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Le modèle économique japonais peut-il tenir ?

Publié le mardi 27 septembre 2022 . 4 min. 54

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Il y avait bien longtemps que le Japon n’avait pas connu une telle inflation. Mais c’est une hausse des prix à la japonaise. À 3%, c’est finalement très peu par rapport à ce que vivent les autres grandes économies avancées. La réaction des salaires aux prix est faible dans le pays, une absence d’indexation qui casse la dynamique prix-salaire. Toutefois à 2,8%, sans tenir compte des produits frais, l’inflation dépasse quand même pour le 5e mois consécutif la cible de 2% que s’est fixée la Banque centrale.


Taux directeur négatif et achats massifs de titres


Pas de quoi faire bouger la BoJ qui estime que l’économie japonaise n’est pas encore mûre pour un resserrement monétaire. À rebours de pratiquement toutes les grandes banques centrales qui resserrent leur politique monétaire en espérant casser la hausse des prix, celle du Japon entend maintenir le cap en conservant son taux directeur négatif, tout comme ses achats d’actifs, une politique de « quantitative easing » dont elle est la pionnière, dès 2001, soit 7 ans avant la Fed et plus de 10 ans avant la BCE.


Ces achats massifs de titres par la banque centrale visent à agir directement sur les taux à long terme et à procurer des liquidités aux banques pour libérer de nouvelles capacités de prêt. Et c’est ainsi que les taux souverains à 10 ans demeurent à très bas niveaux, moins de 0,3% actuellement, quand l’Allemagne, l’une des économies jugées comme les plus sûres au monde, pointe à près de 2%. Pour un pays qui se place en 2e position sur le podium des plus endettés derrière le Venezuela, une économie en perdition, cela a de quoi surprendre.


Mais le Japon est un endetté « heureux », car il bénéficie d’un double privilège :


1. plus de 92% de sa dette est détenue en interne, ce qui lui permet d’écarter tout risque de crise de liquidité ;
2. 87% de la dette est aux mains de la Banque du Japon et celles d’investisseurs institutionnels locaux (assurances, banques, fonds de pension public comme le fonds d’épargne postal) sous influence directe du gouvernement.


Comment le Japon contrecarre l’effet du vieillissement


Le risque d’une telle politique, c’est de siphonner l’épargne mobilisable par les agents privés et de saper de la sorte la croissance potentielle. En apparence, cette crainte semble se vérifier avec une croissance japonaise qui s’étiole au fil du temps. De 4,5% l’an dans les années 80, le rythme de progression du PIB est tombé à 1,3% dans les années 90, puis à 0,2% au cours des 10 années suivantes marquées par la grande récession de 2008-2009, pour revenir à 0,9% sur la décennie suivante avant la pandémie. Quant à la cicatrice de la crise de la Covid, elle s’est à peine refermée, soit 1 an après les États-Unis et 9 mois après la France par exemple.


C’est peu flatteur, mais c’est trompeur. Dès lors que les effets démographiques liés au vieillissement sont intégrés, c’est-à-dire en rapportant le PIB au nombre de personnes en âge de travailler, aucune rupture majeure n’apparaît depuis plus d’un quart de siècle. En hausse de près de 1,3% l’an sur les 30 dernières années, la croissance japonaise se situe entre celle des États-Unis et de la France.


En mobilisant plus qu’ailleurs ses seniors, le Japon contrecarre l’effet du vieillissement avec en arrière-plan, un âge de départ à la retraite plus élevé, mais pas seulement : les droits à pension y sont aussi plus faibles, ce qui contraint les retraités japonais à rester en activité, même pour des emplois dégradés.


La descente aux enfers du yen


Si le Japon semble vivre dans un monde parallèle tant il s’affranchit des principales règles budgétaires et monétaires qui s’imposent à tout à chacun, il ne peut pas totalement s’affranchir de certaines lois économiques. Le découplage des politiques monétaires japonaise, américaine et maintenant européenne a poussé les investisseurs à vendre massivement leurs actifs en yens pour se tourner vers le dollar, beaucoup, et l’euro, un peu, si bien que la monnaie nipponne a totalement dévissé face au billet vert, poussant le ministère de l’Économie à intervenir pour la 1re fois depuis 1998, en vendant massivement des dollars.
L’enjeu est de taille, car la descente aux enfers du yen renchérit considérablement le coût des importations, notamment la facture énergétique composée à 89% d’énergie fossile, ce qui pourrait, cette fois-ci, faire vraiment déraper les prix. Cela creuse bien évidemment aussi le déficit commercial, d’autant qu’au moment où la croissance mondiale vacille, où le débouché chinois s’est refermé, les retombées du yen faible sur les exports sont quasi nulles.


In fine, la martingale de la stabilité japonaise est attaquée sur deux fronts :


1. avec un commerce extérieur qui s’enfonce dans le rouge, le Japon est en passe de perdre son immunité de pays en excédent d’épargne et endetté lui-même ;
2. en remontant vigoureusement leurs taux, les États-Unis pourraient bien mettre à mal la spécificité du modèle économique nippon.


On comprend mieux ainsi pourquoi Tokyo ouvre les hostilités face au roi dollar… D’autres pourraient bien suivre.


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