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Un des effets collatéraux de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le prix des produits agricoles flambe. Ce n’est pas un hasard, car il ne faut jamais perdre de vue qu’en matière de marchés agricoles, la situation peut très vite dégénérer : ce sont des marchés étroits, concentrés, dont l’offre est rigide à court terme.


Céréales : la guerre fait peser un risque sur deux des principales zones de production


C’est notamment le cas des céréales : en moyenne sur les 5 dernières saisons, environ 17% seulement de la production mondiale a fait l’objet d’échanges sur les marchés mondiaux, le reste étant consommé dans les pays producteurs. Et près d’une tonne sur quatre exportée provient soit de l’Ukraine soit de la Russie qui a fait du « réarmement agricole » une priorité après les sanctions européennes qui avaient suivi l’invasion de la Crimée en 2014. Le Kremlin avait en retour imposé un embargo sur les importations européennes et en avait profité pour augmenter sa production nationale.


Emblavement des terres et rendements n’ont cessé de progressé dans la région et les producteurs locaux ont pris des positions dominantes dans le pourtour méditerranéen, en évinçant les producteurs français notamment. Certains pays comme l’Égypte ont des stocks confortables, mais pas tous. Et si l’Argentine et l’Australie ont eu de très bonnes récoltes, ils ne pourront pas répondre à la totalité des besoins des pays importateurs. Idem, la France pourra fournir un peu de blé et d’orge, mais ne sera pas en mesure de fournir du maïs aux pays voisins qui ont peu de réserve comme l’Italie ou l’Espagne. Et c’est bien pourquoi les cours du blé, du maïs et autres s’envolent, car le risque que fait peser la guerre sur deux des principales zones de production est grand.


Effets dévastateurs


Bref, en à peine 2 mois, les prix ont progressé de 20%. Ce mouvement est en outre à replacer dans un contexte déjà haussier qui a vu les prix être multipliés quasiment par deux depuis début 2020, entraînant dans leurs sillages les prix alimentaires.


L’indice FAO qui agrège les prix sur les marchés internationaux de plusieurs denrées de base (céréales, sucre, viande, produits laitiers, huile) était en passe de se hisser dès janvier dernier (soit avant la guerre en Ukraine) à son record absolu de février 2011 et à court terme le mouvement haussier risque de perdurer. En raison du contexte international bien entendu, mais aussi parce que les cours du pétrole s’envolent, renchérissant les coûts des engrais, des pesticides ou de l’énergie et renforce l’intérêt pour les agrocarburants qui entrent en concurrence dans l’utilisation des terres arables. Si l’indice de la FAO ne reflète que partiellement le prix réellement payé par le consommateur, les hausses sont bien réelles dans de nombreux pays, en particulier ceux qui dépendent des importations. Et les effets peuvent être dévastateurs ; les conséquences incontrôlées :


- Qui s’en souvient, mais les événements de la place Tian'anmen qui se déroulent entre avril et juin 1989 sont précédés d’une accélération folle de l’inflation chinoise à la suite de la flambée des prix alimentaires, alors que les salaires, majoritairement réglementés par l’État, ne suivent pas. L’aspiration à plus de liberté bien sûr, mais ce mouvement s’est aussi nourrie d’hyperinflation alimentaire.


- Il ne faut pas se tromper non plus sur les printemps arabes, dont le catalyseur a été l’envolée des prix alimentaires. Il suffit d’observer l’évolution des prix mondiaux des céréales qui doublent en quelques mois et de caler certains événements : début 2011, les affrontements ont lieu en Tunisie et Ben Ali quitte le pouvoir quelque temps après. Une onde de choc qui va gagner l’Égypte dès le 25 janvier et pousse Moubarak à abandonner le pouvoir en février.


- Plus récemment, en avril 2019, au Soudan, le dictateur Omar el-Bechir est renversé à la suite de 4 mois de manifestations nées du triplement du prix du pain.


Le gouvernement égyptien a assuré avoir 9 mois de réserve de blé, l’Algérie 6, la Tunisie peut tenir jusqu’en juin, la Syrie 2 mois et le Liban encore moins. En Afrique subsaharienne, outre le Soudan, le Nigéria, le Kenya, la Tanzanie sont de grands importateurs de blé. Entre risque de pénuries et flambée des prix, une partie du monde est assis sur une poudrière qui pourrait être à l’origine de nouvelles révoltes et tensions sociopolitiques.


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