du niveau des revenus jusqu’au 9ème décile, il diminue aux valeurs extrêmes c’est-à-dire pour les personnes disposant de ressources qui les placent dans les 5% les plus aisés, une catégorie de la population qui a accès à d’autres formes d’épargne plus rémunératrices.


Cette homogénéité relative se retrouve aussi dans les taux de détention selon les catégories socioprofessionnelles. Les écarts sont là aussi somme toute contenus. Parmi les actifs, les ouvriers avec 76%, se retrouvent en bas de l’échelle devancés par les agriculteurs (82%). En haut du classement les cadres. Avec un taux de détention de 95%, quasiment tous les cadres disposent d’au moins un livret défiscalisé.


PEL et assurance-vie, deux supports discriminants


Si la diffusion des livrets défiscalisés est très large au sein de la population, il n’en va pas de même des deux autres grandes catégories d’épargne sécurisée, l’épargne logement et l’assurance-vie pour les contrats en euros, tout simplement parce qu’il y a une mise de départ certes limitée à 300 euros dans le cas d’un compte épargne-logement ou de 225 dans le cas d’un plan d’épargne-logement, parce qu’aussi, ce type d’épargne suppose une projection sur un acte d’achat, mais surtout parce que contractuellement il faut souvent abonder le compte : minimum 540 euros par an dans le cadre d’un PEL par exemple, ce qui disqualifie de facto une partie de la population. En outre, le rendement de ces produits réside en partie dans leur traitement fiscal et s’adresse donc plutôt aux revenus supérieurs. Ainsi, moins de 16% des ménages appartenant au 1er décile de revenu disposent d’un produit d’épargne logement, c’est environ deux fois moins que les classes moyennes et modestes et jusqu’à 4 fois moins par rapport aux ménages les plus favorisés.


Le trait est encore plus marqué pour l’assurance-vie prise dans son ensemble (y compris les contrats en unités de compte dont la garantie en capital n’est pas assurée), où le rapport entre les ménages les moins aisés et ceux situés en haut de la pyramide est supérieur à 5.


Les plus aisés réallouent leur épargne


Il y a donc bien deux catégories de produits d’épargne sécurisés, les livrets défiscalisés à diffusions large et les autres produits plutôt réservés aux catégories aisées et supérieures. La large diffusion des produits réglementés ne doit porter à confusion : la détention des produits d’épargne réglementée est toujours plus concentrée. Alors que les encours moyens des livrets A et du LDDS étaient de 3 000 euros en 2009, ils atteignent respectivement aujourd’hui 4 800 et 4 500 euros. Or, le plus fort de cette progression s’est déroulé en 2012-2013 au moment où les plafonds ont été relevés. Signe que c’est le remplissage des livrets les plus fournis qui sont à l’origine de ce mouvement. Bilan de ces évolutions : les 20% des livrets A les plus dotés représentent 80% de l’encours. La répartition est donc très inégale comme le montre l’écart de la courbe avec la droite d’équirépartition. Les livrets d’un montant inférieurs à 1 500 euros totalisent 60% du nombre de livrets mais seulement 3% de l’encours total.


Il ne faut donc pas se laisser abuser par la brutale hausse de la collecte nette du livret A et du LDDS qui devrait s’envoler de plus de 60% en 2019. Ce n’est pas tant un signe d’une hausse générale de l’épargne des ménages les plus modestes qui épargneraient un surplus de revenus, mais simplement la marque d’une réallocation des placements des ménages les plus aisés. L’effondrement du rendement de l’assurance-vie sur les fonds en euros — de plus en plus proche du taux servi sur les principaux livrets défiscalisés — montre que le mouvement n’est pas terminé.


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Mots clés : Consommation et ménagesBanque, finance, assuranceEpargneAssurance vieLivret AEpargne logementLDDS

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