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Architecture : esthétique et pouvoir

Publié le jeudi 18 juin 2020 . 4 min. 03

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En tout et pour tout, l’heure est à l’horizontalité. Prenez les sièges sociaux des toutes puissantes sociétés californiennes issues du digital, et vous constaterez à quel point leur construction diffèrent des skyline de la côte Est. Le siège de Facebook situé à Menlo Park, dessiné par Franck Guéry, ressemble à un campus universitaire dans lequel aucun des immeubles ne mène plus haut que trois ou quatre étages. La puissance s’affirme ici modeste, sans la grandiloquence du Seagram Building de New-York, sans parler de celle de la Trump Tower située sur la 5ème Avenue.


L’architecture est toujours l’expression d’une certaine philosophie, d’une certaine manière d’influencer les comportements des personnes qui occupent ces bâtiments, d’un rapport au pouvoir aussi. Philosophie de l’architecture -formes, fonctions et significations-, c’est le titre de textes rassemblés et présentés par Michaël Labbé, édité chez Vrin, qui met en évidence que le rapport aux édifices que nous fréquentons n’est jamais innocent. L’auteur prend un exemple historique : durant la deuxième guerre mondiale, Benito Mussolini avait fait du Palais de Venise son quartier général. Pour aller à sa rencontre, il fallait marcher seul, et sans autre indication, tout au long du très long hall, sentir ainsi son isolement et sa faiblesse, avant de déboucher sur l’immense bureau où le despote attendait ses interlocuteurs forcément un peu intimidés par ce dispositif. Rappelons aussi qu’il faut baisser la tête pour rentrer dans une maison de thé japonaise, en signe de respect sans doute. Troisième exemple enfin, que cite Labbé, celui des difficultés à mettre d’accord américains et vietnamiens pendant des discussions autour du règlement de la guerre, non sur le contenu de l’accord déjà décidé, mais sur l’agencement de la table des signatures sur laquelle les anciens belligérants de parvenaient pas à s’accorder. « L’organisation physique d’une situation » explique l’auteur, « influence non seulement le comportement des participants, mais définit également leur statut social. Les relations spatiales de forme, de distance, de hauteur etc.. sont symboliques du nombre des parties engagées, de leurs liens et de leurs différences, de celles qui dominent et de celles qui sont inférieures » (p. 257).


Or cette philosophie de l’architecture est constituée d’une sélection de textes importants qui tentent de créer des concepts appropriés à un domaine situé à la frontière de l’esthétisme et du fonctionnalisme, d’une conception du monde et d’une utilité sociale particulière, ainsi que le remarquait déjà Hegel. Un domaine qui pense et se pense «  en volumes, surfaces, matériaux, lumières, couleurs, proportions.. » (p. 38), pour affirmer des valeurs, un triomphe face à la pesanteur, ou comme dirait Nietzsche, une volonté de puissance. Un domaine du reste qui concerne tout un chacun : car il faudrait vivre en effet à l’écart du monde, complètement reclus dans un désert sans âme qui vive, ou un paysage d’Arcadie, pour ne pas subir la quotidienne omniprésence de l’architecture dans nos existences.


Or la question-clé de toute philosophie de l’architecture, et qui cet distingue cet art de tous les autres, peut être prononcé en ces termes : la forme suit-elle la fonction ? Laquelle génère d’autres interrogations : qu’est-ce qui domine en architecte, le côté pratique ou le côté esthétique ? est-il même possible de séparer ici le style de la fonction ? l’usage d’un bien n’est-il pas en effet toujours dépendant de sa forme ? Si la fonction d’un édifice est l’objectif premier de l’architecture en effet, elle n’en constitue donc pas forcément le but ultime, tout en sachant que la relation est ici dialectique en ce sens qu’une belle bâtisse est toujours n’est-ce pas celle qui parvient à accorder, d’une certaine manière, sa forme à sa fonction.


Le grand architecte finlandais Alvar Aalto quant à lui rappelait qu’elle a en tout cas toujours pour but « de mettre le monde matériel en harmonie avec la vie humaine » (p. 200). Le Corbusier, en philosophe qu’il pouvait être à ses heures, avait une manière plus radicale encore de maintenir cette tension qui sous-tend toute projet architectural : « La construction c’est pour faire tenir ; l’architecture c’est pour émouvoir » (p. 59).

Réf.

Philosophie de l’architecture – formes, fonctions et significations, textes réunis et introduits par Michaël Labbé, Vrin, 2017.


D'APRÈS LE LIVRE :

Philosophie de l'architecture

Philosophie de l'architecture

Auteur : Collectif
Date de parution : Mai 2017
Éditeur : Vrin
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