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L'économie allemande dans une impasse

Publié le mercredi 11 mai 2022 . 4 min. 56

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Décidément quelque chose ne tourne pas rond dans l’économie allemande. En hausse de 0,2% seulement, la croissance sur les 3 premiers mois de l’année a été saluée par les analystes car dépassant leurs attentes ! C’est pourtant une performance très médiocre d’autant plus après un 4ème trimestre plombé et en recul de 0,3%.


C’était avant la guerre en Ukraine qui ne peut donc être prise comme prétexte pour expliquer pourquoi l’Allemagne n’a toujours pas restauré son niveau de PIB d’avant pandémie quand le reste de la zone euro y est parvenu. Comble de l’ironie, le pays se situe entre l’Espagne et l’Italie emblématiques de cette Europe du Sud dédaigneusement qualifiés Outre-Rhin de pays du « Club Med ». La France est, elle, loin devant et l’Autriche encore plus. Quant à la suite, il ne faut pas espérer un quelconque redressement spectaculaire de l’économie allemande cette année. En hausse de 1,9% selon notre scénario, le PIB dépasserait à peine son niveau de la fin 2019 fin 2022.


Cette contre-performance, est le résultat d’un modèle économique purement mercantiliste tourné vers le grand large. Ce modèle, en fin de vie, a guidé la politique économique durant deux décennies dans le seul objectif a été de renforcer sa base industrielle. Pour être performant, quatre principaux leviers ont été actionnés : 


- Le premier la mise en place d’une économie de bazar pour siphonner les bas coûts et la productivité des PECO. Le principe est simple faire produire dans les pays d’Europe Centrale et Orientale les pièces détachées ou des modules pour, in fine, les assembler sur le territoire allemand et les estampiller « made in Germany ». C’est bien pourquoi : sur les 11 pays constituant les PECO, l’Allemagne se place 9 fois comme premier fournisseur et 8 fois comme premier client. Toutefois les relations avec un partenaire historique peuvent sauter du jour au lendemain. La Russie l’illustre parfaitement surtout si c’est un Etat autoritaire. Or la liste des PECO dirigés par des gouvernements nationalistes et ouvertement europhobes n’a eu de cesse de s’allonger, c’est un point de fragilité. De surcroît, les coûts de production dans les PECO s’élèvent au fil du temps réduisant d’autant l’efficacité de cette stratégie.


- Autre source de la compétitivité industrielle allemande, la pression mise sur les coûts des services. La production industrielle comprend massivement des activités de services largement achetés à des prestataires externes dont le coût représente une très large part de la valeur ajoutée du produit fini. Longtemps l’Allemagne les à comprimer. Développement des « mini-jobs », absence de salaire minimum, etc., lui ont donné un avantage, avantage qui a quasiment disparu. Parce que des pays, comme la France, ont aussi développé leurs propres« mini-jobs » et que sous la pression interne comme celle venant de l’Union Européenne le gouvernement Merkel s’est résolu à mettre en place et à généraliser un salaire minimum à partir du 1er janvier 2015. Si bien que les courbes de salaires dans les services de l’industrie et les services marchands se sont croisées entre la France et l’Allemagne cette même année et l’écart se creuse depuis. Mais c’est aussi un véritable fossé qui s’est formé avec la concurrence italienne notamment.


- Autre élément de la compétitivité allemande le coût de l’énergie. L’abandon du nucléaire s’est effectué de concert avec le développement du renouvelable, certes, mais aussi pour partie par des importations massives de gaz en provenance de Russie destinées au chauffage domestique mais aussi à l’industrie. Cela a permis au pays de disposer d’une énergie bon marché et la construction de Nord Stream 2 devait donner un grand coup d’accélérateur à cette stratégie. La suite est connue, le pari est perdu et le coup est d’autant plus rude que le marché du gaz n’est pas unifié et que les hausses sont plus limitées pour les concurrents japonais ou américains par exemple.


- Dernier axe de la stratégie allemande se déployer vers le grande large, l’Eldorado des BRIC, la Chine plus particulièrement.
Peu importe que la stratégie allemande ait conduit à accélérer la désindustrialisation des autres pays de la zone euro et à comprimer leurs demandes intérieures européennes, les débouchés se situent ailleurs. En à peine plus de 15 ans, les exportations en Chine ont été multipliées par 4, faisant de l’Empire du Milieu avec un peu moins de 8% des débouchés le deuxième client du pays. Et ce n’est qu’une moyenne. Fer de lance de l’économie allemande, l’industrie automobile réalise 30% de son chiffre d’affaires en Chine. Or le difficultés s’accumulent pour l’économie chinoise. Si le court terme est marqué par les conséquences de sa stratégie « zéro Covid », le pays est aussi confronté à des problèmes structurels qui vont affaiblir son potentiel de croissance.

Bref, tous les éléments qui ont fait le succès du modèle allemand ces 20 dernières années vacillent les uns après les autres plaçant le pays dans une véritable impasse et le met face au défi de reformater son modèle.


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