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ACCUEIL ECONOMIE Décryptage éco La Chine en route vers...
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30/03/202104:18

La Chine est devenue si importante pour le business que cela vaut bien quelques entorses à la moralité. La couverture de l’hebdomadaire britannique The Economist et la teneur de l’article référant sont à cet égard sans équivoque : pour continuer de traiter avec l’Empire du Milieu, il faut parfois faire fi de ses convictions et passer par pertes et profits la liberté de 7,5 millions de Hongkongais par exemple.


Une plaque tournante


Acteur mineur du commerce international au milieu des années 90, la Chine s’est installée tout en haut de l’affiche : elle représente désormais plus de 12% des exportations mondiales de biens et services et un peu plus de 10% des importations, ce qui place l’Empire du Milieu au 1er rang des pays exportateurs devant les États-Unis et l’Allemagne, mais aussi à la 2e place des pays importateurs derrière l’Amérique. Comme souvent, la crise a renforcé et accéléré certaines tendances de fond. Malgré un monde à l’arrêt et un commerce mondial en recul, les exportations chinoises ont continué d’augmenter pour atteindre des niveaux inégalés.


Pour prendre la pleine mesure de la place de la Chine, un simple décompte suffit. Avant même la pandémie, sur les 25 plus grands pays importateurs de biens au monde, les industriels chinois sont près d’une fois sur deux leur 1er fournisseur et intègrent le top 3, neuf fois sur dix. Et encore, cette ascension fulgurante rend insuffisamment compte de son rôle réel de plaque tournante. La mondialisation a complètement transformé les chaînes de valeur qui dans nombre d’activités ont éclaté tout en devenant plus globales. La part de la valeur ajoutée chinoise dans la demande finale mondiale de produits manufacturés est ainsi passée en seulement 10 ans de 9 à près de 25%, ce qui place l’économie chinoise largement en tête du classement mondial, loin devant les États-Unis, le Japon et l’Allemagne.


En resserrant cette vision panoramique, l’intégration de la Chine apparaît particulièrement élevée : dans le textile-cuir-habillement où la part de la valeur ajoutée du « made in China » dans la demande finale mondiale monte à près de 40%, mais c’est aussi le cas dans la sidérurgie et la métallurgie à plus de 29%, dans le secteur des machines et équipements (28%) jusqu’à encore près de 24% dans la chimie et les produits minéraux non métalliques qui complètent le top 5.


Un producteur à haute valeur ajoutée


Un poids croissant qui s’est accompagné d’une transformation majeure du pays passé du simple rôle d’établi bon marché à celui de producteur de biens et services à plus haute valeur ajoutée, proche parfois de la frontière technologique. La sino-dépendance est ainsi très élevée dans l’informatique, l’électronique. Elle est même quasiment totale sur des segments de l’industrie pharmaceutique (tel que le paracétamol, la pénicilline, l’ibuprofène) et elle est surtout très bien organisée. C’est le cas du véhicule électrique avec la mainmise des industriels chinois sur les batteries automobiles, qui détiennent les 2/3 des capacités de production mondiale. Et cette hégémonie s’étend à l’amont où la Chine truste le tiers de la production mondiale de lithium et contrôle la moitié de l’extraction de cobalt de la République démocratique du Congo, pays qui assure à lui seul 70% de la production mondiale.


Et quand le pays détecte un maillon faible, il se met rapidement en ordre de marche pour l’investir. C’est le cas du secteur stratégique des semi-conducteurs, dans lequel la Chine a du retard. Elle fait certes partie du top 5 mondial des pays producteurs, mais elle est à la traîne notamment pour les puces les plus sophistiquées et très loin de l’autosuffisance et c’est bien pourquoi Pékin a décidé de directement investir 150 milliards de dollars pour développer sa filière.
Outre les exportations, la projection chinoise à l’internationale passe aussi très directement par la construction dans nombre de pays asiatiques, mais aussi africains, de routes, chemins de fer, oléoducs, gazoducs, barrages, aéroports et installations portuaires.


Le yuan, un futur dollar


Il manque néanmoins la dimension monétaire : que le yuan devienne une devise clé, comme le dollar, pour que la Chine soit totalement incontournable. Ce modèle de la devise clé est lié à l’hégémonie (économique, militaire, culturelle et idéologique) d’une puissance qui assure la sécurité des échanges, dont l’offre est compatible avec la demande de liquidités internationales et acceptée par les pays leaders qui pèsent dans le monde. Ces derniers trouvant plus d’avantages aux échanges que d’inconvénient à la subordination induite. Si les États-Unis étaient jusqu’ici les seuls à disposer de ces attributs, la Chine les conquiert les uns après les autres et travaille à la convertibilité totale du yuan. C’est l’ultime étape et pour éviter l’affrontement entre les zones monétaires, il faudra bien composer avec l’Empire du Milieu et lui faire une place, celle d’une économie devenue incontournable.


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