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Aucun pays n'échappe à la crise !

Enregistré le mardi 15 septembre 2020 . 4 min. 31

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Un rebond mécanique et ensuite ? Aucune réelle reprise ne se dessine où les différentes régions du monde s’entraîneraient de façon vertueuse. Notre panorama mondial ne pousse pas à l’optimisme. Un chiffre résume déjà l’étendue des dégâts prévus pour cette année : 100% des 37 pays membre de l’OCDE seront confrontés à une baisse de leur PIB en 2020. La liste s’étend évidemment aux principales économies non-OCDE, notamment les BRICS, Chine comprise. Le bloc « émergent » se contractera pour la première fois depuis 1980. Quant à la remontée enclenchée à partir du 3ème trimestre, elle sera beaucoup plus chaotique et poussive que prévue. Finalement, après avoir dérapée de 5% cette année, la croissance mondiale ne fera pas mieux que +4,7% l’année prochaine.


Des pays émergents malmenés


Une fois n’est pas coutume, exceptée la Chine, les économies émergentes sont globalement les plus malmenées du fait des plus faibles capacités de leur système de santé, du poids plus grand de leur économie informelle, mais aussi de la faiblesse de leur système de protection sociale et enfin, pour finir, des conditions d’emprunt plus sévères de leurs États.


L’Amérique du sud est la région la plus touchée car s’y ajoutent les conséquences de l’effondrement des recettes issues des matières premières sur l’équilibre des comptes extérieurs et publics ce qui laissent les pays sans véritables marges de manœuvre budgétaire. Le Brésil, le Pérou, le Chili, la Colombie seront plus particulièrement concernés. Grands producteurs de matières premières, la Russie, l’Afrique et le Moyen-Orient sont aussi mis en difficultés avec en plus pour ces deux derniers une forte pression démographique.


Les pays émergents d’Asie sont mieux positionnés, excepté l’Inde. Non seulement le strict confinement n’a pas permis de contenir l’épidémie, mais il a mis à terre la croissance qui s’est effondrée de 23,9% au 2ème trimestre. Des millions d’emplois ont été détruits et le taux de chômage officiel atteint 24%. Les conséquences sur les conditions de vie des plus démunis sont dévastatrices dans un pays où la consommation des ménages est le traditionnel moteur de la croissance.


En Chine, les perspectives s’améliorent. Comme lors des précédentes crises, le gouvernement a réagi en lançant de nouveaux programmes d’infrastructures et l’investissement s’est substitué à la consommation manquante et aux exportations. Le redressement des PMI montre que l’économie a redémarré. Il ne faut toutefois pas sur-interpréter le mouvement car les exports sont ralenties par la récession mondiale et la consommation bute toujours sur une épargne surabondante aggravée par la crise sanitaire, faute d’un système général de sécurité sociale.


La récession de la zone euro entraîne les PECO


Les PECO se situent dans un entre-deux plombés notamment par la récession de la zone euro qui a provoqué l’effondrement de leurs exportations. La République tchèque, la Slovaquie, pays les plus intégrés dans les chaînes de valeur mondiales, ont connu un arrêt brutal. La Croatie et la Roumanie, elles, ont souffert de la chute de leurs recettes touristiques. C’est d’ailleurs un trait partagé avec les pays du Sud de la zone euro. Entre les mesures de confinement et la fermeture des frontières, le secteur touristique a totalement décroché, en Espagne, en Grèce, en Italie (un peu moins en France). Conjuguée à une crise sanitaire plus intense qui avait déjà fait chuter plus violemment leur PIB au 2ème trimestre, la fracture avec le pays d’Europe du Nord risque bien de s’ouvrir à nouveau, d’autant que ces pays disposent de marges de manœuvres budgétaires plus étroites, compte tenu de l’état de leurs finances publiques. La proposition par la Commission d’une relance à l’échelle européenne est à cet égard un développement positif, tout comme l’activisme de la BCE. Quant au Royaume-Uni, la chute de 20% de son PIB au printemps place l’économie britannique au premier rang des pays les plus impactés d’Europe alors que les inquiétudes à propos du Brexit sont revenues sur le devant de la scène.


De l’autre côté de l’Atlantique, la crise a rattrapée les Etats-Unis avec un PIB en recul de plus de 9% au 2ème trimestre. L’ampleur de la récession est illustrée par le marché du travail. En août dernier, plus de 11 millions d’emplois manquaient encore par rapport à janvier et le taux de chômage demeure élevé et instable malgré les récentes améliorations. Certes, la Fed a mis en œuvre un assouplissement quantitatif illimité et les vannes budgétaires ont largement été ouvertes. Mais la confiance ne revient toujours pas du côté du consommateur, le tout sur fond d’un climat social tendu à l’approche des élections et de tensions géopolitiques avec la Chine.


La crise de la Covid-19 s’est jouée de façon synchrone, mais sa sortie se fait en ordre dispersé, avec des effets durables sur les économies aux institutions sociales faibles. Le monde post-Covid risque de perdre durablement la locomotive des émergents, ce qui aura aussi un impact collatéral lourd sur le reste du monde.


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