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22/04/202104:32

Pour s’attaquer aux inégalités, il faut commencer par les mesurer. Deux champs sont utilisés. Le premier est celui des inégalités monétaires avec deux grilles de lecture possibles, l’une en termes de flux, c’est-à-dire de revenus, l’autre en matière de stocks, c’est-à-dire de patrimoine. Le second champ est celui des inégalités sociales, avec trois items principaux : le logement, l’éducation et la santé. Ces cinq marqueurs sont incontournables.


En termes d’inégalité de revenus, le ratio Palma est le plus pertinent à défaut d’être le plus connu. Il rapporte la masse de revenu qui revient aux 10% les plus aisés à celle que reçoivent les 40% les moins bien loties. Il permet donc de mettre le projecteur entre le haut de la distribution et les bas revenus, au sens large. Le ratio Palma place la France dans une position intermédiaire, beaucoup plus égalitaire que les pays anglo-saxons, proche des pays d’Europe du Sud, mais plus inégalitaire que les pays du Nord. La tendance de fond depuis plus de 20 ans montre une dynamique de croissance par à-coups des inégalités. En 2018, le Palma affichait 1,14. En clair, le dixième le plus aisé reçoit à lui seul 1,14 fois (ou 114%) ce que reçoivent les 40% les moins favorisés. Conséquences de la crise liée à la pandémie ce sont les plus précaires (CDD courts, intérim) qui ont vu leurs revenus se réduire. Cela aura certainement pour effet de propulser le Palma en 2020 au-delà de son dernier pic.


Logements surpeuplés : l’indicateur qui traduit la dichotomie face à l’habitat


Les inégalités en matière de patrimoine peuvent s’appréhender à travers sa concentration en haut de l’échelle. Ainsi les 1% les mieux dotés détiennent 16% de la masse totale du patrimoine brut, les 5% le tiers. En élargissant au 10% les plus fortunés, c’est près de la moitié. La tendance de fond à la réduction des inégalités s’est stoppée au milieu des années 80. La part détenue par les hauts patrimoines a eu tendance à remonter jusqu’au début des années 2000 et s’est stabilisée depuis.


Au-delà des difficultés d’accès à l’habitat ou à un certain confort, les inégalités liées au mal-logement revoient au surpeuplement. C’est un problème de taille en pleines périodes de confinements ou de couvre-feux. Au quotidien, les conséquences sont très lourdes entre promiscuités, bruits, difficultés à faire ses devoirs, impossibilités de bien dormir ou de se reposer… Tous les aspects de la vie quotidienne sont impactés. Or, en la matière, il y a une dichotomie très nette en fonction des revenus. Les écarts se creusent entre les 10% les plus pauvres et les 10% les plus riches vivant dans un logement surpeuplé (le surpeuplement des seconds renvoyant à la rareté des surfaces et à leur coût exorbitant en centre-ville).


En 2013, les plus pauvres avaient quinze fois plus de risques d’habiter un logement surpeuplé que les plus aisés, rapport qui était d’à peine sept en 1992. L’ancienneté des données est regrettable mais, il faut savoir que depuis, le niveau de vie des ménages faisant partie du premier décile a progressé de 1,3% contre 7,4% pour ceux du neuvième. Les prix des logements ont progressé de 4% et les loyers de près de 3%, le tout dans un contexte de réduction des aides aux logements. L’écart entre les deux extrêmes se sera donc creusé un peu plus.


L’accès aux formations d’élite révélateur des inégalités sociales


Quant aux inégalités en matière d’éducation, le bon révélateur est l’accès aux formations d’élite selon son milieu social. Les étudiants des grandes écoles ne sont que 9% à être issus de catégories socio-professionnelles défavorisées (enfants d'ouvriers ou parents sans activité professionnelle pour l’essentiel). Ils représentent pourtant 36% de leur classe d'âge. À l’autre bout du spectre social, ceux dont les parents sont cadres, chefs d'entreprise, professions intellectuelles ou libérales représentent 64% des effectifs et 23% de leur classe d'âge. Les taux montent à 68% pour les Instituts d’études politiques et 72% pour les Écoles normales supérieures. Les dispositifs d'ouverture mis en place depuis le milieu des années 2000 n'ont visiblement pas atteint leurs objectifs.


Enfin, toutes les catégories de population ne sont pas égales face à la santé. Mécaniquement cela a des répercussions sur l’espérance de vie qui est une fonction croissante des niveaux de vie. Ainsi, parmi les 5% les plus aisés, l’espérance de vie à la naissance des hommes est de 84,4 ans, contre 71,7 ans parmi les 5% les plus pauvres, soit quasiment treize ans d’écart. Chez les femmes, cet écart est plus faible : huit ans séparent les plus aisées des plus pauvres. Une incroyable inégalité liée aussi bien à l’accès aux soins de qualité qu’aux modes de vie. Le modèle social français est loin d'être le plus inégalitaire des pays riches. Mais passé au crible de ces cinq indicateurs clés, force est de constater qu'il ne répond pas à la promesse d'égalité au risque de susciter de très nombreuses frustrations.


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