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ACCUEIL STRATÉGIE & MANAGEMENT Notes de lecture Dire NON ne suffit plus :...
17/09/201804:11

« Essaie encore. Echoue encore. Echoue mieux. » Cette maxime de Samuel Beckett n’est plus adaptée à nos tentatives manquées pour empêcher le réchauffement climatique. Pour Naomi Klein en effet, « si nous persévérons dans le toujours plus, nous perdrons définitivement la possibilité d’échouer mieux. » Autrement dit : nos chances d’agir sur l’avenir de la planète est en train de disparaître. Nous devons décider vite (et pour cela commencer par dire non) mais surtout nous devons agir fort (et donc opter pour un grand oui, car dire non ne suffit plus). C’est le sens de son engagement lors de la dernière campagne électorale au Canada où elle publiait avec d’autres une « plateforme populaire » assorties de nombreuses propositions comme la réduction des dépenses militaires et l’exclusion des entreprises privées du financement des campagnes électorales. Ce manifeste est ici récapitulé, en conclusion de son dernier essai Dire non ne suffit plus – contre la stratégie du choc de Trump.


Or, de Trump il est prioritairement question en effet dans ce livre, qu’elle décrit avec ces mots enjoués : « Un homme qui passe sa vie à vendre au monde une image des Etats-Unis digne de la vision d’un oligarque russe qui aurait regardé Dynastie et Dallas durant les années 80 sur des VHS piratés ». Mais aussi de la marque Trump, car pour l’auteur qui s’est fait connaître du monde économique avec la parution retentissante de No Logo en 2000, le parcours de l’ancien candidat à la Maison Blanche est d’abord celui de la signature qui figure à l’entrée de ses hôtels, de ses golfs et de ses casinos. Or l’ADN de cette marque selon Klein c’est celle qui depuis plus de trente ans vend à l’Amérique la proximité du pouvoir et de l’argent. Les électeurs de Trump sont en réalité les clients de cette stratégie que le futur Président décrivait déjà au moment de lancer son « Université » » aujourd’hui disparue : « je peux transformer » disait-il, « n’importe qui en investisseur immobilier à succès, même vous ».


C’est ainsi que pour Klein la nomination aux postes-clés d’hommes d’affaires richissimes ne doit pas surprendre car cette stratégie veut illustrer que la richesse est toujours synonyme de pouvoirs surnaturels. Le meilleur exemple en est bien sûr son gendre Jared Kushner, dont les missions ne sont pas moins que, nous rappelle l’auteur, « négocier la paix au Moyen-Orient, planifier le sommet à Mar-a-lago avec la Chine, surveiller les activités américaines en Irak, ordonner des frappes de drones au Yémen, faire évoluer le fonctionnement gouvernemental vers un modèle de fonctionnement entrepreneurial etc » Ce qui fit écrire à Franck Bruni, un chroniqueur du New York Times : « Pourquoi ne pas lui faire tailler une cape rouge, enfiler un collant, lui mettre un grand S sur la poitrine et s’en débarrasser comme ça ? Tiens donc ! SuperJared s’est envolé ! ».


A mon sens, ce livre éclaire comment les valeurs du monde économique vont devoir changer. Lorsqu’il décrivait sa philosophie de la négociation dans l’un de ses livres, Think Big, Trump s’exprimait ainsi : « Beaucoup de gens vous diront que la meilleure transaction est celle où tout le monde sort gagnant. C’est de la foutaise. Une bonne affaire, c’est quand vous gagnez – pas les autres. Vous écrasez l’adversaire et vous repartez avec quelque chose de mieux pour vous. » Ce retour inattendu des années 80 met à l’évidence que dans l’expression « Business as usual » le mot usual fait de plus en plus problème. La négociation, le management, le marketing, ces disciplines devront être bientôt réinventées. Les praticiens et les chercheurs en gestion, notamment du côté de l’Europe, ont de ce point de vue une responsabilité historique. Mais ils seraient bien inspirés de procéder ainsi que Klein elle-même le raconte dans les meilleures pages du livre : commençons par combattre notre propre « Trump intérieur » qui consiste selon elle : 1) à ne pas confondre abonnés twitter et amis 2) à ne pas vivre « comme une marque commerciale parmi d’autres marques commerciales, mais plutôt que comme une personne au sein d’une communauté de personnes 3) de ne pas considérer nos collègues comme des produits concurrents qui menacent nos parts de marchés.


Bref essayer, quand c’est encore possible, de s’oublier un peu. Et de sortir ainsi du moimoïsme universel que favorisent le double effet des médias sociaux et de la compétition généralisée.


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Mots clés : Idées & débatsAmériqueTrumpPouvoir

Dire non ne suffit plus. Contre la stratégie du choc de Trump

Dire non ne suffit plus. Contre la stratégie du choc de Trump

Auteur : Naomi Klein
Date de parution : 08/11/2017
Éditeur : Actes Sud
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