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Par bien des aspects, la Suisse est une énigme économique. Voilà un pays dénué de matières premières, enclavé sans accès maritime, doté d’une monnaie forte, caractérisé par le coût de sa main-d’œuvre parmi les plus élevés au monde qui parvient à maintenir une base productive puissante et d’une compétitivité exceptionnelle.

Les raisons de la performance commerciale à l’export

La comparaison entre les dynamiques industrielles européenne et suisse est sans nuance et l’écart se creuse, même avec l’Allemagne. L'étroitesse du marché intérieur oblige, le « made in Switzerland » est exporté et les excédents commerciaux s’empilent. Ils ont représenté près de 4% du PIB sur les 20 dernières années. Cette performance se retrouve au croisement de trois caractéristiques majeures de l’économie helvète :


1. La Suisse dégage d’abord une productivité par tête nettement plus élevée que dans la zone euro et elle progresse davantage. Cette plus grande efficacité au travail des travailleurs renvoie aussi bien à une main-d’œuvre hautement qualifiée en liaison avec un système éducatif performant qu’aux efforts d’innovation et de modernisation des entreprises.
2. L’effort en R&D est plus intense que celui fourni par les pays de l’OCDE et le nombre de brevets par habitant est près de 7 fois plus élevé par rapport à l’Union européenne.
3. Le haut niveau de la productivité suisse porte aussi la marque de la spécialisation sectorielle du pays, deuxième socle du succès. En matière industrielle, c’est une hyperspécialisation sur des secteurs à forte intensité capitalistique : la chimie-pharmacie avec de grands groupes comme Novartis ou Roche ; la mécanique de précision, d’optique et les équipements électriques ; l’horlogerie-bijouterie-joaillerie ; les machines-outils ; la métallurgie et enfin les IAA avec en tête de proue Nestlé.


Mais au-delà de quelques grands groupes emblématiques, la Suisse dispose surtout d’un tissu très serré de PME tournées vers l’export, organisées en écosystème. Le principal objectif est d'échapper à la concurrence par les coûts donc de développer des produits de niche, haut de gamme, permettant de pratiquer des prix élevés. Cette stratégie offre en outre l’avantage de faciliter les transferts de compétences et de savoir-faire entre les entreprises, tout en renforçant l’attractivité pour les salariés qualifiés grâce à des opportunités professionnelles abondantes.

Un secteur financier hypertrophié

À côté de l’industrie, c'est aussi un pôle financier hypertrophié. Il génère directement 9,4% du PIB du pays et emploie 4,4% de la main-d’œuvre, plus en comptant les effets indirects. C’est le double par rapport à la zone euro. Outre son poids économique, le secteur financier contribue grandement aux finances publiques. Les impôts prélevés par la Confédération, les cantons et les communes, liés directement et indirectement aux activités financières ont ainsi représenté plus de 13% des recettes fiscales totales de la Suisse en 2021. Des recettes qui permettent de financer les infrastructures, le système éducatif, la recherche, etc. Loin de s’opposer, la place financière et l’industrie sont complémentaires et se renforcent mutuellement.

Un équilibre étrange entre fiscalité et protectionnisme

La Suisse, c’est une rente financière, peut-être indue, mais parfaitement utilisée pour bâtir de véritables avantages compétitifs. Il faut enfin évoquer l’équilibre un peu étrange entre fiscalité et protectionnisme. Même si les comparaisons internationales en matière fiscale sont ardues, quelques ordres de grandeurs : le taux d’imposition sur les sociétés est légèrement inférieur à 15% tandis que le taux normal de TVA se situe à 7,7%, des niveaux bien en deçà de ceux pratiqués par les principaux pays européens. De plus, le taux d’imposition sur les personnes physiques figure parmi les plus bas d’Europe. À quoi s’ajoute la mise en place de barrières commerciales en faveur de l’industrie et de l’agriculture. La Suisse ne saurait être un îlot de prospérité dans une Europe en déclin, les économies sont trop liées. Mais il est incontestable qu'à chaque grande crise, le pays résiste mieux et rebondit plus rapidement, creusant ainsi l’écart. Une grande part de cette résilience est attribuable à la puissance de son industrie, ce pilier qui continue de soutenir l'économie suisse.


Publié le jeudi 26 octobre 2023 . 4 min. 12

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