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22/07/202004:14

Télésurveillance, reconnaissance faciale ou traces numériques, la surveillance électronique semble chaque jour élargir le spectre de son influence sur la vie sociale. Il semble que nous n’échapperons pas à une surveillance généralisée de nos faits et gestes car c’est le cœur même du moteur capitaliste contemporain qui impose de récolter des données, en grand nombre, pour perfectionner ses modèles.


Pour Shoshana Zuboff, auteur d’un essai bientôt traduit en français commenté dans le monde entier, Surveillance capitalism, cette logique qui trouve sa source dans la Silicon Valley compose en fait un nouvel ordre économique mondial. Et alors qu’on le présente à tort comme inévitable, car nécessaire à l’interconnexion généralisée, il est en fait tout simplement destructeur à terme de toutes nos libertés et de la démocratie elle-même.


En enregistrant toutes ces données sur nos recherches sur internet, nos choix de photos, nos géolocalisations etc etc.., Google en premier lieu et les « utopistes intéressés » (p. 416) que seraient les principaux dirigeants des GAFAN, nous connaissent de mieux en mieux. Tandis qu’à l’inverse nous ne saurions de moins en moins ce qu’il adviendra de cette connaissance accumulée. En fait nous n’en savons rien du tout car tout le système de décision est foncièrement opaque. “Qui decide qui decide ? » s’interroge l’auteur (p. 222). Nous n’en avons pas la moindre idée.


Il en résulterait, pour cette Professeure émérite de la Harvard Business School, l’une des premières femmes d’ailleurs a avoir obtenu sa titularisation dans cette prestigieuse institution en 1981, une division du savoir susceptible de rendre impossible tout projet de société. Nos comportements seraient de plus en plus téléguidés, et ce d’autant plus que cette division s’imposerait dans de nombreux secteurs d’activité, le tourisme, les médias, l’assurance et la santé. On se souvient de la proposition faite aux gouvernements, conjointement par Apple et Google, durant l’épidémie du Covid-19 de mettre en place une application de traçage des personnes touchées par le virus, finalement adoptée dans de nombreux pays.


Or pour Zuboff toute la dangerosité viendrait du fait que ces applications produisent un « surplus comportemental » qui permet ensuite d’établir des prédictions qui rendraient inéluctable notre allégeance au système panoptique. Et ce d’autant plus que ces éditeurs prétendument neutres, mais qui sont en fait porteurs de valeurs comme n’importe quel acteur économique, ne feraient plus de différence entre le marché et la société politique, le marché et le respect de la conscience individuelle et collective.


En d’autres termes, nous travaillerions tous comme des imbéciles, et gratuitement, pour seulement rendre la machine toujours plus intelligente. Tandis que notre autonomie de pensée s’amenuise, malgré les documents que ces sociétés nous proposent en toute transparence de signer, alors même que ceux-ci sont pour l’utilisateur occasionnel proprement illisibles, trop longs et d’une complexité juridique effrayante.


Tout cela est juste et mérite un diagnostic politique et une nouvelle régulation que l’auteur tente de proposer en fin d’ouvrage. Mais on pourrait surtout faire remarquer à Zuboff qu’elle y donne un peu vite raison à ceux qu’elle critique elle-même, les behaviouristes, qui s’intéressent à nos seuls comportements en excluant toute introspection. Elle semble parfois convaincue du pouvoir total de la science du comportement qui exclu de ses observations toute attribution subjective, comme si elle était victime elle aussi de ce qu’elle dénonce en début d’ouvrage, de notre tendance à croire qu’ont toujours raison ceux qui ont du succès, ou ceux qui, avec force conviction dans leur business plan, promettent la lune. La naïveté positiviste semble avoir déteint sur l’esprit critique pourtant développé dans plusieurs endroits du livre.


Car il se pourrait bien en effet, qu’à force d’exclure les phénomènes mentaux de leurs calculs, la crédibilité des modèles d’affaires fondés sur la science prédictive behaviouriste s’écroulent d’un seul coup. L’automatisation de la société aura atteint des sommets inouïs, tandis que les individus auront pris l’initiative de se débrancher, ce qu’ils font de plus en plus d’ailleurs, suivant en cela les conseils de Jaron Lanier développés dans son dernier ouvrage: ten arguments for deleting your social media accounts. Les dix bonnes raisons de se déconnecter. Il n’est pas interdit de penser que ce comportement puisse bientôt redevenir dominant. Et qu’alors se soient les GAFAN qui soient mis sous surveillance.


En savoir plus

Mots clés : Idées & débatsCapitalismeDonnéesSurveillanceGafamCovid-19

The Age of Surveillance Capitalism

The Age of Surveillance Capitalism

Auteur : Shoshana Zuboff
Date de parution : 15/01/2019
Éditeur : Publicaffairs
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