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L’Afrique et peut-être plus encore le Maghreb cochaient, a priori, toutes les cases pour sombrer avec la crise de la Covid-19. En toile de fond, des systèmes de santé sous-dimensionnés même si la catastrophe sanitaire annoncée n’a pas eu lieu : population jeune, dispersion des familles, moindre mobilité des populations… ont eu pour effet d’éviter le pire.


L’Afrique a restauré son niveau d’activité d’avant-crise avant l’Europe


Toutefois, confinements et couvre-feux ont ici, comme ailleurs dans le monde, affaibli l’activité et c’est d’autant plus déstabilisant pour ces pays que la part de l’informel dans le marché du travail y est élevée. Elle s’étale ainsi (hors secteurs agricoles) de 50% pour l’Égypte en passant par 76% pour le Maroc jusqu’à atteindre près de 90% en Côte d’Ivoire, avec tout ce que cela comporte comme instabilité des revenus, absence de protection sociale, de couverture maladie. Bref, au moindre retournement brutal de l’activité et ce sont des pans entiers de la population qui tombent sans filet de sécurité dans la précarité voire l’extrême pauvreté. Quant au reste des habitants, ils ne sont guère plus à l’abri, avec un bouclier social moins protecteur que dans les pays occidentaux. De surcroît, les gouvernements locaux ne disposaient pas des mêmes marges de manœuvre budgétaires pour garantir les revenus de leur population qu’en Europe ou en Amérique du Nord.


À ces traits communs s’ajoutaient certaines spécificités. Pour certains c’est leur dépendance aux exportations de matières premières, comme l’Algérie ou le Cameroun. Pour l’économie algérienne, il ne pouvait y avoir pire, en effet, que l’effondrement combiné des cours et de la production de pétrole. Pour d’autres, Maroc, Tunisie, Égypte notamment, ce sont les recettes touristiques qui ont été attaquées, source de devises incontournables.


Malgré ce tableau bien sombre, les Cassandre ont eu tort. Certes, la croissance a fléchi, mais de façon modérée. Hors pays à revenu élevé, le recul du PIB a été de 2,5% en Afrique subsaharienne et de 3,5% en Afrique du Nord et Moyen-Orient. C’est une chute beaucoup moins sévère que celle vécue en Europe (-6%) en général et dans la zone euro en particulier malgré le « quoi qu’il en coûte ». Bien sûr, l’Europe a fait mieux l’année dernière, mais c’est avant tout l’effet rattrapage qui joue. Bref, fin 2021, l’Afrique avait restauré son niveau d’avant crise, pas l’Europe !


Le rôle des envois de fonds des migrants


La réponse sanitaire moins coercitive qu’en Europe est une première explication. Dans des économies sans filet de sécurité qui n’avaient pas les moyens d’amortir une embolie de leur production. Mais elle n’est pas exclusive. Cette surprenante capacité de résistance africaine et maghrébine, elle le doit en grande partie à la générosité de sa diaspora, car contre toute attente, les envois de fonds ont augmenté de façon exceptionnelle pendant la crise. Parce que les revenus des migrants ont été en grande partie préservés par les mesures de soutien mises en place dans leurs pays d’accueil. Parce que, comme tout à chacun, les migrants se sont constitué une surépargne, conséquence d’une consommation empêchée à laquelle se sont ajoutées les sommes économisées liées à l’impossibilité de voyager dans leur pays d’origine. Parce qu’enfin, la solidarité familiale s’est accrue.


Il faut bien prendre la pleine mesure du rôle des envois de fonds des migrants. Sans ces apports dans certains cas (Sud-Soudan, Liban, Gambie, Somalie), les États seraient en faillite. Mais même sans aller dans ces extrémités, les sommes en jeu représentent généralement entre 5% et 10% du PIB. La faiblesse du chiffre concernant l’Algérie peut surprendre, mais il est parasité par le poids du circuit informel dans le transfert d’argent. Le cas algérien n’est pas unique : tous les flux transférés sont sous-estimés, c’est simplement une question d’ampleur.


Trois exemples pour bien comprendre ce qui se joue. Les fonds envoyés en Égypte sont passés entre 2019 et 2021 de 27 à 33 milliards de dollars, en hausse de 24% sur la période, soit un surcroît de fonds équivalent de 2,2% du PIB de. Au Zimbabwe, les fonds envoyés se sont envolés de 47%, un surplus là aussi équivalent à 2,2% du PIB. Au Maroc, la hausse atteint 33% soit 1,9% du PIB du pays.


Et il est possible de multiplier les exemples. Mais à bien y regarder, ce sont autant de plan de relance avec tous les effets multiplicateurs en interne, mais également d’entraînement sur les pays voisins. Bouée de sauvetage ou planche de salut, les envois de fonds des diasporas ont permis à l’Afrique de déjouer tous les pronostics les plus sombres.


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