Au-delà de l’image désastreuse donnée par l’UE en Écosse en juillet dernier, l’accord commercial avec Trump n’apporte à l’Europe ni garantie d’engagement américain aux côtés de l’Ukraine ni stabilité dans les relations commerciales avec les Etats Unis.
L’argument sécuritaire brandi par la Commission
Pour justifier sa capitulation, la Commission souligne tout d'abord la nécessité d’éviter une guerre commerciale en raison du conflit ukrainien. L’argument pèse lourd. Le soutien militaire américain reste en effet irremplaçable pour l’instant, notamment dans le renseignement.
Un renoncement qui renforce le mépris de Trump pour l’UE
Mais en se couchant aussi facilement dans un domaine — le commerce — où l’Union possède à la fois un poids important et des instruments puissants, elle a renforcé Donald Trump dans l’idée qu’il n’a aucun besoin de tenir compte de l’avis de l'UE, y compris sur l’Ukraine. Ce qu’il a immédiatement confirmé en Alaska : il était manifestement prêt à s’entendre avec Poutine sur la reconnaissance de la Crimée et des territoires conquis comme russes, la non-entrée de l’Ukraine dans l’OTAN, sa démilitarisation éventuelle… et à l’imposer ensuite à des Européens qui à ses yeux finiraient de toute façon par se coucher.
L’Europe s’est affaiblie elle-même sur le dossier ukrainien
Autrement dit, en cédant si facilement sur les droits de douane, l’Europe, loin de renforcer sa position sur l’Ukraine, a au contraire accru le risque de se voir marginaliser dans ce dossier essentiel pour son avenir.
Le calcul du moindre mal sur le commerce
Pour défendre cet accord, la Commission souligne aussi l’importance de donner de la stabilité aux entreprises. Là aussi l’argument pèse lourd : face à un Trump prêt à tout, 15 % de droits de douane tout de suite valent mieux que de prendre le risque de se retrouver avec 30 % après des mois d’incertitude paralysante.
Une attitude défensive mais pas irrationnelle
Le fait d’accepter un deal aussi asymétrique peut également se défendre : les droits de douane imposés par Donald Trump sont d’abord une taxe sur les Américains. Ils risquent fort d’être au moins aussi négatifs pour les États-Unis que pour ses partenaires. Aucune raison de s’infliger le même genre de punition.
Une soumission qui appelle de nouvelles offensives
Mais ce succès facile incite Trump à aller plus loin. Ce qu’il fait déjà violemment contre nos normes numériques et fera probablement prochainement sur les normes sanitaires en matière alimentaire.
Les engagements inconsidérés de la Commission Européenne
Et cela d’autant plus que la Commission lui a également fait des promesses en matière d’investissements aux États-Unis et d’achats de gaz et d’armements qu’elle n’a pas les moyens de tenir dans la mesure où ces dépenses relèvent du bon vouloir des acteurs privés ou des États membres.
La capitulation européenne n’empêchera pas la guerre commerciale
Ces promesses inconsidérées vont donner moult prétextes à Donald Trump pour repartir à l’assaut. Il n’y aura donc aucune stabilité pour les entreprises européennes. En paraphrasant la formule de Winston Churchill : face à Trump, l’UE avait le choix entre la guerre commerciale et le déshonneur ; elle a choisi le déshonneur mais cela ne l’empêchera pas de subir à la fois la guerre commerciale et la trahison américaine en Ukraine…
Publié le jeudi 18 septembre 2025 .
3 min. 38
Les dernières vidéos
Économie mondiale
Les dernières vidéos
de Guillaume Duval
LES + RÉCENTES
LES INCONTOURNABLES
