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L’économie indienne, c’est Janus, le dieu aux deux visages. Connu pour être la « pharmacie du monde », le pays se retrouve à la pointe dans la production de vaccins contre la Covid-19 dont il pourrait rapidement devenir le 1er producteur mondial. Avant la pandémie, l’Inde fabriquait déjà 62% des vaccins de la planète. Mais c’est aussi une place forte du médicament générique dont elle assure 20% de la production mondiale. Troisième fabricant international de produits pharmaceutiques en volume, l’Inde fait aussi partie du top 10 en valeur. Mais au moment même où le pays consolide sa position dans cette industrie phare, elle affronte la colère d’un monde paysan symbole d’un secteur agraire archaïque et à bout de souffle qui représente encore 16% du PIB et plus de 42% de l’emploi officiel.


Des chiffres nettement supérieurs à ceux des autres BRIC où l’agriculture pèse entre 5 et 6% de l’emploi maximum. Rendements faibles, mécanisation peu développée et taille moyenne d’exploitation à peine supérieure à un hectare font de l’Inde un pays dont la part du secteur primaire est hypertrophiée, une structure productive plus proche d’un pays pauvre que d’un grand pays émergent. Tout comme la prévalence exceptionnelle du travail informel. Selon les estimations de l’OIT, la part des travailleurs informels dans l’emploi total est proche de 90%. Une fois de plus, l’Inde se démarque nettement des autres grands pays émergents.


Une partie de la population a basculé dans l’extrême pauvreté


Privé de protection sociale, c’est donc toute une partie de la population qui s’est retrouvée sans revenu avec la mise en place du plus grand confinement au monde. Un confinent extrêmement strict et long. Commencé fin mars, le relâchement des mesures sanitaires s’est effectué par étapes qu’à compter du 1er juin 2020 et s’est étalé jusqu’à l’automne. Avec la mise à l’arrêt de pans entier de l’activité, l’économie a collapsé : le PIB s’est ainsi effondré de plus de 24% au 2e trimestre 2020 par rapport à la même période de 2019 et aucun effet rattrapage n’est apparu ensuite. Le bilan annuel, c’est un décrochage historique de 7%. Une véritable catastrophe pour ce pays qui a besoin d’au moins 7% de croissance pour réduire la pauvreté et absorber les 1 million de jeunes arrivants chaque mois sur le marché du travail. Le coup est d’autant plus rude que cela fait suite à un essoufflement du rythme de la croissance passée de près de 8% entre 2008 et 2016 à 6% sur les trois années suivantes.


Autant dire que la crise de la Covid a fait basculer nombre d’habitants dans la précarité voire l’extrême pauvreté. Le Programme des Nations Unies pour le Développement indiquait que l’Inde était parvenue à arracher à la pauvreté 271 millions de personnes entre 2006 et 2016, mais que ce chiffre avait commencé à de nouveau s’élever un peu ensuite. La Covid-19 a amplifié le mouvement de façon dramatique et selon le même organisme 260 millions d’Indiens auraient ainsi rebasculé dans la pauvreté en 2020. Un gigantesque bon en arrière, qui a entraîné un exode massif de travailleurs, souvent invisibles, qui avaient quitté leur région d’origine pour trouver un emploi dans les grands centres urbains : New Delhi, Bombay, Bangalore. Pour les régions rurales, c’est la double peine : non seulement les villages ne reçoivent plus les fonds que ces travailleurs envoyaient (qui pouvaient représenter jusqu’à 35% du PIB régional), mais il faut en plus subvenir à leurs besoins. Pour les centres urbains, leur désertification a pesé lourd aussi au moment du redémarrage. Tout simplement, la main-d’œuvre a disparu et tarde à revenir. En dessous de plus de 11 points de sa moyenne de long terme, le taux d’utilisation des capacités de production reste bas, signe d’un outil productif toujours sous sollicité.


Impossible pour les finances publiques de prendre le relais


Et il ne faudra pas trop compter sur le soutien de l’État. Les finances publiques, déjà très dégradées avant la crise, n’ont pas pu suivre. Avec un déficit qui aurait atteint plus de 13% du PIB l’année dernière selon le FMI et un endettement public frôlant les 90%, chaque mois de sous-activité plonge un peu plus les comptes publics dans le rouge. À ce contexte, déjà très difficile viennent s’ajouter trois autres écueils :


1. il y d’abord, la fragilisation du système bancaire, dont le taux des actifs non performants est très élevé, notamment dans les banques publiques ;
2. vient ensuite le tarissement des fonds envoyés par la diaspora indienne, la plus importante au monde, elle-même affectée par les conséquences de la crise. Estimés à un peu plus de 25 milliards de dollars annuels cela représente 3% du produit national brut ;
3. et pour finir le réveil de l’inflation sur deux composantes très sensibles : l’alimentaire et les carburants.


Bref, derrière une Inde qui brille dans la pharmacie et les services, il y a la face plus sombre d’une économie proche de la rupture et qui embarque dans sa débandade la majorité de la population.


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