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Les Français sur-épargnent encore et encore

Publié le mardi 10 mai 2022 . 4 min. 49

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Les Français sont assis sur une montagne d’épargne héritée de la crise de la Covid-19. En cumul entre le premier trimestre 2020 et le quatrième trimestre 2021, les ménages ont mis de côté près de 320 milliards d’euros. Un montant hors norme. Certes, encore faut-il séparer le bon grain de l’ivraie et distinguer ce qui s’explique par l’évolution naturelle des revenus de ce qui est exceptionnel, c’est-à-dire le surplus d’épargne lié à la pandémie. La Banque de France effectue ce travail et estime à 175 milliards d’euros la sur-épargne, l’équivalent de plus de 7 points de PIB, un sacré plan de relance si cette cagnotte devait être injectée dans le circuit économique et c’est d’ailleurs, bien ce qu’espère Bercy pour alimenter la croissance ces deux prochaines années. Une anticipation en partie basée sur un rythme d’accumulation qui s’épuise au fil du temps, laissant entrevoir un retour à des comportements plus standards. Toutefois, même si les flux se tarissent ils demeuraient encore positifs fin 2021.


La situation se normalise, certes, mais lentement et les ménages sont toujours en « mode épargne » et les premières informations sur 2022 tendent à valider cette hypothèse. Une sur-épargne qui ne se dégonfle toujours pas mais se transforme… et cela ne vas pas dans le bon sens. Les encours des dépôts à vue, qui avaient été le réceptacle d’une part importante de la sur-épargne, ne progressent quasiment plus alors que la collecte nette sur le livret A et le LDDS (ex-Codevi) a fait le plein sur les deux premiers mois de l’année propulsant les encours à un sommet. De son côté la collecte nette de l’assurance vie a atteint près de 8,5 milliards d’euros au 1er trimestre un niveau inégalé depuis 10 ans.


Parfaitement liquide et immédiatement mobilisable, les flux d’épargne se réorientent vers les placements à taux qui les protègent en partie de l’inflation. Ce n’est évidemment pas bon pour la consommation. D’ailleurs en euros courants, la consommation a fait du surplace sur les trois premiers mois de l’année et a même décroché de 1,3% en volume signe que les Français ont effectué des arbitrages sans oublier l’impact de la déferlante du variant Omicron en début d’année.


Désormais, c’est la guerre en Ukraine et les craintes grandissantes autours du pouvoir d’achat qui pèsent sur le moral. Le solde d’opinion des ménages relatif à leur situation financière future s’est effondré en mars dernier, bien en dessous du niveau auquel il était descendu pendant le 1er confinement de 2020, bien en dessous de sa moyenne de long terme. Hausse des inquiétudes sur l’évolution à venir du chômage, de l’inflation tous les éléments composant la confiance ont viré au rouge. Un contexte totalement défavorable à la réalisation d’achats importants et, au contraire, qui encourage à épargner toujours plus.


S’ajoutent en outre des facteurs très spécifiques sur de gros postes emblématiques de la consommation à l’origine de la formation d’une épargne involontaire liée aux empêchements de réaliser de gros aux achats au-delà de la Covid. L’effondrement des immatriculations de véhicules neuf s’explique ainsi par l’empilement de problèmes spécifiques au marché automobile. Les problèmes d’approvisionnement ont notamment allongé les délais d’attente au-delà du raisonnable et avec 153 jours en moyenne en 2021 c’est en France qu’ils sont les plus élevés parmi les grands pays européens.


Puis il y a aussi le flou entourant l’évolution de la réglementation sur les véhicules à moteur thermique. Ce même type de problématiques d’allongement des délais se retrouvent dans les petits travaux d’entretien-rénovation de logements et peuvent décourager les clients d’autant plus qu’à la signature une partie de la somme due est versée sans certitude d’une réalisation en temps et en heure. S’il s’agit pour partie de consommation différée, certains abandonnent ou trouvent des solutions alternatives, le marché de l’occasion, par exemple, dans l’automobile. L’équipement du logement est de son côté confronté à deux forces contraires. La première, liée au contrecoup de la vague d’achat qui a accompagné la crise de la Covid-19. Réaménagement de son intérieur, acquisition de matériel pour télétravailler ont donné un coup de fouet à ces dépenses mais le cycle s’est inversé depuis. Tout comme celui de lié à l’explosion des ventes dans l’ancien. La baisse des mutations depuis son dernier point haut n’est évidemment pas un bon signal sur la dynamique actuelle.


Bien entendu le gonflement des dépenses contraintes, notamment des loyers va pousser certains ménages à puiser dans leur cagnotte pour assurer le quotidien mais la tendance est bien au maintien d’une épargne exceptionnelle : une épargne pour se protéger de l’inflation qui se dirige vers des produits de taux, une épargne de précaution face à un avenir incertain, une épargne involontaire, bref une épargne qui n’est pas prête d’être libérée.


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