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Comme d’autres pays, la France est confrontée à une profonde mutation de son marché du travail qui se traduit par une déstabilisation d’une part importante des travailleurs, principalement des classes populaires.


Il y a 30 ans, la salarisation complète de la société paraissait à portée de main. Et pour cause, la part de l’emploi salarié ne cessait de s’élever jusqu’à représenter un peu plus de 91% de l’emploi total au début des années 2000, soit 12 points de plus par rapport au début des années 70. Toutefois, changement de tendance à partir de 2003 : la part du salariat stagne puis se réduit progressivement. C’est la conséquence de l’épuisement de la baisse de l’emploi indépendant traditionnel (agriculteurs, artisans, commerçants), mais aussi de l’effet combiné de nouvelles modalités de travail indépendant ultra-flexible, de la démocratisation d’internet, des smartphones et de l’émergence de besoins spécifiques aux urbains.


Désindustrialisation et externalisation


Les plateformes de travail permettant d’accéder à des services fournis par des tiers se multiplient. Ces entreprises d’un genre nouveau se livrent entre elles, mais aussi avec les acteurs traditionnels, à une concurrence acharnée par les prix et ont recourt en lieu et place de salariés à des travailleurs juridiquement indépendants, la plupart exerçant sous le régime de la micro-entreprise dont le nombre a explosé ces dernières années. Mal-rémunérés, payés à la tâche, ces travailleurs endossent en outre le risque économique et social traditionnellement supporté par les employeurs.


Dans le salariat, stricto sensu, deux tendances majeures sont à l’œuvre et elles ne sont pas favorables aux travailleurs.


Il y a d’abord la tertiarisation de l’emploi : les services (marchand et non marchand) représentaient à peine plus d’un emploi sur deux au début des années 70 contre près de 8 sur 10 aujourd’hui. L’agriculture, mais plus encore l’industrie a cédé beaucoup de terrain en valeur relative, ne mobilisant qu’un peu plus d’un emploi sur dix, contre près du quart il y a 50 ans, mais aussi en valeurs absolues avec plus de 2 millions d’emplois perdus sur la même période. C’est la marque de la désindustrialisation de la France, mais aussi du recours croissant à l’externalisation. Les effets sur le marché du travail sont immenses puisque ce mouvement s’est accompagné d’un déplacement des emplois de la grande industrie, composés essentiellement des CDI à temps plein vers la PME de services où l’emploi est plus éclaté (que ce soit en termes de statut ou de durée). Témoin de ce déplacement, la chute du nombre d’ouvriers en France tombés de 7 à 5 millions environ entre 1982 et 2021 pour finalement représenter moins d’un emploi sur cinq. Or, l’écart est grand entre le salaire net annuel moyen proposé dans l’industrie qui dépasse 32 000 euros et celui des services inférieurs à 30 000. Une moyenne en outre trompeuse avec d’un côté la finance à plus de 42 000 et les services aux ménages, en fort développement ces dernières années, dont la rémunération moyenne des salariés est près de deux fois inférieure.


Précarisation du salariat


Réduction des possibilités d’évolution, de promotion, de formation, mais aussi dégradation des conditions sociales ont également accompagné ce mouvement de tertiarisation. La précarisation du salariat en est une autre. C’est l’émiettement du temps de travail avec la montée du temps partiel, même si la tendance s’est très légèrement infléchie depuis peu. Un temps partiel plus subi que choisi. Mais c’est aussi le fractionnement du travail avec la multiplication des contrats courts (intérim et CDD) variable d’ajustement aux soubresauts de l’activité, mais devenue aussi de façon plus structurelle un mode de recrutement utilisé par les DRH dans la gestion de leur main-d’œuvre, même pour les postes qualifiés.


Autre transformation, l’élévation du niveau général de formation de la population. C’est bien entendu la conséquence de l’effort appuyé dans le système éducatif, notamment le supérieur. Si bien qu’aujourd’hui la proportion de personnes en emploi, dotée d’un diplôme du supérieur est passée de moins de 10% à quasiment 30% en 30 ans quand la part des sans diplôme, titulaire du brevet des collèges ou du certificat d’études primaires est tombé de 40% à moins de 13%. Mais attention, le niveau des emplois n’a pas suivi.


Des personnes hautement qualifiées (bien souvent des jeunes) sont contraintes d’accepter des emplois en dessous de leur compétence, entretenant ainsi le sentiment de déclassement, d’un ascenseur social en panne et chassant par là même les employés qui les occupaient traditionnellement.


Perspectives professionnelles réduites, champ des carrières atrophié, emploi dégradé, les mutations du marché du travail renforcent la précarité et l’insécurité sociale des classes populaires. Elles sont d’autant plus douloureusement ressenties qu’à contre-courant les études s’allongent, ce qui alimente les frustrations.


Publié le jeudi 8 décembre 2022 . 4 min. 59

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