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Le pouvoir et la beauté : le physique et l'apparence en politique

Publié le mercredi 2 mars 2022 . 4 min. 39

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Kalos Kagathos. Cette expression qui nous vient de la Grèce Antique, qui voulait dire « beau et bon », n’évoquait en fait ni l’élégance ni la bienveillance pour caractériser une personne. Kalos Kagathos faisait référence à ces dirigeants capables de s’élever à la hauteur de leur fonction. Ce qualificatif est celui que Xénophon donne au héros du premier traité de leadership, la Cyropédie, dans lequel Le Prince Cyrus paraît sous les traits d’un homme d’Etat vertueux, en bref un gentleman.


« Beau et bon », cela semble signifier dans la sphère du pouvoir tout autre chose aujourd’hui. A qui serait « beau », on attribuerait des qualités supérieures à la moyenne dans tous les registres. Tout se passant comme si un « effet de halo » entourait la beauté, et permettrait à celles et ceux qui en sont pourvus d’avoir par surcroît toutes sortes de talents. De nombreux travaux en psychologie sociale font état de cet effet, ainsi que le rappelle François Hourmant dans son ouvrage Pouvoir et beauté, notamment dans le domaine de la compétition politique où la variable esthétique jouerait un tout premier rôle. De fait, dans un article du Journal of Public Economics, une étude finlandaise évalue à 20% l’influence de ce critère dans la victoire aux élections municipales.


C’est du reste ce que peuvent laisser penser d’autres chiffres égrenés dans le livre : les 70 000 dollars dépensés chaque année pour entretenir le jaune délavé de la coiffure de Donald Trump, ou les plus modestes « frais de maquillage et de coiffures » durant la campagne de 2007, tels que révélés par la Commission nationale des comptes de campagne : presque 35 000 euros pour le candidat Sarkozy, et plus de 50 000 pour la candidate Royal. Ainsi que l’écrivait légitimement William Tackheray (p. 211) : « on voit immédiatement que la majesté, vient de la perruque, des chaussures à talons hauts et du manteau [...] Ainsi coiffeurs et cordonniers fabriquent-ils les dieux que nous adorons »


Mais la chevelure n’est bien entendu qu’un aspect bien mineur du soin apporté à l’élégance du corps, dans la théâtralisation, notamment télévisuelle, du personnel politique. Elle n’est qu’une petite préoccupation pour l’élu qui doit bien cependant « cultiver une "identité séparative" qui légitime sa qualité de mandataire du peuple » (p. 160). C’est ainsi qu’on explique que si VGE, Mitterrand et Chirac s’habillaient chez Charvet, Arnys ou Cifonelli, quand Nicolas Sarkozy commençait son quinquennat en Prada, l’actuel Président se contente d’un costume de Jonas and Co, marque de prêt à porter nettement moins onéreuse que celles portées par ses prédécesseurs. La garde-robe est un élément qui permet, de manière calculée, d’affirmer ou bien une distance, ou bien une proximité, avec les électeurs. Car on aurait tort de penser que dans l’exercice des grands emplois la beauté est recherchée pour elle-même. Les petits calculs relatifs à l’apparence revêtent finalement une importance particulière, notamment sur les trois chapitres que voici :


- Le premier est celui du charisme. Le vêtement, la taille, la posture sont supposés apporter au dirigeant un éclat qui participe de son autorité et de sa dignité. Tous ces menus détails, la dentelle et la qualité du fil sont le signe d’un « corps de pouvoir ». Par le jeu des simulacres, et des façades frauduleuse » (p. 276), ces corps veulent au fond attiser l’imagination pour s’attirer l’admiration de leurs concitoyens. Ainsi que le remarquait justement Tackeray.


- Le second chapitre est celui de l’authenticité, d’un corps-vérité, qu’Hourmant ici nomme une « esthétique du "faire vrai" (p. 263). C’est ce qui explique la divulgation parfois volontaire de photos insignifiantes voire laides que les politiques divulguent eux-mêmes pour faire plus peuple. Bikini politics qu’il faut rapprocher des clichés "sans filtres et sans maquillage" de people sur Instagram, et qui peut bien sûr se retourner contre eux à tout moment.


- Le troisième est celui de la démonstration de vertus, notamment celle du courage. Car la beauté aussi se conquiert. Chirurgie esthétique, perte de poids, implants et réalignement dentaire sont de plus en plus de mise. On se souvient de la mue de François Hollande avant une présidentielle gagnée, luttant surtout contre les préjugés de nos sociétés lipophobes où on pense un peu benoîtement que le chef capable de maîtriser sa silhouette est plus apte à gouverner. Mais notez là encore que l’effet recherché peut s’inverser, comme pour Silvio Berlusconi dont les auteurs rappellent le souvenir, qui a force de liftings a fini par être appelé « la Mummia » (la momie).


Au fond, cet essai montre à partir d’une série d’exemples que tout est politique dans l’usage que les leaders font de leurs corps de signes. Et si déjà César était taxé d’inconduite vestimentaire, lui qui portait sa toge avec bizarrerie, c’était déjà pour montrer à ses adversaires politiques du Sénat romain qu’il était fort différent d’eux.


D'APRÈS LE LIVRE :

Pouvoir et beauté Le tabou du physique en politique

Pouvoir et beauté Le tabou du physique en politique

Auteur : François Hourmant
Date de parution : 06/10/2021
Éditeur : PUF
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