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https://player.vimeo.com/video/485862180?autoplay=1 Ghislain-Deslandes-Sachez-manager-avec-tact-306347617.jpg
09/09/202104:07

Les relations humaines sont, comme nous le savons nécessairement toutes et tous, le cadre primordial dans lequel se meuvent toutes les théories du management. Mais les relations humaines se laissent-elles si facilement théoriser ? Avec quels concepts managériaux par exemple pourrait-on appréhender ce qui est de l’ordre de l’expérience subjective ? Après tout le rapport que j’ai avec mon cher collège Pierre n’a peut-être aucun rapport avec que celui que j’entretiens avec Paul. Bref quel sens y-a-t-il à parler de relations humaines en général alors qu’il n’existe que des relations humaines particulières, et que la gestion de ces dites-relations ne peuvent être à la fin des fins qu’un art de la personnalisation ? Un art dont l’écrivain hongrois Imre Kertész, Prix Nobel de littérature en 2002, n’hésitait pas à dire que le tact constituait le sommet.


Que le tact, cette libre qualité, constitue le point le plus haut que l’on puisse atteindre dans la relation à autrui, notamment dans les relations de travail, c’est l’idée que j’ai souhaité défendre en conclusion de mon dernier ouvrage paru fin 2020, A propos du management et d’un problème plus général.


Partant de l’étymologie du mot management, du latin « manus » la main, qui mène à l’idée d’habileté, de finesse, de retenue, bref de subtilité dans les rapports humains, j’ai tenté de montrer que « bien manager » consistait avant tout en une disposition éthique et comportementale dans le jeu et les formes diverses de dialogue et d’interactions sociales. Prenant appui sur un texte de recherche paru à ce sujet dans la revue de référence Organization Studies, j’évoquais ce que les auteurs y nommaient la « logique du tact », étudiée dans le cadre de la gestion d’une crise occasionnée par un afflux de migrant en Autriche, qui s’est révélée supérieure à toute autre forme de management qui se seraient appuyées par exemple sur des fonctions cognitives ou sur la raison algorithmique. « La logique du tact » opérerait selon les auteurs d’une double façon :


-d’une part le coup d’œil qui renferme une manière de voir rapidement et intuitivement, nous pourrions dire viscéralement, les données d’un problème à résoudre.


-d’autre part le courage d’esprit qui ne s’appuie pas selon les auteurs sur une suite séquentielle d’analyses plus ou moins bonnes, mais sur une vision dynamique des choses propre à offrir la thérapie la plus adaptée.


Dans son dernier livre Eirick Prairat un enseignant-chercheur de l’Université de Lorraine en vient à la même idée concernant l’éducation et la formation. Pour ce spécialiste du domaine, qui s’interroge depuis quelques années sur la morale du Professeur du nom de l’un de ses précédents essais, « le tact est vertu de l’intervalle (…) qui se révèle et excelle dans le jeu des échanges. » Elle interpose de la fluidité et de la souplesse dans les relations entre les « sachants » et les apprenants dont par définition, la « base d’informations » (Amartya Sen, p. 126) n’est pas la même. Elle permet enfin de transformer un « savoir-faire » en un « savoir-comment-faire » (p. 95), selon deux axes :


1) en ajustant la parole et la situation dans un au-delà de la civilité, laquelle s’arc-boute toujours sur des règles fixées à l’avance. Le tact correspond au fond, explique l’auteur, à « un stade post-conventionnel de la civilité, stade qui n’est plus gouverné par des prescriptions mais par un souci de l’autre, par ce que l’on pourrait appeler une intention attentive » (p. 17).


2) en limitant l’aspect technique de l’enseignement pour rappeler qu’au soubassement de toute forme de compétence se trouve d’abord un fond éthique.


En bref ce petit ouvrage nous permet de confirmer notre première intuition : toute relation humaine est l’histoire d’une rencontre entre vivants, et ce qu’on appelle le « comportement organisationnel » ne peut jamais être totalement coupé du circuit des affects. Or c’est précisément à cette difficulté, et à ce défi, que nous confronte aujourd’hui aussi bien le télétravail que le téléenseignement : maintenir le lien « présentiel » entre des vivants qui vivent à distance les uns des autres est-il encore possible ? Comment enseigner et manager avec le tact requis quand on sait que le mot vient du latin « tactus » qui veut dire toucher, ce que les technologies nouvelles paraissent rendre impossible ?


C’est là tout le défi de la réorganisation du travail et de l’enseignement sur le mode « phygital » qui se produit un peu partout.


Réf.

Prairat, E. (2017). Éduquer avec tact – vertu et compétence de l’enseignant, ESF Sciences humaine.


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Éduquer avec tact - Vertu et compétence de l’enseignant

Éduquer avec tact - Vertu et compétence de l’enseignant

Auteur : Erick Prairat
Date de parution : 19/10/2017
Éditeur : ESF Sciences Humaines
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