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Pour faire face à l’augmentation brutale des prix des matières premières en général et de l’énergie en particulier, le gouvernement Castex a déployé un vaste arsenal depuis l’automne dernier pour tenter d’en limiter l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages et les marges des entreprises. Tout y passe ou presque : « bouclier » tarifaire ayant limité la hausse des tarifs de l’électricité à 4% en février, contre 35% prévus, auquel s’ajoute le gel du prix gaz à son niveau d’octobre dernier. Mais ce sont aussi, sous conditions de revenus, des aides exceptionnelles telles que la prime inflation ou le chèque énergie, auxquels va s’ajouter à compter du 1er avril pour une durée de 4 mois : la « remise » carburant à la pompe de 15 centimes. Et, c’est enfin, l’annonce du plan de résilience économique et social en direction des entreprises dont l’essentiel est concentré sur l’énergie, avec des mesures ciblées en direction des marins-pêcheurs, du BTP et des entreprises énergivores.


Une facture équivalente à 4% du PIB


Cette réponse de l’exécutif pose deux questions. Le budget de l’État peut-il et doit-il absorber l’intégralité de ce choc inflationniste venant des matières premières ? Et si oui, sous quelles conditions ? La France n’est pas la seule concernée. Par extension tous les pays européens le sont. Il s’agit donc d’abord de déterminer la facture globale.


Pour prendre la pleine mesure du choc inflationniste lié à l’envolée des cours des commodités, il faut partir d’un indice global des prix des matières premières. L’indice GSCI composé à 54% d’énergie, à 19% de produits agricoles et d’élevage, à 12% de métaux industriels et d’un peu moins de 7% de métaux précieux est le bon étalon et illustre la violence de la flambée. En prenant comme base de comparaison 2019, la hausse moyenne à la mi-mars 2022 peut-être estimée à 55% sur la période. Accélération synchrone des économies, phénomène de rattrapage de la demande dans un contexte d’offre sous contrainte dans un premier temps, puis la guerre en Ukraine ont propulsé les cours à des niveaux record.


Les importations d’énergie, de métaux et de l’ensemble de la filière alimentaire rapportées au PIB donnent un proxy de ce qui est en jeu pour les principaux pays de la zone euro. Cela va de 6% pour l’Italie, en passant par 6,4% pour la France, pour monter jusqu’à 8,6% pour l’Allemagne, soit une moyenne légèrement supérieure à 7% prise comme témoin de l’ensemble de la zone euro.


Taille des importations et évolution des prix des matières premières permettent ensuite d’estimer ce que devrait être l’effort des États s’ils décidaient d’encaisser aujourd’hui la totalité de l’envolée des cours sans avoir recours à un durcissement de la fiscalité, ce qui reviendrait à prendre d’une main ce qui a été donné de l’autre. Cela s’échelonne de 3,3% du PIB pour l’Italie à 4,8% pour l’Allemagne, soit en moyenne près de 4%.


Une prise en charge partielle


Un simple regard sur l’état des finances publiques à la sortie de 2021 montre à quel point une prise en charge totale par les budgets des États de la hausse des prix liée au choc sur les matières premières est hors de portée compte tenu de la situation de départ des finances publiques. Les déficits publics s’étalent en effet de 4 à 7% du PIB selon les pays et la dette publique de 70 à 119% du PIB. Autant dire que les critères de Maastricht sont déjà explosés.


La prise en charge ne peut donc être que partielle. En France par exemple, le chiffrage officiel des différentes mesures s’approche de 30 milliards d’euros, soit environ le tiers de la facture totale, soit l’équivalent de 1,2 point de PIB, ce qui n’est pas anodin. Encore faut-il que le système mis en place soit viable et efficace et que 3 conditions soient réunies :


1. Que le choc soit temporaire au risque sinon d’entraîner une dérive insoutenable des dépenses publiques.
2. Que son financement soit facilité par la BCE, en d’autres termes que les taux restent bas malgré l’inflation.
3. Enfin, il ne faut pas que les mesures faussent le signal prix, en d’autres termes qu’elles masquent le véritable coût de l’énergie notamment et ralentissent le changement des comportements vers une consommation moins carbonée.


Éliminer totalement le choc d’inflation lié aux matières premières est illusoire en France comme ailleurs en Europe, les budgets ne le permettent pas. L’accompagnement ne peut être que partiel et pour être efficace il ne doit pas passer par un blocage des tarifs ou des remises à la pompe, au risque de se transformer en saupoudrage. La priorité est de cibler les catégories les plus modestes et d’assortir ces aides de soutien à l’équipement pour que ces catégories puissent durablement gagner en sobriété. Idem pour les entreprises énergivores, les plus pénalisées aujourd’hui, qu’il faut accompagner aussi, au-delà de l’urgence, sur le front de l’investissement si l’on veut attaquer nos problèmes énergétiques à la racine.


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