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https://player.vimeo.com/video/120226514?autoplay=1 Jean-Philippe-Denis-Affaire-Kerviel-la-triple-omerta-3004.jpg
19/11/201403:38

De quoi l'affaire Kerviel est-elle le nom ?

 

Pour Christophe Barbier, rédacteur en chef de l'Express qui s'interrogeait dans un édito, elle est le symbole désormais d'une redoutable entreprise de communication qui a réussie au-delà de toutes les espérances, contribuant à sa libération conditionnelle. L'affaire Kerviel serait aussi le symbole d'une époque qui a connu la finance folle et qui n'en est pas revenu puisque le "business" y reprend toujours "as usual". Elle serait enfin le symbole d'un pays, la France, qui n'aime pas l'argent et célèbrerait en Kerviel un virus dans le système.

 

Le chercheur en sciences du management voit, lui, une autre réalité. Trois affaires Kerviel, en somme.

 

La première, c'est celle d'une faillite stratégique et organisationnelle. Dès 2008, dans un éditorial de la RFG titré : "à quoi sert la gestion ?", Jean-Michel Doublet pointait les failles de supervision dont s'était rendue coupable la hiérarchie de la banque vis-à-vis d'un de ses salariés. Il rappelait que ses dirigeants avaient fait de la survalorisation boursière l'alpha et l'omega de leur stratégie depuis l'OPA manquée sur Paribas et s'étonnait tant des conditions de débouclage des positions du trader que de la coïncidence des pertes dites Kerviel avec celles annoncées sur les subprimes. Une analyse dont on sait qu'elle est désormais partagée par la Cour de cassation.

 

La seconde, c'est celle d'un naufrage. La réussite de l'entreprise de communication Kerviel ne se comprend en effet qu'à la lumière de la stratégie de communication de l'équipe de direction de la Société Générale : faire porter la totalité du chapeau de sa crise à l'un de ses employés. Toute victoire ne pouvait dès lors qu'être "à la Pirrhus", puisque au prix de la reconnaissance d'incroyables incompétences de gestion de ses dirigeants. Si génie de communication de la part de Kerviel il y a eu, c'est de s'être alors mû en porte-voix des contribuables : comment justifier que tant d'errements du management aient conduit avant tout procès à un remboursement d'impôts chiffré en milliards d'euros, comme s'en agaçait dès 2010, le futur Président Hollande ?

 

La troisième, c'est celle du drame d'une industrie, le journalisme. Depuis 2010 jusqu'en 2014 tout s'est passé comme si Jérôme Kerviel avait été condamné à une triple peine : pénale, civile et médiatique. Entre nécessité de produire un choc d'audience par jour, et celle sans doute de ne pas trop déplaire à un annonceur, les médias français n'auront eu de cesse de ridiculiser l'homme comme sa stratégie de défense. Et ils auront épargné au top-management de la banque toute analyse critique sérieuse.

 

Voilà comment un jour, le nom de Kerviel pourrait devenir d'abord synonyme de ce mal très français où à la loyauté amicale dans les conseils d'administration et les cabinets ministériels répond l'apathie silencieuse des travailleurs d'une industrie, le journalisme, dévastée.

 

Le tout sur fond de propension très "parisianniste"... à l'omerta.

 

Jean-Philippe Denis, Affaire Kerviel : la triple omerta, une vidéo Xerfi Canal



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Mots clés : Idées / RéflexionBanqueJérôme KervielMédiaSalariésJean-Philippe Denis

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