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La "grande démission" en France : exagérations et clap de fin

Publié le mardi 20 septembre 2022 . 4 min. 52

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Les démissions sont au plus haut en France depuis 2008, à tel point qu’on parle désormais de « grande démission », expression faisant référence à la situation du marché du travail américain post-covid, marqué par un nombre massif de travailleurs quittant leur emploi que ce soit pour en intégrer un autre immédiatement, en chercher un autre ou se mettre en retrait de la vie active.


Le chiffre des démissions à relativiser


En France, le nombre de démissionnaires atteint lui aussi un niveau historiquement élevé. Avec plus de 520 000 départs par trimestre, c’est plus que l’ancien record de 2008 et cela concerne massivement les emplois les plus stables, c’est-à-dire les CDI. Il faut toutefois relativiser ce chiffre :


- D’abord, cette donnée en valeur absolue ne tient pas compte de l’évolution de l’emploi. C’est pourquoi il est préférable de la rapporter au nombre total de salariés, c’est-à-dire de calculer un taux de démission. Les statistiques de la Dares, Direction rattachée au ministère du Travail, permettent de disposer d’une série longue concernant le taux de démission dans les entreprises de 50 salariés ou plus. À 2,1% il atteint un haut niveau, c’est indéniable, mais il ne s’agit pas du pic de la série qui se situe au 1er trimestre 2001.
- En outre, le taux de démission est indicateur cyclique, car très sensible à la conjoncture. Il est bas durant les périodes de crise. C’est le cas entre 1993 et 1995, lors de la grande récession de 2008-2009 et enfin au plus profond de la crise de la covid-19. En revanche, il augmente pendant les périodes d’expansion et sa remontée est d’autant plus vive que l’embellie est rapide. C’est le cas au début des années 2000 où la croissance s’envole, comme en 2008. Quand le chômage est en baisse, que nombre de chefs d’entreprise se plaignent du manque de main-d’œuvre, de nouvelles opportunités d’emplois apparaissent, incitant à démissionner plus souvent.


Pas de désertion du marché du travail en France


La hausse du taux de démission est donc d’abord le symptôme de la bonne santé du marché de l’emploi, et l’expression d’un fort besoin de réallocation de compétences. En revanche, cela devient une sérieuse épine dans le pied si elle est associée à un nombre inhabituel de retraits de la vie active de personnes en âge de travailler. C’est le cas aux États-Unis. Ainsi, après être tombé très bas au plus fort de la pandémie, le taux d’activité des Américains, compris comme étant le nombre de personnes en emploi ou à la recherche d’un job rapporté à la population en âge de travailler, ne parvient pas à restaurer ses niveaux d’avant crise. Parce que certains travailleurs ont anticipé leur départ à la retraite. Parce que d’autres, découragés, se sont volontairement mis hors du marché du travail. C’est un frein certain à la reprise américaine. Facteur aggravant, cela ampute la croissance potentielle du pays qui dépend en partie de sa capacité à mobiliser sa main-d’œuvre.


Or, rien de tel en France. À près de 73,5%, le taux d’activité de la population des 15-64 ans est à un pic historique. Il n’y a donc pas de grande désertion du marché du travail. Cette hausse du taux d’activité globale est d’abord portée par les jeunes de 15 à 24 ans, notamment parce que les étudiants sont de plus en plus nombreux à avoir repris un petit boulot en parallèle à leurs études. Cela écorne aussi, au passage, l’image véhiculée d’une jeune génération en rupture totale avec le marché de l’emploi, qui aurait perdu le goût du travail.


La grande « rotation »


À l’autre bout du spectre, le taux d’activité chez les seniors progresse également sous l’impact des réformes des retraites successives qui ont poussé l’âge moyen du départ à la retraite à près de 63 ans, contre 61 au milieu des années 2000. Ces évolutions structurelles pourraient masquer une tendance de fond beaucoup moins favorable de la cohorte des 25 -49 ans, la plus importante. Or, si l’évolution est moins tranchée qu’aux deux bouts de l’échelle, le taux d’activité est revenu ou presque à son niveau pré-pandémie, permettant de définitivement mettre un clap de fin sur le phénomène de la grande « démission » en France, pour en faire en vérité une grande « rotation ». Une « grande rotation » liée à un rapport de force favorable aux salariés qui mettent en concurrence les entreprises pour bénéficier de meilleures conditions d’emploi, doublée d’une grande « reconversion », c’est-à-dire d’une bascule vers les nouvelles professions.


Cela ne tient qu’au fil de la solidité du marché du travail qui, en dépit de deux séismes majeurs, la crise de la Covid et la crise énergétique inhérente au conflit ukrainien, a remarquablement résisté et a dû s’adapter aux à-coups violents de la structure de la demande, offrant de nouvelles opportunités aux travailleurs. Toutefois, au moment où la France entre dans une phase de récession amortie, où les entreprises vont être rattrapées par les problèmes de demande, avec toutes les conséquences en chaîne notamment sur l’emploi, la bougeotte devrait bientôt prendre fin.


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