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Ce n’est peut-être pas le Pérou, mais à près de 2600 euros bruts en moyenne par mois, le salaire moyen par tête (qui intègre les primes et les heures supplémentaires) aura été en hausse de 1,9% en 2017.


Compte tenu de l’inflation (1%), les salariés du privé auront pu grappiller 0,9 point de pouvoir d’achat. Et une fois n’est pas coutume, la moyenne a du sens : la base sectorielle de la reprise étant très large, les salariés bénéficient de hausse dans tous les secteurs. Seule son intensité varie. Un dégradé de hausse donc avec le BTP en tête (+2,5%), suivi de l’industrie, du commerce, et des services qui ferment la marche (+1,8%).


Plus le recrutement est difficile, plus les salaires augmentent


Cela reflète parfaitement la hiérarchie des secteurs qui rencontrent de plus ou moins grandes difficultés à recruter : près de 60% des entreprises du bâtiment déclarent avoir du mal à recruter, 42% dans l’industrie (au plus haut depuis dix ans), et 35% dans les services.


Une nouvelle dynamique positive s’est donc bel et bien enclenchée courant 2017. Autant dire que 2018 part sur de bonnes bases pour les salariés. Surtout, après avoir été portée par la partie la plus variable (primes, heures supplémentaires), la hausse des rémunérations semble entrer dans une phase plus robuste. Selon la dernière enquête sur la structure des rémunérations dans le secteur privé de la DARES, la part des primes et heures supplémentaires dans les rémunérations (la partie la plus sensible au cycle économique) a atteint un point bas en 2012 (moins de 19%), puis est remontée avec le retour de la croissance. En extrapolant après 2014, cela projette 2017 à un niveau historique. Certes, la tendance à l’individualisation des salaires est une donnée structurelle, mais le plus probable c’est que désormais la part variable dans les rémunérations a atteint un niveau difficile à franchir.


D’ailleurs, le salaire mensuel de base (hors primes et heures supplémentaires) est, à structure de qualification constante, en accélération pour la première fois depuis cinq ans. C’est le signe que la partie la plus solide des rémunérations a pris le relais.


Notre prévision : +2,3% en 2018


Mais pas d’emballement. Si les entreprises ont eu les coudées franches pour faire passer les hausses de salaires, il faut tenir compte de l’effet conjoint du CICE et de la baisse du prix des matières premières, qui ont participé à la restauration partielle des marges des entreprises. Elles sont ainsi parvenues à distribuer des salaires tout en contenant l’évolution de leurs prix. Or, l’effet booster du CICE s’épuise et les cours des matières première remontent à nouveau. Le tout dans un contexte où les pressions déflationnistes persistent, laissant peu de place à un changement d’orbite des rémunérations. 


Après +1,9% en 2017, notre prévision pour 2018 est donc de +2,3%. Le gain n’est pas énorme, mais l’écart se creuse avec le monde non salarié, et en particulier l’auto-entreprenariat qui permet de s’adjoindre des compétences sur des bases de rémunération dégradées. L’auto-entreprenariat, ce nouvel élément de souplesse qui permet aussi de préserver les rémunérations plus attractives du noyau dur du personnel que l’entreprise veut fidéliser.


Publié le mercredi 20 décembre 2017 . 3 min. 52

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