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Selon les économistes de la Fed, les États-Unis s’orientent vers une « légère récession » à la fin de l’année et début 2024. Ce n’est pas un cri d’alarme, mais un cri de victoire, car c’est voulu. La remontée du taux directeur de 5 points de pourcentage en 14 mois n’a pas en effet d’autre but que de casser la croissance pour faire plier le marché de l’emploi, remonter le chômage, inverser le rapport de force employeurs-employé. Car il faut faire pression sur les rémunérations pour casser la spirale prix-salaire et ramener l’inflation vers sa cible de 2%. C’est implacable, mais la réalité s’affranchit parfois de la théorie. Le diagnostic d’une récession « soft » nous apparaît relever de la méthode Coué et notre scénario à Xerfi reste celui d’un simple ralentissement.


Des chefs d’entreprise encore optimistes


Incontestablement, les indicateurs avancés d’activité dévoilent une dégradation de la conjoncture. Cela fait maintenant 7 mois que l’ISM-manufacturier, révélateur de l’état de santé des entreprises industrielles (en termes d’activité, de nouvelles commandes, de stocks, d’emploi, etc.) indique une contraction de l’activité. Fait préoccupant, c’est le sous-indice mesurant la vigueur des carnets de commandes qui a le plus chuté en mai. C’est un mauvais signal pour la suite. Toutefois, ce n’est pas là que se situe le centre de gravité de l’économie américaine, mais bien plus du côté de l’ISM-services (qui outres les services stricto sensu intègre aussi le commerce, la construction). La tendance prise n’est pas bonne non plus, mais l’indicateur reste dans la zone d’expansion. Surtout, à l’opposé des industriels, une majorité de chefs d’entreprise restent optimistes pour les prochains mois, que ce soit dans l’hôtellerie-restauration, les secteurs BtoB, la finance, la construction, le commerce. Cela écarte a priori un décrochage brutal et durable de cet indicateur dans les prochains mois.


Quant au consommateur, si le moral n’est toujours pas au beau fixe, il reste stable nettement au-dessus de sa moyenne de long terme sans réelle tendance. Les ménages étaient en outre un peu plus nombreux en mai qu’en avril à anticiper une amélioration de leurs revenus. Ils s’attendent désormais à un lent reflux de l’inflation. Quant à leur volonté de faire des achats importants (électroménager, automobile), elle est en hausse.


Le pays est loin d’un credit crunch


Le point le plus sensible de la conjoncture américaine est à aller chercher du côté du durcissement par les banques de leurs critères d’octroi des crédits aux entreprises, quelle que soit leur taille. Ce resserrement concerne aussi les crédits à la consommation et les prêts immobiliers.


Le pays est cependant loin d’un credit crunch capable de faire dérailler l’investissement, l’immobilier-construction et la consommation. Bref, les indicateurs avancés ne renvoient pas l’image d’un pays au bord du gouffre, d’autant que les derniers chiffres en durs sont bons :


• C’est le cas du marché du travail. Il ne faut pas se laisser abuser par la légère remontée du taux de chômage qui relève plus des aléas sur la population active que d’un véritable retournement de tendance. C’est ce que sous-entend la nouvelle accélération des créations nettes d’emplois en mai.
• Côté salaires horaires des employés et des ouvriers, la décélération est en marche, mais elle est moindre que celle de l’inflation. En d’autres termes le pouvoir d’achat de la population dont la part des revenus dédiée à la consommation est la plus élevée se redresse.
• La construction neuve de logements tient toujours et les prix des habitations ont stoppé leur reflux.
• Le taux de défaillance des entreprises ne bouge pas, et les cours boursiers sont nettement repartis à la hausse entraînés par des espérances de profit très élevées.
• Même le déficit public se réduit très rapidement, notamment le solde primaire c’est-à-dire hors charge d’intérêt. 


Spontanément, l’économie américaine ne se dirige pas vers la récession, créant une inconnue sur la poursuite du resserrement monétaire. Le risque c’est d’aller trop loin et c’est un risque que visiblement que la FED ne veut pas prendre. Une récession soft ou pilotée dans un contexte de surévaluation des actifs, cela n’existe pas, elle le sait, et misant sur l’homéopathie monétaire et la constance, elle laisse sa chance à un léger filet de croissance.


Publié le mardi 20 juin 2023 . 3 min. 59

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