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L'économie russe résiste-t-elle vraiment aux sanctions ?

Publié le jeudi 24 novembre 2022 . 5 min. 02

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Les récentes révisions des projections du PIB pour la Russie pour 2022 ont relancé le débat sur l’efficacité des sanctions économiques. Par deux fois, le FMI a en effet revu sa prévision de croissance du pays, passant d’une estimation apocalyptique à -8,5% en avril puis à -6% en juillet pour finir à -3,4% en octobre dernier. Quant aux évolutions de change, c’est à se demander si la Russie n’est pas en train de remporter la guerre du rouble. C’est ce que suggère l’évolution de la devise russe qui après avoir décroché de plus de 50% face au dollar le 7 mars 2022 par rapport à son point haut de février, a fait plus que regagner le terrain perdu et le surplombe depuis la mi-mai de 24 % en moyenne.


Excédents extérieurs pléthoriques


C’était pourtant bien l’arme de destruction massive qu’avaient jouée les Occidentaux pour saper le régime de Vladimir Poutine. Celle de l’effondrement de la devise, dont on connaît les conséquences en chaîne : renchérissement des produits importés, rationnement des importations donc de l’offre qui exacerbent les pénuries, ce cocktail pouvant conduire à l’effondrement de la croissance et à une flambée inflationniste, voire à l’hyperinflation.


Toutefois, les digues mises en place par le Kremlin semblent tenir jusqu’à maintenant : la croissance ne sombre pas, l’inflation après avoir atteint un pic à près de 18% en avril dernier reflue, permettant même à la banque centrale d’abaisser son principal taux directeur qui avait été drastiquement relevé pour soutenir le rouble. Quant aux excédents extérieurs, ils sont pléthoriques. À près de 16% du PIB, le solde courant est au plus haut depuis le début des années 2000. En d’autres termes, la Russie continue d’accumuler des devises étrangères, les caisses de l’État se remplissent aussi, ce qui permet de financer l’effort de guerre et de redistribuer en partie la manne pétrolière à la population sous forme de prestations sociales.


Une réalité moins favorable


Conclure sur une Russie « forteresse autonome » et à l’inefficacité des sanctions occidentales serait pourtant prématuré. Une vision trop macroscopique peut masquer une réalité moins favorable. D’abord, si l’économie russe s’est détachée de l’Europe et des États-Unis au fil du temps, ces deux blocs restent encore des fournisseurs importants avec une part de marché représentant 40% du total des importations du pays et sont même incontournables dans certains domaines comme le matériel de transport (automobile, aviation notamment).


À cet effet, les importations russes sont tombées à leur plus bas niveau depuis près de 20 ans en à peine quelques mois. Il faut y voir un double signe :


1. D’abord, celui des difficultés des industriels à s’approvisionner. Coupés d’une partie des marchés internationaux, les fabricants russes manquent de composants et l’industrie tourne au ralenti. Cela expliquerait notamment l’effondrement du taux d’utilisation des capacités de production. La bonne tenue du rouble n’est pas dans ce cadre d’un très grand soutien puisqu’il est impossible de se procurer des biens venant de la majorité des pays avancés.
2. Le second signe envoyé est celui du décrochage de la demande domestique comme l’indique la chute de 14% du volume des ventes au détail depuis leur dernier point haut de février 2022, faute de produits très probablement, mais aussi parce que le pouvoir d’achat est malmené malgré les mesures de soutien. Les immatriculations d’automobiles neuves ont notamment sombré à moins d’un 1 million de véhicules sur les 12 derniers mois à fin septembre, chiffre le plus faible depuis 20 ans. Outre le manque d’allant de la demande, c’est bien aussi la marque d’une industrie locale incapable de prendre le relais des imports.


La production de gaz à un plus bas depuis 1998


La quantité d’hydrocarbures produite est également riche d’enseignements. Le niveau de production de gaz s’est effondré pour tomber à son plus bas niveau depuis 1998. Quant à celui du pétrole, il reste écarté de son pic pré-pandémie alors que se profile l’embargo total européen sur le pétrole russe. Certes la Chine et l’Inde pourraient se substituer à l’Europe, mais seulement partiellement. L’offre d’hydrocarbure russe va inévitablement se contracter et l’on comprend mieux l’empressement du pays à consolider son alliance avec l’Arabie saoudite au travers de l’OPEP + afin d’obtenir une réduction des quotas pour faire augmenter les prix. Or, les dernières tendances ne vont pas dans le bon sens.


Enfin, le principal indicateur boursier est passé d’environ 4 000 en février à environ 2 000 aujourd’hui, soit une baisse de 50%. Le départ d’un grand nombre d’entreprises occidentales et le million de Russes qui auraient émigré selon le FSB complètent le tableau.


L’économie russe ne s’est pas écroulée, c’est un fait, un fait statistique du moins, dans le cadre d’une comptabilité nationale que l’on peut suspecter de minimiser le décrochage de la demande intérieure. Mais les sanctions sont plus efficaces qu’on le croit. Simplement les effets qu’elles produiront sur les richesses créées n’ont pas achevé de se diffuser et ne sont probablement pas entièrement dévoilés dans la comptabilité officielle du PIB.


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