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L'Italie : de pire en pire

Publié le jeudi 22 septembre 2022 . 4 min. 50

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L’Italie inquiète. Il suffit de s’attarder sur le creusement de l’écart entre le taux souverain italien et allemand à 10 ans pour s’en persuader. À coups après à coups, la tendance est à l’élargissement du spread. Et bien plus que l’incertitude politique, c’est plutôt l’incapacité du pays à s’inscrire sur un sentier de croissance durable, alors même que sa situation budgétaire est déjà critique, que sanctionnent les marchés.


Forte dépendance vis-à-vis de la Russie


Le PIB italien a pourtant progressé plus rapidement que celui de ses partenaires de la zone euro au 2e trimestre et les perspectives de croissance (3,5%), sur l’ensemble de l’année sont nettement supérieures à la moyenne européenne. Mais elles s’expliquent par des facteurs techniques temporaires, liés au retour à des conditions sanitaires plus normales à la fois dans le pays, ce qui a libéré la consommation des ménages, mais également en Europe ce qui a permis le retour partiel des visiteurs étrangers et alimenté les recettes touristiques qui avaient dévissé les deux années précédentes. Ces facteurs de soutien ponctuels ont en outre été à peine suffisants pour ramener l’activité à son niveau pré-pandémie quand cela fait près d’un an que les principaux partenaires de l’Italie (hormis l’Espagne) y sont parvenus.


Mais il y a beaucoup plus alarmant. L’Italie ne s’est en fait toujours pas remise de la crise de 2008-2009, avec un PIB encore en dessous de plus de 4% de son pic historique et il est difficile de voir comment elle parviendra à rapidement restaurer ce niveau… à court terme, en raison de l’imbroglio lié à son mix-énergétique et la géographie de ses approvisionnements.


Dépourvu d’énergie nucléaire et produisant encore peu d’énergies renouvelables, le pays dépend pour sa consommation primaire à 83,5 % du pétrole, du gaz et du charbon, c’est 11 points au-dessus de la moyenne européenne. Avec de surcroît une dépendance envers la Russie qui s’était renforcée au fil du temps. Bilan : près d’un quart du mix-énergétique italien était assuré par des importations russes avant le conflit. Bien entendu, les autorités ont fait feu de tout bois pour réduire cette dépendance, mais se passer dans l’immédiat de la Russie est hors de portée, ce qui évidemment fait planer la menace d’une rupture des approvisionnements pour cet hiver.


Un pays malade


De surcroît, au-delà de ce choc dont la probabilité a augmenté ces dernières semaines, l’économie italienne est profondément malade et vit un véritable déclassement. Ce déclassement, c’est d’abord celui de son industrie manufacturière. Certes, le pays conserve des bastions dans des productions généralement plutôt haut de gamme dans l’ameublement, la mode, la machinerie de précision, la pharma, l’agro-alimentaire. Mais il cède du terrain ailleurs comme en atteste la dégradation continue de ses performances extérieures. Il ne faut pas se laisser abuser par le rebond de 2021, c’est un simple effet d’optique après le décrochage de 2020 lié à la pandémie. La tendance sous-jacente c’est bien celle de la poursuite du recul des parts de marché de l’Italie dans le commerce mondial. En cause, une productivité qui recule depuis plus de 15 ans. L’Italie s’est montrée incapable de procéder aux investissements nécessaires pour inverser la tendance et s’est faite débordée par ses voisins alors qu’elle faisait jeu égal jusqu’au début au milieu des années 2000. Depuis, le fossé avec le reste de la zone euro s’est creusé et ne se comble toujours pas.


Difficile de voir en outre comment la tendance pourrait s’inverser à court terme :


• Côté capital physique, l’investissement, hors logement, reste faible, signe que la modernisation des entreprises prend du retard et le taux d’investissement des sociétés non financières italiennes est à la traîne notamment vis-à-vis de la concurrence française.
• Côté capital humain, il existe une grande faiblesse, celle du système éducatif. Les formations existantes sont trop éloignées du besoin des entreprises et la proportion des 15 – 29 ans déscolarisés et sans emploi est nettement supérieure à la moyenne de la zone euro. Une très faible employabilité qui se traduit par un taux de chômage des moins de 25 ans au-dessus de la moyenne européenne, un écart qui ne se réduit toujours pas avec ses principaux voisins.


Cette incapacité à mobiliser la main-d’œuvre et à se moderniser altère sa performance économique. Mesurée par le rapport entre le PIB et le nombre de personnes en âge de travailler (les 15 – 64 ans), l’Italie se situe nettement en dessous de ses partenaires de la zone euro, signe du déclassement relatif du pays. Ce manque d’efficacité se traduit par un niveau de production et des revenus attenants anormalement faibles. L’assiette fiscale s’en retrouve atrophiée, ce qui n’est évidemment pas bon pour les finances publiques. À plus de 150% du PIB, l’endettement public italien est près de deux fois lourd que celui du reste de la zone euro. 


L’Italie est redevenue l’homme malade de l’Europe et remettre le pays sur les rails va être pour le prochain gouvernement un immense défi voire « mission impossible ».


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