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Japon, Corée, Russie, Italie sont pris au piège d’un vieillissement démographique accéléré. En cause, un déficit de naissance dont l’un des marqueurs est l’affaissement du taux de fécondité. Tombé en dessous du seuil de renouvellement des générations depuis des années, il est passé sous la barre symbolique d’un enfant par femme en Corée du Sud depuis 2017. Trop peu de bébés face à un nombre de décès en progression, le solde naturel a viré au rouge et ces pays se dépeuplent d’autant plus que certains ont fermé les portes à l’immigration.


Conséquences économiques du vieillissement


Le phénomène est particulièrement avancé au Japon, où la population diminue depuis 2011, suivi par l'Italie trois ans plus tard. En Corée du Sud, bien que le déclin démographique soit plus tardif, il est survenu plus tôt que prévu, l'ONU ne l'attendant pas avant 2029. En Russie, malgré des améliorations socio-économiques et sanitaires qui ont temporairement inversé la tendance, le déclin démographique est inévitable à mesure que les bénéfices de ces améliorations se dissiperont.


Ce vieillissement démographique génère le même cercle vicieux pour tous ces pays. Premier volet : les besoins de consommation et de logement, notamment leur composante incompressible, sont indexés sur la dynamique de la population totale. La demande des ménages stagne ainsi depuis des années au Japon et en Italie, les deux pays les plus enfoncés dans la crise démographique. Quant à la construction neuve de logements, l’Empire du milieu a vu le rythme de ses mises en chantier s’effondrer de 40% entre les années 90 et ces 15 dernières années. La situation est encore plus grave de l’autre côté des Alpes. Le dépeuplement seul ne peut l’expliquer. Le contexte économique, financier, la sur-construction héritée des périodes d’euphorie immobilière sont aussi à intégrer dans l’équation.


Impact sur la capacité de production


Second volet, la capacité à produire des richesses est en partie indexée sur le réservoir de la population en âge de travailler. Moins de naissances aujourd’hui, c’est moins de travailleurs demain. C’est le second coup de canif dans la capacité du pays à générer des richesses. Directement parce que la population active diminue. Indirectement parce qu’elle vieillit et fait fléchir la productivité. Cet environnement n’est ni favorable à l’investissement des entreprises locales ni aux investissements directs depuis l’étranger. Les deux s’affaiblissent et viennent saper la productivité et la croissance potentielle.


Le piège se referme mais des échappatoires existent et sont de trois ordres. Reporter le plus possible l’âge de départ à la retraite pour augmenter le réservoir de main-d’œuvre disponible. Le Japon et la Corée ont un taux d’emploi des 55-64 ans singulièrement élevé et même au-delà sur la tranche des 60-69 ans.


Immigration : une solution controversée


Deuxième stratégie, investir massivement dans la R&D, les nouvelles technologies, la robotisation, la qualité du système éducatif pour tenter de maintenir une productivité en hausse malgré le vieillissement de la population. C’est le second axe fort des politiques menées en Corée et au Japon. Rapporté au PIB, l’effort en recherche et développement y est nettement plus intense que dans l’ensemble des pays de l’OCDE ou de l’Italie. Quant à la course à l’automatisation industrielle, les deux pays asiatiques se placent dans le top 3 mondial en termes de densité de robots.


Troisième possibilité pour casser le cercle vicieux du vieillissement démographique, accepter une immigration importante. Une voie rejetée en Corée et au Japon mais qui a été empruntée par l’Italie dont le solde migratoire est structurellement positif. Les réactions de la politique économique face au déclin démographique ne permettent cependant pas d’être optimiste pour l’avenir. L’immigration massive porte le risque de modifier la répartition entre natifs et immigrés et d’être rejetée par les premiers, on le voit en Italie. Quant aux parades mises en place pour compenser le recul et le vieillissement de la population active, elles atteindront inévitablement leurs limites. Déclin démographique et déclin économique sont liés. L’expression « il n’y a de richesse que d’hommes » prend tout son sens.


Publié le mercredi 22 mai 2024 . 4 min. 05

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