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ACCUEIL STRATÉGIE & MANAGEMENT Notes de lecture L’art de ne pas être trop...
https://player.vimeo.com/video/385976712?autoplay=1 Ghislain-Deslandes-L-art-de-ne-pas-etre-trop-gouverne-306346644.jpg
05/02/202003:43

Altermondialistes ou antimondialistes, supposés avoir deux analyses fort différentes sur la situation économique et sociale, se rejoignent toutefois pour souligner une chose : ils semblent ne plus vouloir être gouvernés comme avant. Ils réclament au fond un autre art de conduire les affaires publiques, moins vertical, plus égalitaire ; bref ils réclament au fond d’être moins gouvernés. C’est la thèse ici défendue par Jean-Claude Monod, philosophe chargé de recherche au CNRS, dans son livre L’art de ne pas être trop gouverné, où il considère donc que les mouvements sociaux actuels sont d’abord le signe d’une crise de « gouvernementalité », supposé être leur « « point d’ancrage » essentiel » (p. 237).


Mais qu’est-ce à dire exactement ? Eh bien Monod se fait en réalité l’héritier critique de Michel Foucault qui avait durant les années 70 développé ce thème pour définir les modes de rationalité introduits afin de gérer les populations, au point qu’après lui les gouvernemental studies n’ont eu de cesse de se développer, notamment du côté des Etats-Unis. Avec ce concept Foucault avait montré, notamment durant la Réforme « une origine éminente de cet « art de ne pas être trop gouverné (…) tout simplement (c’est Foucault qui parle) l’art de n’être pas gouverné ou encore l’art de ne pas être gouverné comme ça et à ce prix ». (p. 20).


Monod ajoute quant à lui que « « Ne pas être trop gouverné », « pas ainsi », « pas par eux » est parfois une exigence individuelle qui advient par une décision ou une impulsion propres » (p. 310). Selon lui cette protestation contemporaine est issue d’un refus de la domination des intérêts politiques sur les intérêts économiques, un refus du néolibéralisme en quelque sorte, alors que précisément Foucault avait développé ses analyses au moment de son émergence comme courant de pensée, allant influer fortement par la suite la politique occidentale dans son ensemble. Ce qui amène Monod certes à montrer que nous avons changé d’époque, tout en reconnaissant les avancées du libéralisme politique dans la gestion des populations qui accorde notamment des « contre-pouvoirs, (la) liberté de la presse, (la) liberté d’expression, (le) pluripartisme, (et l’)Etat de droit » (p. 20-21).


Or, pour tenter de recomposer avec cet art de gouverner sans l’être trop, ou sans trop l’être, Monod qui ne s’intéresse guère aux mutations technologiques et algorithmiques hélas, suggère d’en revenir à des deux notions centrales : l’oïkos et l’usufruit.
Avec ce retour au mot oïkos, cette notion grecque qui signifie la « maison », le « domaine familial » et d’où vient le terme économie aussi bien d’ailleurs que celui d’écologie, l’auteur veut rappeler qu’il concerne avant tout le foyer, et non l’espace civique. Il s’agit ici de faire revenir l’oïkos à la place qui fut la sienne afin que la chrématistique, cet art de l’accumulation de richesse thématisée par Aristote qu’elle porte en elle, reste cantonnée à sa sphère propre sans influer sur la vie politique elle-même. Ce retour à l’oïkos qui, je le cite (p. 300), « ‘ramène sur terre’ l’économie en la reliant aux conditions de possibilité de l’activité et de « l’habitat » humains, à l’écologie », fin de citation. Et permettre ainsi à la sphère politique de résister aux seules puissances d’argent, pourrait-on encore ajouter.


Quant à cette pensée de l’usufruit elle maintient ce souci écologique en nous ramenant à la précarité de nos conditions d’existence. Et à la nécessité de redonner à la Terre ce qu’elle est en mesure encore de nous offrir, et rendre possible ainsi qu’elle continue à le faire. Contre « l’usage des plaisirs », expression foucaldienne qui donna le nom d’un chapitre à l’un de ses derniers livres, Monod nous suggèrerait plutôt de méditer donc sur ce que nous pouvons faire de cet « usufruit du monde », de ce monde dont nous nous sommes crus trop longtemps les seuls propriétaires.


Réf.

L’art de ne pas être trop gouverné – sur les crises de la gouvernementalité, Seuil, 2019.


En savoir plus

Mots clés : Idées & débatsGouvernancePopulationMouvements sociauxMichel Foucault

L’art de ne pas être trop gouverné

L’art de ne pas être trop gouverné

Auteur : Jean-claude Monod
Date de parution : 10/10/2019
Éditeur : Le Seuil
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