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https://player.vimeo.com/video/384464821?autoplay=1 Ghislain-Deslandes-Le-pouvoir-de-la-voix-306346607.jpg
19/03/202004:30

S’il est un programme télévisuel qui a eu un succès universel ces dix dernières années, c’est bien certainement The Voice. La Voix. Au point de trouver aujourd’hui des versions pour les enfants, les adolescents ou les seniors, dans près de 150 pays dans le monde. A quelles raisons attribuer l’insolence de cette réussite, qui célèbre toutes les semaines l’empire de la voix ? Faut-il y voir un succès de casting et considérer Karine Ferry, Pascal Obispo ou Lara Fabian comme les principaux facteurs-clés de succès de l’émission ? Ou faut-il plutôt privilégier la mécanique du show, avec ses auditions à l’aveugle, ses « battles », ses éliminations de candidats perfectibles ? ou encore aux multiples possibilités offertes aux téléspectateurs d’interagir avec le programme via le deuxième écran ?
Ces éléments sans doute entrent pour u

n part dans le triomphe de ce format, encore faudrait-il ne pas négliger ce qui constitue le thème et le sujet central du show : l’attachement que nous portons à nos facultés vocales elles-mêmes, leur potentiel d’éclat, de beauté, de grâce artistique parfois et d’inspiration. Pour Jean Abitbol, un chirurgien devenu phoniatre, qui signe Le pouvoir de la voix aux Editions Allary, « la voix chantée, plus qu’une prière, est devenue l’instrument de séduction par excellence : les jeunes artistes chanteurs sont les chevaliers des temps modernes » (p. 231).


Ce livre d’un médecin ayant vu défiler dans son cabinet non seulement des vedettes de la scène musicale mais aussi des enseignants ou des avocats, raconte que rien n’échappe à la voix : ni nos émotions, ni nos douleurs, ni nos espérances. Elle est, nous révèle l’auteur, « le fruit de la résonance des sons avec tout le corps, les os bien sûr, mais aussi la peau, les muqueuses et les différents organes. Le corps est une cathédrale dont le larynx est l’orgue. » (p. 51).


Ainsi notre empreinte vocale constitue-t-elle, naturellement, la plus grande inégalité de la vie, car il y a des voix graves, les plus appréciées, aussi bien par les femmes que par les hommes d’ailleurs, et des voix aïgues, des voix riches et des voix pauvres, des empreintes vocales de gagnants et d’autres de perdants. Il y a même des voix dont on tombe amoureux, comme dans le film Her où le cœur de Joaquin Phoenix s’embrase pour une femme qui n’existe pas car c’est en fait un logiciel qui lui parle, à lui ainsi qu’à beaucoup d’autres. Il a aussi des voix dont il faut se méfier, ainsi que le remarque Ulysse en personne, lorsqu’il « demande à son équipage de l’attacher au mât afin de ne pas succomber à la voix des Sirènes » (p. 166).


On perçoit bien qu’au fond la voix a un rapport immédiat avec la question du charisme. La voix du gouvernant, avec un x, « ce ciseau d’or avec lequel nous sculptons nos pensées dans l’âme de ceux qui nous écoutent » comme disait Barbey d’Aurevilly, indique souvent la voie, v-o-i-e, qu’il ou elle propose de suivre. Car c’est toujours un peu la même chose : personne n’a compris ce que dit le leader, mais il ne fait aucun doute que sa mélodie propre, sa faconde  et son éloquence ont quant à elles bien été entendues.


C’est d’ailleurs un fait bien connu, que rappelle Abitbol, que la voix d’Adolph Hitler montait « progressivement à chaque nouvelle phase, qu’elle soit ou non interrogative. Si bien que celle-ci sembl(ait) toujours se terminer par une claque, ou un coup de feu dans une tonalité suraigüe. » (p. 134) Il lui suffisait avec « sa vocifération orgasmique (…) d’aboyer pour que ses auditeurs se transforment en une meute de chiens enragés. » (p. 105-106). D’autres exemples viennent étayer son propos, notamment la victoire sur lui-même que dût livrer George VI, le Roi bègue, ou encore le manque de contrôle vocal de Ségolène Royale, « Je ne m’énerve pas, je suis en colère », lors du débat de second tour pour l’élection présidentielle, qui avait vu la victoire finale de son opposant. Du reste Abitbol nous rappelle que la voix du leader, la voix du maître peut aussi être pour lui une source d’Hubris, d’incapacité à maîtriser sa force, comme Fidel Castro par exemple dont la longueur des discours rendait inopérante l’incontestable charisme vocal.


Il n’est donc pas interdit de penser que dans les médias, l’avenir est aux podcasts, et que dans le domaine de la formation professionnelle, la fonction de coach vocal est un métier d’avenir. Une partie du livre est consacré en effet à montrer que dorénavant la voix s’étudie scientifiquement. On peut imaginer que nous tous, Homo Vocalis, nous pourrons bientôt moduler notre voix en fonction du ton, des fréquences et du rythme que nous voulons donner à nos discours.


Et puis si à la fin des fins nous chantons toujours aussi faux… rien de grave.

Réf.

Le pouvoir de la voix, par Jean Abitbol, Editions Allary, 2016, Paris.



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Mots clés : Idées & débatsSuccèsEmotionCharismeChanteur

Le pouvoir de la voix

Le pouvoir de la voix

Auteur : Jean Abitbol
Date de parution : 21/04/2016
Éditeur : Allary
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