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La souveraineté alimentaire européenne menacée

Publié le mardi 29 mars 2022 . 4 min. 33

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La stratégie agricole européenne à 2030 est un véritable chiffon rouge agité devant une grande partie des agriculteurs. Appelée « farm to fork » de la « ferme à la fourchette », elle s’inscrit dans la volonté de parvenir à la neutralité carbone en 2050. Elle consiste entre autres à réduire de moitié l’usage des pesticides et des antibiotiques pour les animaux d’élevage et en aquaculture, de 20% les épandages d’engrais, de pousser à 25% la part des terres agricoles en agriculture biologique et de requalifier 10% des terres agricoles en haute diversité biologique (mares, haies, etc.). Bref, de diminuer de 10% les surfaces cultivées. La souveraineté alimentaire européenne en est-elle menacée pour autant, un sujet d’autant plus sensible avec l’épisode de la Covid 19 et la guerre en Ukraine ?


Au bout, il y aura recul de la production


L’étude d’impact mené par le Département américain de l’Agriculture dans le cas où seule l’UE adopterait la stratégie « Farm to Fork » quantifie à 12% la baisse de la production agricole et agroalimentaire de l’UE. Ce n’est qu’une moyenne. En grandes cultures, compte tenu de la chute des rendements, l’USDA prévoit une baisse de 49% de la production de blé et de 20% pour les autres céréales. À la clé aussi, une hausse des importations de 2%, et une chute des exports de 16%.


L’étude réalisée cette fois-ci par le Centre commun de recherche de la Commission européenne estime à 15% la baisse l’offre de céréales et à 14% celle de l’élevage. Bien entendu les méthodologies peuvent être contestées. Elles n’intègrent pas par exemple les modifications de comportements des consommateurs (comme la végétalisation des régimes alimentaires), de même que la mesure de l’impact réel sur les rendements des changements de pratiques est discutable.


Toutefois au bout il y aura recul de la production. Et la question est bien de déterminer si l’Europe peut se le permettre. Pour jauger de sa souveraineté alimentaire, il importe de bien savoir quelle part des approvisionnements intérieurs disponibles provient des importations et quelle part provient de la production du territoire lui-même. Le taux de dépendance aux importations répond à cette question. Il se définit comme le rapport entre les importations divisées par la demande locale, c’est-à-dire la production domestique à laquelle sont ajoutées les importations et soustrait les exportations. Ainsi calculé, le TDI de l’UE était proche de 29% en 2019, un chiffre stable depuis 2016.


Le taux d’autosuffisance complète le bilan. Il se calcule cette fois-ci en rapportant la production domestique à la demande locale, en d’autres termes, est-ce que l’offre interne est suffisante ? Plus le taux est élevé, plus la zone se rapproche de l’autosuffisance. En Europe, il voisine autour de 105%, voire plus.


Une souveraineté européenne écornée


Cette vision macroscopique pourrait toutefois masquer des points faibles, c’est pourquoi il est préférable d’analyser certaines lignes de produits essentiels :


• Parmi les 3 principales céréales, le blé se situe nettement au-dessus de 100%, mais pas le maïs et encore moins le riz pour des raisons évidentes.
• En raison de la nature hautement périssable des produits laitiers, les échanges internationaux se limitent pour l’essentiel aux fromages, laits en poudre et poudres de lactosérum et, plus marginalement, au beurre. Quatre lignes de produits où l’autosuffisance est largement assurée depuis de nombreuses années.
• L’Union européenne semble aussi à l’abri dans le domaine de la viande, la barre des 100% est amplement franchie pour la viande porcine, de volaille ou bovine. En fait, le seul grand déficit se trouve du côté de la viande ovine.
• La zone la plus sombre se situe du côté de l’alimentation animale. La faiblesse du taux d’indépendance aux protéines végétales est ancienne, c’est un héritage de l’accord commercial passé en 1962 avec les États-Unis lors du Dillon Round au GATT, où l’Europe s’était engagée à ne pas taxer les importations de ce type de produits. C’était plus ou moins la contrepartie de la PAC.


La souveraineté alimentaire européenne globale n’est pas mise en péril par la stratégie de la « ferme à la fourchette », même s’il ne faut pas se voiler la face : elle va l’écorner. En revanche, elle laisse en suspens trois problèmes :


1. Le premier : la baisse de la production, c’est autant de revenus en moins pour les agriculteurs si les prix ne suivent pas ou du pouvoir d’achat en moins pour les ménages si les prix alimentaires s’ajustent. Or, le budget alimentaire est une fonction décroissante des revenus et ce sont les plus précaires les plus touchés.
2. Selon les pays, les excédents agricoles constituent une manne financière de premier ordre. C’est le cas de la France. Or, il y a bien un risque de délocalisation d’une partie de notre agriculture vers des pays tiers.
3. Enfin, une réduction brutale de l’offre européenne pèsera sur les approvisionnements mondiaux au risque de créer des pénuries.


De la ferme à la fourchette, l’urgence climatique le réclame. Mais si l’Europe avance seule, elle disqualifie en partie de son agriculture.


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