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Ces modèles mentaux qui bloquent l’innovation

Publié le lundi 25 septembre 2023 . 4 min. 32

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C’est la maladie du siècle. 55 millions de personnes vivent avec une démence sénile dans le monde, un chiffre qui s’accroît rapidement en raison du vieillissement de la population. La plus fréquente est la maladie d’Alzheimer, du nom du psychiatre allemand qui l’a identifiée en 1906. Alzheimer observe des plaques denses dans le cerveau des patients. Elles seront plus tard identifiées comme étant constituées d’une protéine appelée béta-amyloïde. Pourtant, depuis 1906, pratiquement aucun progrès n’a été accompli dans le traitement de la maladie. Pourquoi ?


L’une des raisons est que ces plaques ont été d’entrée de jeu vues comme la cause de la maladie. C’est étonnant car certaines personnes atteintes de la maladie n’ont pas de plaques discernables tandis que d’autres ont des plaques sans avoir de symptômes. Malgré cela, le modèle explicatif s’est durablement installé, et la communauté scientifique s’est enfermée dans cette explication.


Un deuxième enfermement s’en est suivi : persuadés que ces plaques sont la cause de la maladie, et refusant d’envisager une autre cause, les médecins ont focalisé leur recherche sur leur suppression. Des milliards ont été investis, mais sans résultat. Tout l’effort a porté sur la résolution d’un problème qui n’est probablement pas le bon.


Un troisième enfermement s’en suit désormais : avec l’absence de résultats, les milliards investis et le nombre de patients qui augmente, la pression publique et institutionnelle augmentent. La FDA, l’organisme de régulation aux Etats-Unis, finit par autoriser des médicaments non pas parce qu’ils ont des effets démontrés, mais parce qu’ils prétendent réduire la fameuse plaque, dont on n’est pourtant, rappelons-le, pas certain qu’elle soit en cause. C’est ici que la boucle est bouclée, et que le modèle mental initial dans lequel la communauté scientifique s’est enfermée produit ses effets catastrophiques.


Le blocage provient également de la sociologie du travail scientifique. Lorsqu’un chercheur trouve un résultat, il doit le publier dans une bonne revue. Une bonne revue sélectionne les papiers en les faisant valider par des experts du même domaine. C’est-à-dire… des tenant du modèle mental dominant. Ces experts ont tout à perdre si ce modèle, à qui ils doivent leur réussite, est remis en question. Proposer un papier remettant en cause le modèle dominant, c’est un peu comme essayer de vendre Noël à une dinde. D’où le blocage : sans papier, les tenants de modèles alternatifs ne peuvent avoir ni budget ni carrière, et doivent soit se soumettre, soit se démettre. C’est ainsi qu’un modèle mental dominant erroné peut persister.


Alors que faire pour débloquer ?


Une solution assez évidente est de créer ce qu’on appelle des « portes de sortie » pour les tenants de modèles alternatifs. C’est ce qui s’est passé avec le vaccin anti-Covid basé sur l’ARN messager. La chercheuse Katalin Kariko, qui en est à l’origine, était l’une des seules à croire à son potentiel. Le modèle mental de la communauté scientifique était qu’il était sans issue. Par son obstination, Kariko a même fini par se faire virer de son laboratoire. Heureusement, elle a trouvé refuge dans un autre labo grâce à un ami, et a travaillé avec une startup (BioNTech). Le vaccin n’a pu voir le jour que parce qu’il existait une voie de sortie alternative pour elle, ce qui lui a permis de contourner le blocage.


La création de ces portes de sortie est donc importante, et l’entrepreneuriat est l’un des moyens pour cela. Mais ça ne suffit pas, car permettre aux tenants de modèles alternatifs de quitter le système ne permettra pas à celui-ci de changer, bien au contraire.


En recherche comme ailleurs, le véritable enjeu est donc de créer des institutions pluralistes qui réussissent à éviter le consensus stérile, et qui suscitent et font vivre des théories alternatives. Il en va du progrès humain.


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