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Espagne : les illusions d'une croissance précaire

Publié le mardi 7 juin 2022 . 4 min. 36

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La croissance en Espagne a plafonné à 0,3% au cours du premier trimestre dernier et contraint le gouvernement a sérieusement revoir sa copie sur l’ensemble de l’année, avec une anticipation de hausse du PIB ramenée de 7 à 4,3%, soit une amputation d’environ un tiers. La performance de l’économie espagnole a déçu, mais elle reste néanmoins supérieure à celle de l’Allemagne, de la France (tombée à zéro) et de l’Italie, à nouveau dans le rouge. Quant à la prévision officielle de croissance, elle est proche des attentes de la Commission européenne qui place l’Espagne en tête du palmarès de la croissance des principales économies européennes cette année. L’Espagne, pays de l’année 2022 ? Ce n’est pourtant pas le bon diagnostic.


Le pays ne s’est pas remis de la récession de 2008-2009


Ce chiffrage est d’abord en trompe-l’œil et s’explique en partie pour des raisons purement statistiques qui tiennent notamment à la magie des acquis de croissance, c’est-à-dire le niveau auquel se situerait le PIB en moyenne en 2022 par rapport à 2021, quand bien même l’activité devait stagner d’ici la fin de l’année. Cet effet explique à lui seul près de 80% du chiffre avancé en prévision par le gouvernement et en relativise la portée.


Second aspect à prendre en compte, le point de départ. Certes, le pays fait mieux que ses principaux partenaires européens, mais il a aussi creusé plus profond pendant la crise en raison d’une forte exposition aux secteurs sensibles à la pandémie comme le tourisme ou l’automobile. Si bien qu’à la fin du 1er trimestre dernier, le PIB espagnol accusait encore un recul de près de 4% par rapport au 4e trimestre 2019, alors que la France et le Royaume-Uni ont dépassé leur dernier pic et que l’Italie est quasiment revenue à niveau. Quant à l’Allemagne, elle est certes aussi en retrait, mais n’est plus qu’à 1 point environ de son dernier pic.


En fait comme pour beaucoup des pays du sud, l’Espagne ne s’est pas totalement remise de la récession de 2008 et 2009 qui a cassé le rythme de sa croissance passé de 3,5% sur la décennie 98-2008 à 1% seulement sur la décennie suivante et révélé des défaillances qui ne permettent pas aujourd’hui d’être optimiste.


L’intérim pèse lourd sur le marché du travail


D’abord, l’Espagne est le royaume des petites entreprises. Rapportée à la population pour gommer l’effet taille, l’Espagne compte 57 entreprises de moins de 20 employés pour 1 000 habitants. C’est un chiffre assez proche de celui de l’Italie, mais beaucoup plus élevé que celui de la France et encore plus de celui de l’Allemagne ou du Royaume-Uni. De petites structures familiales, le plus souvent à très faible productivité. À l’autre bout du spectre, très peu de grandes structures dont beaucoup sont de surcroît des filiales de grands groupes étrangers qui dépendent totalement de décisions extérieures.


Deuxième faiblesse de l’économie ibérique : la dualité de son marché du travail. Malgré de lourdes réformes, l’Espagne reste LE pays du travail intérimaire. C’est plus du quart de l’emploi total, record en Europe où la moyenne est de 16%. C’est aussi plus de 10 points supérieurs aux autres grandes économies eurolandaises. Ces emplois précaires sont les premiers à être détruits en cas de choc et les ajustements sont rapides et plus violents que dans le reste de la zone euro. C’est un signe, mais le simple coup de frein du début d’année s’est immédiatement traduit par une baisse de l’emploi salarié et une hausse du taux de chômage. Certes, son ampleur reste limitée, mais si le trou d’air se prolonge, et c’est bien parti pour, la remontée sera brutale avec toutes ses conséquences en chaîne à la fois sur le revenu, le moral des ménages et la consommation.


Parmi, les autres points faibles, pêle-mêle : le niveau élevé de l’endettement privé et public qui prive le gouvernement de marges de manœuvre budgétaire, un paysage politique fragmenté et une unité territoriale menacée par le mouvement indépendantiste catalan.


Une forte exposition au choc inflationniste


Viennent en plus s’ajouter maintenant les conséquences du conflit ukrainien. L’économie espagnole n’est certes pas celle qui est la plus en prise directe avec la Russie. C’est un débouché mineur en absorbant seulement 0,5% de ses exports et un fournisseur de second rang, même en matière d’énergie : le pays dépend pour seulement 7,5% de ses approvisionnements énergétiques de la Russie, hors France, c’est bien moins que les principales économies européennes.


En revanche, l’économie espagnole sera exposée au net ralentissement de ses voisins et au choc inflationniste. La flambée des prix à la consommation en Espagne est l’une des plus intenses des grandes économies européennes. Certes, la remise de 20 centimes accordée sur les prix de l’essence a quelque peu apaisé les tensions, mais c’est en partie artificiel, d’autant que le coup de pouce du gouvernement doit prendre fin le 30 juin.


Bref, en dépit de toutes les mesures prises, le pouvoir d’achat va décrocher cette année alors que le surplus d’épargne héritée de la période Covid est relativement modeste par rapport aux autres pays européens. Les ménages disposent de marges de manœuvre trop limitées pour éviter un recul de la consommation cette année. La croissance espagnole aura fière allure cette année, mais elle relèvera d’effets purement mécaniques. Cela masque un retard important dans la reprise d’activité et aucune une vraie consolidation des moteurs de long terme de la croissance.


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