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La Suisse : les recettes d'une performance hors normes

Publié le lundi 20 juin 2022 . 5 min. 23

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Forte spécialisation en chimie-pharmacie, faible dépendance aux secteurs les plus touchés par la pandémie, restrictions sanitaires moins strictes qu’ailleurs en Europe, donc moins pénalisantes pour l’activité, soutient public fédéral aux entreprises, et retombées indirectes (mais massives) des plans de relance de ses principaux partenaires. Voilà les 5 soutiens qui ont permis à la Suisse :


1. d’échapper à une récession violente en 2020. Le recul de 2,5% du PIB est simplement comparable au choc subit en 2009 alors que de leurs côtés les grandes économies européennes subissaient un décrochage inédit depuis 1945 ;
2. de se redresser rapidement. Dès la mi-2021 le niveau d’activité retrouve celui de la fin 2019 et le dépasse nettement par la suite.


Excédents extérieurs, principal pilier de la croissance


Un tour de force réalisé sans dégradation ou presque des finances du pays. Le solde public a certes viré au rouge en 2020, mais à moins de 3% du PIB, le déficit est resté mesuré. Surtout, il a commencé à se résorber dès l’année suivante et le retour à l’équilibre, sinon à une situation d’excédent, est attendu dès 2022. Quant au gonflement de l’endettement public, à moins de 45% du PIB en 2020, il est dérisoire et était déjà en train de se réduire l’année dernière.


Aucune économie européenne d’envergure ne se retrouve en si bonne posture. Une position envieuse dont la principale contributrice est la puissance exportatrice du pays qui débouche sur une balance commerciale archi-excédentaire. C’est une véritable énigme pour un pays sans ressources naturelles, sans accès à la mer et qui doit composer avec une monnaie forte et un coût du travail élevé. Les excédents extérieurs sont pourtant bien là. Ils sont le principal pilier de la croissance helvète et n’ont cessé d’augmenter depuis le début des années 2000, pour quasiment représenter 8% du PIB. L’Allemagne, la superpuissance exportatrice de la zone euro est débordée.


Des pôles d’excellence industrielle


Et c’est bien le dynamisme des exports et non l’enfoncement des importations qui fait les excédents. Des excédents qui se concentrent autour de quelques pôles d’excellence industrielle. Avec en figure de proue, l’industrie pharmaceutique, emmenée par Novartis et Roche, un secteur pharmaceutique qui représente un tiers environ des exports. Mais des positions fortes aussi dans la métallurgie, les équipements électriques, les instruments de précision, l’optique, l’horlogerie, la bijouterie-joaillerie et les IAA avec le géant Nestlé. Au-delà de quelques grands groupes emblématiques, la Suisse, dispose surtout d’un tissu très dense de PME tournées vers l’extérieur, organisé en écosystème qui n’est pas s’en rappeler l’organisation productive italienne, avec ce souci permanent d’échapper à la concurrence par les coûts donc de développer des produits de niche, haut de gamme, permettant de pratiquer des prix élevés.


Une absolue nécessité compte tenu de la force du franc suisse, notamment face à l’euro. Depuis son dernier point bas de 2008, le franc s’est revalorisé de 61% et se situe à son pic historique. Cela a néanmoins un avantage. C’est un bouclier contre la hausse des prix des matières premières importées et explique pourquoi l’inflation est en Suisse près de 3 fois inférieure à celle de la zone euro et mordra moins sur le pouvoir d’achat.


La force de l’industrie bancaire


Grands groupes, écosystèmes de PME, spécialisation sur des marchés de niche, salariés hautement qualifiés, investissements élevés dans la R&D et le système universitaire, fiscalité, protectionnisme sont souvent mis en avant pour expliquer la force de l’industrie suisse et le succès de son économie. Ils y contribuent c’est certain, mais il en manque un, le réacteur principal : la force de l’industrie bancaire. Le secteur financier contribue très directement à la création de plus de 9% du PIB et emploie 5,2% de la population active. C’est environ deux fois plus qu’en France.


Et encore ces chiffres ne mesurent pas les effets d’entraînement sur les autres secteurs. Sans oublier qu’il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg. Le total des avoirs sous gestion dans les banques suisses a frôlé les 8 000 milliards de francs (environ 7 500 milliards d’euros), soit l’équivalent du PIB de l’Allemagne, de la France et de l’Espagne ! Une belle enveloppe en hausse quasi constante et pour moitié entre les mains de riches investisseurs résidant à l’étranger, attirés par une fiscalité attractive et une très grande discrétion bancaire, qui font de la Suisse le leader dans le domaine de la gestion de fortune transfrontalière dite offshore.


La place financière contribue ainsi grandement aux recettes des pouvoirs publics par la voie des impôts directs et indirects entre 17 et 19 milliards de francs suisses entre 2018 et 2020, c’est plus de 12% des recettes fiscales de la Confédération, des cantons et des communes. Des recettes qui permettent de financer les infrastructures, le système éducatif, la recherche, etc. Loin de s’opposer, la place financière et l’industrie sont complémentaires et se renforcent mutuellement.


Bref, la Suisse, c’est l’histoire d’une rente financière, peut-être indue, mais parfaitement utilisée pour bâtir de véritables avantages compétitifs. À court terme, ce qui commence à ressembler à un krach boursier est évidemment une très mauvaise nouvelle. Mais plus inquiétant encore : la montée de la concurrence des places asiatiques (Hong Kong, Singapour). L’époque où la Suisse gérait plus de la moitié de la fortune mondiale offshore est bien révolue et ce sont paradoxalement les industriels qui pourraient en payer les pots cassés.


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