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A la colonisation du monde, c’est-à-dire la prise de pouvoir politique d’un pays par un autre, succède la siliconisation du monde, c’est-à-dire la prise de pouvoir économique, technologique et culturelle de l’ensemble des pays du monde par une région située à l’ouest des Etats-Unis. Pour Eric Sadin qui consacre un essai à cette forme de colonisation inédite, il n’y a pas de doute qu’elle est tout aussi effrayante que la précédente, et précisément par que nous en ignorons aussi bien le contenu idéologique que les conséquences dévastatrices sur nos propres façons de vivre en Europe, en Asie, en Afrique ou ailleurs. La silicon Cape Town en Afrique du sud, Bangalore, la silicon valley de l’inde, la silicon beach de Sydney parmi de très nombreux autres exemples montrent que le système californien est devenu dominant jusque dans la manière dont les pays se saisissent de la nécessité où ils sont d’innover. Tout se passant comme si la victoire siliconienne était totale, qu’elle ne laissait place à aucune alternative organisationnelle ou managériale sérieuse pour contester son modèle de développement.

 

Cette idéologie partout répandue, c’est celle qui nous vient bien entendu de la Silicon Valley elle-même qui s’est bâtie certes sur un mélange de libéral-libéralisme associé à un goût effréné pour les avancées de la technologie, mais également ce qui est moins su, sur des fondements philosophiques tout à la fois zen, panthéiste et positiviste. Un cocktail qui peut surprendre mais qui transforme aujourd’hui les manières avec lesquelles nous communiquons, nous achetons, nous entreprenons, nous décidons. La siliconisation fonctionne en effet sur le modèle de l’évangélisation totale : il s’agit de répandre un message à vocation universelle dans des propositions jamais atteintes par le passé car son dispositif concerne toutes les dimensions de la vie. Pour Sadin, l’implantation de capteurs dans tous nos espaces professionnels et personnels, nos brosses à dents, nos miroirs prétendus intelligents, nos lunettes, est le degré ultime faisant de nous des êtres toujours plus réduits à rétroagir à des signaux, à être placés sous surveillance, comme des robots, comme des ordinateurs. Clonés sous les effets secondaires de cette conception du monde qui se présente comme la meilleure. Et bientôt comme la seule.

 

Cette domination technologique et économique s’oppose de manière frontale, nous explique l’auteur, à ce qu’il nomme l’humanisme européen. Celui-ci était fondé sur un principe d’autonomie de jugement, à partir notamment d’un fond culturel venu du passé, de la littérature, de l’art et de la philosophie, toutes choses qui cadrent mal avec ce technolibertarisme californien lequel met en place des dispositifs qui ne nécessitent à aucun moment l’expression du moindre jugement subjectif. Tout est déjà programmé à l’avance.


C’est d’ailleurs, nous dit Sadin en substance, un grave danger qui guette les managers eux-mêmes. Car si le guidage algorithmique se met en place à tous les niveaux de l’entreprise, en procédant à des décisions automatiques prises à distance, à quoi demain serviront-ils? Pour l’auteur il ne fait aucun doute que seuls les managers qui maintiendrons une certaine autonomie de pensée seront en situation de jouer un rôle, encore central aujourd’hui, dans les organisations du futur. Avis à celles et ceux qui sauront demain offrir une voix discordante, et humaniste donc, à l’irrésistible expansion du téléguidage numérique.


Publié le mercredi 20 septembre 2017 . 3 min. 26

D'APRÈS LE LIVRE :

La siliconisation du monde : critique du téléguidage numérique

La siliconisation du monde : critique du téléguidage numérique

Auteur : Eric Sadin
Date de parution : 18/10/2016
Éditeur : L'ECHAPPEE EDITIONS
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