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19/06/201404:03

 Xerfi Canal présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi

 

Le gouvernement Valls soutient-il massivement l’offre à travers le pacte de responsabilité ? Appuie-t-il en même temps sur l’accélérateur de la consommation et de l’investissement résidentiel ? Met-t-il au contraire le cap sur la résorption du déficit au détriment des producteurs et des consommateurs ? En affirmant courir tous les lièvres à la fois, c’est bien la lisibilité et la cohérence de la politique gouvernementale qui en fait les frais.

 

Soutient-il tout d’abord l’offre ? Oui si l’on prend les masses en jeu du CICE et du pacte de responsabilité. 30 milliards de baisse de charge sur le travail. Mais en privilégiant plutôt le bas de la distribution des salaires, les secteurs moteurs de la croissance de l’emploi et de la productivité que sont les services BtoB à forte intensité intellectuelle sont pour l’essentiel en dehors de la cible. Seule la baisse de 1,8 point des cotisations famille pour tous les salariés gagnant jusqu’à 3,5 fois le SMIC mordra réellement sur les secteurs intensifs en emploi qualifié. Cette mesure est évaluée à 4,5 milliards d’euros, mais elle ne sera mise en œuvre qu’à partir de 2016. Il faut y ajouter la suppression de la surtaxe sur l’IS toujours pour 2016 et un début  de réforme de l’IS promis pour 2017.

 

Soutient-t-il la demande maintenant ? Oui si l’on en croît la communication du gouvernement. Mais là encore les effets d’annonce sont démentis par les faits. Car 2014 constitue une année de forte hausse de la fiscalité des ménages, entre la majoration de la TVA en début d’année, l’abaissement du quotient familial, et la montée en puissance de la fiscalité écologique. En tout 10 milliards de prélèvements supplémentaires sur les ménages. Les économies budgétaires de 15 milliards en 2014 et de 21 milliards supplémentaires en 2015 affectent de leur côté directement le pouvoir d’achat des fonctionnaires et des inactifs et entament directement la composante socialisée de la consommation. La ponction de ces mesures sur le potentiel de consommation des ménages est au total de 1,7% en 2014 puis de 1,4% supplémentaire en 2015. Face à cela, le récent milliard de réduction d’impôt à destination des ménages les plus modestes ne représente que + 0,07% des dépenses privées et socialisées des ménages, une goutte d’eau. Pour être juste, il faut ajouter qu’en concentrant les baisses de charges sur les bas salaires, le gouvernement soutient aussi la consommation. Encore faut-il que les créations de petits jobs promises par les économistes dans le commerce, la restauration, la construction, les services à la personne soit à la hauteur des attentes.

 

Sa politique de soutien à l’investissement logement est à nouveau emblématique  de la confusion gouvernementale. L’essentiel a été accès sur le soutien à la demande, notamment à travers le contrôle des loyers de la loi ALUR. Idem pour le dispositif Duflot même s’il est un peu moins avantageux que le Scellier. Sauf que ces deux dispositifs découragent dans le même temps la construction et que du côté des mises en chantier, c’est la dégringolade : casser l’offre en soutenant la demande, c’est pour l’heure le bilan le plus tangible de la politique gouvernementale, derrière laquelle on peut craindre une grave erreur de diagnostic.

 

En jouant à la fois offre et demande, au détriment de la cohérence c’est finalement la croissance qui en pâtit et l’objectif de déficit qui devient hors de portée.

 

A la décharge du gouvernement néanmoins, si les pays européens les mieux portant appuyaient sur l’accélérateur de la demande pour offrir une bouffée d’oxygène à ceux qui sont au prise avec les besoin d’ajustement structurel les plus aigus, peut-être le gouvernement serait-il moins enclin à appuyer sur toutes les manettes à la fois.

 

Olivier Passet, La politique économique gouvernementale est illisible, une vidéo Xerfi Canal

 

 


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Mots clés : Politique économique

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