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Pour Recep Tayyip Erdogan, le conflit ukrainien est une opportunité historique. Les détroits du Bosphore et des Dardanelles, nœuds stratégiques entre la mer Noire et les autres mers navigables, se situent dans l’espace maritime de la Turquie. Leur statut, régi par la convention de Montreux signée en 1936, reconnaît la libre circulation pour le trafic civil tout en permettant des restrictions pour les navires militaires en cas de guerre. Une porte aujourd’hui verrouillée par Ankara. Une épine dans le pied pour la Russie. Mais une fédération russe, ménagée par ailleurs par le président turc qui refuse de voter toutes sanctions économiques à l’encontre de son voisin maritime et s’oppose à l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN. À cela s’ajoute la préparation d’une offensive en Syrie dans l’optique de faire reculer les forces kurdes.


Grogne sociale


L’homme fort d’Ankara fait donc feu de tout bois pour faire valoir la place de la Turquie dans les relations internationales. Un message fort envoyé vers l’extérieur, mais destiné aussi à l’intérieur. L’objectif : jouer sur le sentiment nationaliste à un an des élections présidentielles pour calmer la grogne sociale. Objet de tous les mécontentements : l’inflation galopante. Elle a atteint officiellement près de 74% en mai dernier, beaucoup plus selon certains économistes turcs qui la situent à 160%. Quoiqu’il en soit, la flambée des prix de l’énergie jusqu’à 225% pour le diesel et de l’alimentaire avec des hausses proches de 100% pour des produits emblématiques comme le pain, l’huile de tournesol, la farine jusqu’à quasiment 130% pour la volaille sont très douloureuses pour les classes populaires.


Nécessaire, la revalorisation de 50% du salaire minimum en janvier dernier est insuffisante et nombre de salariés s’enfoncent dans la précarité voire la pauvreté. De quoi alimenter les frustrations et saper le moral des ménages qui n’est jamais tombé aussi bas depuis l’arrivée au pouvoir d’Erdogan. Or, ce sont les conséquences de l’hyperinflation du début des années 2000 sur le budget des ménages qui l’ont porté au pouvoir.


La croissance à n’importe quel prix !


Comme partout dans le monde, l’inflation tient en partie à la flambée des cours de matières premières contre laquelle le gouvernement n’a pas de prise. Mais il y a un élément spécifique à la Turquie qui la rend explosive : l’obstination des autorités à maintenir les taux d’intérêt à bas niveau. La croissance à tout prix ! N’importe quel prix. Ce mantra, c’est en effet celui de Recep Tayip Erdogan. Une croissance achetée à crédit par la farouche volonté du Président de réduire le coût de l’argent en exigeant de la Banque centrale, censée être indépendante, qu’elle diminue ses taux. Et trois gouverneurs récalcitrants ont été limogés depuis juillet 2019. Un crédit bon marché, cela a été très efficace pour soutenir la consommation et l’investissement et permis au pays d’afficher 11,2% de croissance en 2021 après avoir évité la récession en 2020. Mais cela gonfle ipso facto la masse monétaire qui nourrit l’augmentation des prix.


Cela se paie cash aussi sur le marché des changes, dégradant la rémunération des placements turcs et poussant les investisseurs à bannir la livre. Ménages et entreprises fuient également : les deux tiers des dépôts d’épargne sont en devises. La livre turque a complètement dévissé face au billet vert passant de moins de 6 livres pour un dollar début 2020 à 19 aujourd’hui, une chute de près de 65%.


Alors, certes la faiblesse de la livre a l’avantage de rendre plus compétitifs les produits turcs, mais cela rend aussi beaucoup plus chères les importations, notamment les produits intermédiaires que les industriels transforment, l’économie turque étant insérée dans les chaînes de valeur internationales. Le solde courant reste négatif et ne s’améliore pas vraiment, minant la capacité du pays à accumuler des devises.


La croissance turque, comme celle de beaucoup de pays émergents, repose avant tout sur l’afflux de capitaux extérieurs, notamment des investissements directs. Sauf que ces derniers ne couvrent pas le déficit courant. Le pays doit donc largement faire appel à la hot money, ces capitaux très volatils à l’affût des meilleurs rendements.


Une croissance tirée par le crédit c’était le plus court chemin pour obtenir des résultats. Une solution de facilité alors que le pays dispose d’énormes atouts au-delà même de sa situation géographique : un vaste marché intérieur composé de 85 millions d’habitants, une population jeune, formée et instruite, une large base industrielle et exportatrice complétés d’un important secteur touristique de qualité, un tissu entrepreneurial dynamique et, enfin, une diaspora importante.


Nationalisme, populisme, court-termisme gâchent aujourd’hui tous ces points forts.


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