Connexion
Accédez à votre espace personnel
ÉCONOMIE
Décryptages éco Intelligence économique Intelligence sectorielle Libre-propos Parole d'auteur Graphiques Notes de lecture
STRATÉGIE & MANAGEMENT
Comprendre Stratégie & Management A propos du management Parole d'auteur Notes de lecture
IQSOG
RUBRIQUES
Économie généraleFranceEurope, zone euroÉconomie mondiale Politique économique Emplois, travail, salairesConsommation, ménagesMatières premières Finance Géostratégie, géopolitique ComprendreManagement et RHStratégieMutation digitaleMarketingEntreprisesFinanceJuridiqueRecherche en gestionEnseignement, formation
NEWSLETTERS
QUI SOMMES-NOUS ?


La transition énergétique française sous dépendance étrangère

Publié le mardi 19 octobre 2021 . 4 min. 23

Voir plus tard
Partager
Imprimer

La transition écologique est d’abord et avant tout pilotée par la demande :


- soit par des taxes incitatives en supposant qu’en bout de course les consommateurs et les entreprises vont modifier leurs comportements de dépense ;
- soit par de grands plans d’investissements verts qui ne sont rien d’autre que de vastes enveloppes à subventions (fléchés sur le véhicule électrique ou l’isolation thermique par exemple), qui conduisent la France à une écolo-dépendance.
Un coup de projecteur sur trois filières significatives de la filière verte montre à quel point nous subissons la transition écologique plus que nous bâtissons des avantages comparatifs.


Fabrication d’éoliennes : aucun champion national


C’est le cas de l’éolien. Le projet pour la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie dévoilé début 2019 a fixé pour objectif une puissance cumulée d’au moins 34,1 GW d’ici 2028 permettant de couvrir environ 12% de notre consommation annuelle d’électricité ce qui suppose que la construction de parcs s’accélère.


C’est ambitieux, mais en face aucun champion national pour y répondre. La décomposition de la chaîne de valeur de la filière éolienne dévoile en effet un maillon faible celui de la fabrication, fabrication de composants de structure, électriques, de systèmes électroniques et mécaniques avec comme conséquence un déficit extérieur structurel et un marché domestique français qui fait la part belle aux importateurs venus du Danemark, de Chine, d’Allemagne, d’Espagne et même d’Inde.


Véhicules électriques : des batteries encore importées d’Asie


Même constat concernant la décarbonation de notre parc automobile. Le marché des véhicules électriques et hybrides rechargeables, encore embryonnaire il y a 10 ans, a explosé dans le monde ces dernières années, multiplié par 6 en 5 ans. La France n’est pas en reste côté demande. En soutenant massivement l’achat de véhicules propres, la part du 100% électrique ou hybride rechargeable dans les ventes totales est montée à 9,5% environ en 2020. C’est un niveau légèrement inférieur à celui de l’Allemagne, mais sensiblement au-dessus du Royaume-Uni de la moyenne européenne et très loin devant les marchés chinois ou américains.


Mais là où le bât blesse, c’est du côté de l’offre. Sans même évoquer le marché mondial, écrasé par Tesla et le groupe Volkswagen, Renault-Dacia et Peugeot-Citroën n’ont vendu au 1er semestre qu’un peu plus de 55 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables en France sur les 141 148 immatriculés soit un peu moins de 4 sur 10. En outre, c’est la batterie qui détermine la performance première du véhicule électrique, l’autonomie et son prix. Mais aujourd’hui elles sont importées d’Asie et le solde commercial est structurellement dans le rouge et se creuse continuellement depuis 2016. Certes, les producteurs asiatiques chercheront à localiser une part croissante de leur production en Europe, à la fois pour tisser des liens étroits avec les constructeurs locaux, rationaliser leur logistique et couper l’herbe sous le pied d’éventuels nouveaux concurrents européens. Rendant d’autant plus difficile le volontarisme retardataire européen autour de l’Airbus de la batterie.


Photovoltaïque : quand les plans de relance creusent le déficit commercial


Autour de la filière photovoltaïque maintenant. Tarif d’achat de l’électricité produite très avantageux, crédit d’impôt de 50%, la capacité installée a été multipliée par 10 entre 2008 et 2010. En 2011, plus de 70 000 nouvelles installations sont raccordées au réseau. Un emballement coûteux et hors de contrôle. Il aura suffi d’une simple révision du cadre réglementaire et la baisse des tarifs d’achat pour que la bulle explose et que le marché soit divisé par plus de 2 en une seule année et par 5 en cinq ans.


C’est l’exemple type des secteurs de la filière verte où les prix sont déconnectés des fondamentaux, générant des effets d’opportunité qui se retournent très violemment dès que les perfusions sont enlevées et déstabilisent toute une filière. L’évolution du solde extérieure raconte cette histoire. Après un déficit record en 2011 au plus fort de la bulle, il s’est réduit avec l’épuisement de la demande. Toute relance, et c’est bien dans la feuille de route actuelle, et il se creuse de nouveau.
Tout n’est pas perdu pour autant. Certes, dans certaines filières les places sont prises. Une véritable stratégie industrielle de rattrapage et un engagement massif de l‘État sur des investissements de long terme sont donc indispensables. Un premier pas a été franchi avec le plan d’investissement dans l’industrie à l'horizon 2030. Au menu, des investissements dans le nucléaire, l’hydrogène vert, l’avion bas-carbone, les véhicules électriques, la liste est longue. Mais avec seulement 30 milliards d’euros sur 9 ans, cela semble sous-dimensionné pour faire des industries écologiques une filière d’entraînement de l’économie française sans creuser le déficit commercial.


x
Cette émission a été ajoutée à votre vidéothèque.
ACCÉDER À MA VIDÉOTHÈQUE
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal :
Déjà utilisateur
Adresse e-mail :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple adresse-mail / mot de passe n'est pas valide  
  CRÉER UN COMPTE
x
Veuillez saisir l'adresse e-mail utilisée pour créer votre compte Xerfi Canal.
Adresse e-mail :

STOCKAGE DE VOS DONNÉES

Xerfi Canal utilise et stocke des informations non sensibles (par exemple : adresses IP, données de navigation, identifiants) obtenues par le dépôt de cookies ou technologie équivalente sur votre appareil. L’utilisation de ces données nous permet de mesurer notre audience et de vous proposer des fonctionnalités et des contenus personnalisés.

Les données stockées par Xerfi Canal ne sont en aucun cas partagées avec des partenaires ou revendues à des tiers à des fins publicitaires.

Vous pouvez librement donner, refuser ou retirer à tout moment votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

ACCEPTER PERSONNALISER REFUSER

PERSONNALISEZ LE STOCKAGE
DE VOS DONNÉES

Cookies Google AnalyticsCes cookies permettent d’obtenir des statistiques de fréquentation anonymes du site Xerfi Canal afin d’optimiser son ergonomie, sa navigation et ses contenus.

Cookies de personnalisation du parcours de visiteCes cookies nous permettent de vous proposer, en fonction de votre navigation sur le site, des contenus et/ou des offres de produits et services les plus adaptés à vos centres d’intérêt.

Vous pourrez librement et à tout moment modifier votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

VALIDER ANNULER