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La concurrence exacerbée pour les talents et la main d'oeuvre en Europe

Enregistré le jeudi 11 mars 2021 . 4 min. 17

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On connaissait déjà la concurrence fiscale et sociale en Europe. Il faut désormais ajouter une troisième dimension : la concurrence démographique. Et avec le développement du télétravail, cette compétition va se durcir.


Attirer les jeunes talents pour renforcer sa force de travail


Il faut partir d’un facteur commun à tous les pays européens : la baisse relative de la part de la population en âge de travailler, c’est-à-dire les 15-64 ans par rapport à la population totale, passée de près de 67,5% au début des années 2000 à 64% en 2020. Pour certaines grandes nations, ce recul n’est pas uniquement relatif, mais s’établit aussi en termes absolus si bien qu’entre le pic de 2009 et aujourd’hui, le nombre des 15-64 ans a diminué de 7,6 millions individus dans l’UE à 27. C’est l’équivalent de la force de travail de la Belgique qui a disparu d’Europe en à peine plus de 10 ans et la tendance va aller en s’accélérant. Selon les projections centrales d’Eurostat, la part des 15-64 ans devrait continuer de se réduire pour représenter moins de 57% de la population totale d’ici 2050. La saignée est impressionnante à horizon cet horizon. Elle représente plus de 37 millions de travailleurs en moins, soit l’équivalent de la force de travail italienne.


Cette attrition du volume de travail mobilisable touche le socle de la croissance potentielle, même si les gains de productivité et la hausse du taux de participation au marché du travail peuvent amortir le mouvement à la marge. Avec à la clé un alourdissement du coût de la dépendance (retraites, santé) qui pèse sur le déficit public.


Attirer les jeunes talents pour venir renforcer sa propre force de travail est donc devenu un levier d’action décisif pour certains États et la concurrence démographique, bien compris comme étant la capacité prédatrice d’un État à siphonner les talents de ses plus proches voisins, déjà à l’œuvre, va inévitablement s’exacerber au cours des prochaines années.


Les gagnants et les perdants


L’approche par le solde migratoire global donne une première information. Tous les pays, sans exception, dont le solde est négatif se situent à l’Est ou au Sud de l’Europe, avec un record pour la Roumanie. Rapportée à la population des pays pour éliminer l’effet taille, ce sont deux états baltes, la Lituanie et la Lettonie les plus pénalisés par la compétition démographique. Centrer l’analyse sur les 20-34 ans permet de mieux saisir l’ampleur du phénomène. La Lituanie se retrouve ainsi avec un déficit migratoire cumulé de plus de 54 000 jeunes entre 2013 et 2019, quand elle enregistre à peine 30 000 naissances par an. La Pologne, 6e pays européen par la taille de sa population, se retrouve aussi en déficit sur cette tranche d’âge. Certes, la tendance s’est inversée depuis 2018, mais sur 10 ans, c’est une perte de plus de 54 000 individus.


Les évolutions dans les deux économies majeures du Sud sont plus difficiles à décrypter :


- L’Italie est devenue une principale porte d’entrée de migrants venus d’Afrique fuyant la guerre et la misère. Cela masque en partie l’hémorragie des jeunes talents locaux. Or, sur les 15 dernières années, près de 570 000 personnes nées en Italie âgées entre 20 et 34 sont parties, soit l’équivalent d’une population comme Gênes, 6e ville du pays, avec une nette accélération depuis la grande récession de 2008-2009.
- En Espagne, c’est à un véritable exode auquel le pays fait face entre 2009 et 2013, 5 années durant lesquelles près de 880 000 jeunes ont quitté le pays, un chiffre à comparer aux 430 000 naissances annuelles enregistrées en moyenne sur la période. Et si le soufflé est retombé, 100 000 jeunes environ quittent le pays chaque année.
- Quant à la France, elle est en léger déficit.


Si certains perdent, d’autres gagnent. Ils sont situés au Nord. En Allemagne, entre les départs et les arrivées des jeunes, le solde est structurellement positif d’environ 200 000 personnes en moyenne par an depuis 10 ans. Autres bénéficiaires de ces mouvements, l’Autriche, la Suisse, le Royaume-Uni (avant le Brexit), la Belgique, les Pays-Bas et la Suède. Autant de pays qui affichent des soldes migratoires excédentaires, l’Allemagne et le Royaume-Uni constituant les deux principaux pôles d’attraction.


Et comme après chaque crise, la tendance à la concurrence démographique va se renforcer avec cette fois-ci une nouveauté en plus. La montée en puissance du télétravail ouvre des options en matière de mobilisation géographique de la main-d’œuvre en élargissant la concurrence notamment dans le domaine des services. Avec le risque, plus que jamais, que l’Europe se transforme en communauté de problèmes partagés, mais de solutions égoïstes.


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