Quand on accepte un poste de manager, une des exigences les plus difficiles à gérer, c’est de renoncer à être aimé par ses collaborateurs. C’est une épreuve difficile à surmonter, dont on ne parle jamais. Le nouveau manager peut avoir la tentation de se faire « aimer » en jouant le bon pote : offrir des verres, rendre des services …
Une stratégie contre-productive
S’il se fait apprécier d’emblée, c’est un très mauvais calcul sur le long terme ! Il se met en position difficile pour toutes sortes de situations qu’il doit gérer : dire non à une demande congés, arbitrer entre deux collaborateurs pour une formation, recadrer des comportements inappropriés.
Quand le chef est un ancien collègue
La situation est encore plus complexe quand on devient le manager de ses anciens collègues. On s’appréciait, on riait ensemble, on faisait des afterwork sympas, on se rendait des petits services, on échangeait des commérages…, et même, on se moquait du patron !
Le regard des collègues change brutalement
Et là, STOP ! Si le tout nouveau manager pense ou espère que ce sera toujours possible, il comprend vite qu’il n’en est rien. Le jour où il prend ses nouvelles fonctions, il est le « chef », le « patron », le « boss », et le regard comme l’attitude des ex-collègues changent radicalement.
Un nouveau rapport de pouvoir
Eux, ne s’y trompent pas. C’est de lui maintenant que leur vie professionnelle dépend au quotidien : missions, moyens, avantages divers, dates des congés payés, accord sur les RTT … sont du ressort de ce nouveau manager.
Quand l’amitié dérape
Si les relations amicales persistent, elles risquent de vite dériver vers de la manipulation plus ou moins voulue et consciente, mettant en péril la cohésion de l’équipe et sa performance.
Les effets pervers de l’amitié hiérarchique
Des exemples ?
• Créer le syndrome du chouchou avec tous les conflits et les jalousies que cela peut provoquer, et leurs impacts délétères sur le climat de l’équipe,
• Faire souffrir des amis pour ne pas être soupçonné de favoritisme
• Générer des pertes de temps en bavardages, ou pauses allongées
• Prendre des décisions avec des biais dus à l’amitié, par exemple : ne pas vouloir décevoir ou avoir un a priori positif pour le projet d’un collaborateur/ami,
• Laisser fuiter des informations confidentielles car « un ami ne trahit pas un secret » !
• Des réactions affectives à des remarques ou des remises en cause …
Renoncer au poste ou poser les règles ?
Le nouveau manager peut alors renoncer à son poste car l’amitié est pour lui un facteur majeur de qualité de vie au travail. Ainsi une enquête IPSOS de 2023 montrait que 82 % des salariés français estiment que les relations entre collègues permettent d’oublier la pénibilité du travail.
Mettre les choses au clair dès le départ
Le mieux pour le nouveau manager est de bien expliciter la nouvelle situation dès la prise de poste et de reconnaitre que ce n’est pas forcément une transition simple à gérer mais qu’elle doit avoir lieu.
Créer une distance ajustée
Certains nouveaux managers ont besoin de créer la rupture très vite, d’autres vont modifier leurs habitudes très progressivement : ne plus être au café du matin, ne plus déjeuner ensemble à la cantine (du moins pas tous les jours !), moins se voir en dehors du travail …
Convivial mais pas copain
Mais attention, si l’amitié, au sens affectif, n’a pas sa place entre un manager et ses équipes, la convivialité et le respect sont essentiels. Il ne s’agit pas de virer au chefaillon ni de tomber dans l’autoritarisme ! Le rejet serait immédiat !
Publié le mercredi 19 novembre 2025 .
3 min. 59
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