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Climat : alerte rouge sur les investissements en énergies carbonées

Enregistré le jeudi 23 septembre 2021 . 7 min. 18

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En matière de climat à échelle mondiale, le but c’est de limiter la casse compte tenu des stocks de CO2 déjà émis par le passé. En 2018, les pays du monde avaient déjà émis 2200 gigatonnes équivalent CO2 depuis la période préindustrielle. Or, selon le Giec, à partir de 2 800 Gt la probabilité de limiter réchauffement à 1,5° passe sous 50%. Compte tenu des émissions actuelles, de 42 Gt par an, cela signifie que nous aurons épuisé notre budget carbone dès 2031. Autrement dit, il faudrait basculer dans la neutralité carbone dès 2031-2032 à échelle planétaire pour limiter le réchauffement. Or, même l’UE, région du monde la plus volontaire, ne vise la neutralité qu’à horizon 2050.


Les leviers de réduction des émissions de CO2


Pour y parvenir, il y a quatre leviers principaux :

1. Modifier le comportement des consommateurs : alimentaires, mobilité, chauffage, etc.. 25% du problème est entre leurs mains d’après le cabinet Carbone 4.
2. Réduire notre consommation d’énergie notamment par une meilleure efficacité énergétique
3. Déplacer notre mix énergétique vers les sources les moins émettrices de carbone (éolien, solaire, hydroélectricité, nucléaire, etc.)
4. Capturer et séquestrer le carbone à travers le développement de puits carbone naturels (reforestation notamment) ou artificiels.


Compte tenu du budget carbone dont nous disposons, tous ces leviers doivent être mobilisés de front. La modification du mix énergétique étant le paramètre le plus décisif et notamment la façon de produire l’électricité.


L’Europe a modifié son mix-énergétique


Pour une Europe qui a déjà réussi à tenir ses objectifs pour 2020, en réduisant de 24 % ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2019 alors que son PIB croissait de 60%, les choses peuvent paraître à portée de main. Derrière ce résultat, qu’y a-t-il ? Une baisse de 1,2% de sa consommation primaire d’énergie par rapport à 1990. Ce qui est conforme à 2-3 points près à l’objectif — 20 % formulé dans le paquet énergie climat de 2008, qui était fixé par rapport à la tendance haussière. Cette stabilité dans un contexte de croissance veut dire qu’il y a eu nette amélioration de l’efficacité énergétique. Ce n’est clairement pas cela qui a permis à l’Europe de baisser d’un quart ses émissions à consommation quasi inchangée, mais bien le changement du mix énergétique. Avec à la clé une bascule des énergies les plus émettrices de CO2 vers les énergies les moins émettrices.


Au hit-parade des émissions dans le cadre de la production électrique, le charbon, le pétrole lourd, le fioul et à un moindre degré le gaz naturel. Or que voit-on depuis 1990 ? Une baisse de 60% de la consommation de charbon et de 10 % de la consommation primaire de pétrole. Quasiment compensée par la hausse du gaz et surtout des énergies renouvelables bien visibles si l’on présente les variations en équivalent pétrole.


Le cas européen nous montre qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de baisse future des émissions sans diminution des énergies fossiles en niveau absolu. En la matière, l’UE a mangé son pain blanc. Le charbon a fait l’essentiel du job, tandis qu’un quasi statu quo a été maintenu sur le pétrole, notamment depuis 2012. Le retrait total du charbon se heurte maintenant à la résistance des pays les moins coopératifs. Seuls huit États membres (dont la France) ont décidé de sortie du charbon d’ici à 2030. L’Allemagne se donne jusqu’en 2038 et la Pologne résiste. La poursuite de baisse des émissions européenne pour 2030 pourra compter de moins en moins sur le charbon et devra s’appuyer sur le pétrole. Dit autrement, la baisse de la consommation en niveau absolu de pétrole, c’est maintenant, sans quoi les ambitions climatiques de l’UE tombent à l’eau.


La sortie du charbon n’est pas programmée là où il le faudrait


L’UE ce n’est que 9 % des émissions mondiales et 13% de la consommation d’énergie. Regardons maintenant la consommation d’énergie du reste du monde par source primaire. On prend alors la mesure de la catastrophe annoncée en matière d’émissions. Ces dernières continuent à progresser quand elles devraient dès à présent nettement décroître pour espérer atteindre un niveau compatible avec la neutralité carbone en 2050. Avec en arrière plan, le pétrole dont la consommation reste sur un trend haussier. Le charbon au coude à coude qui se stabilise tout juste, le gaz qui galope… et en ayant en tête qu’il y a un rapport de 1 à 5 entre l’échelle européenne à gauche et l’échelle du reste du monde. Pour être dans les clous en matière climatique, il faudrait que le charbon opère son repli, fortement et dès à présent. Et que le pétrole amorce rapidement derrière sa décrue.


Que nous disent les plans d’investissement, les plans gouvernementaux et des grands énergéticiens du monde sur nos chances d’obtenir un changement de cap aussi brutal ?


Côté charbon, le problème est en Asie-Pacifique qui représente 80% de la consommation primaire de charbon et 77% de la production. La Chine continue à investir massivement dans de nouvelles centrales à charbon. Ainsi, 368 sont en cours de construction avec une capacité de 187 gigawatts. Si l’on ajoute l’Inde, l’Indonésie, le Japon et le Vietnam, ce sont au total plus de 600 installations qui sont en projet, pouvant fournir l’équivalent de la capacité de production d’électricité du Japon. La sortie du charbon est programmée presque partout dans le monde, sauf là où il le faudrait.


Du côté des pétrolières, un seul exemple : TotalÉnergies. Comme ses concurrents, l’entreprise s’affiche et sur-communique sur ses projets d’acquisition et d’investissement dans le renouvelable. Un tournant bien réel. Mais dans le même temps, le géant n’anticipe pas de baisse de la demande d’hydrocarbures avant 2030. Sa production quotidienne d’énergie devrait augmenter d’un tiers d’ici 2030, cette croissance provenant pour moitié du gaz liquéfié et pour moitié de l’électricité, principalement à partir de renouvelables. Ce qui veut dire, sans le dire, une constance de la production pétrole. Idem pour BP, qui mise sur un statu quo de sa production.


Bref, la neutralité carbone, si elle est dans les intentions, est très loin d’être dans les actes.


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