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Vue de France, la Pologne c’est l’une des arrière-boutiques de l’Allemagne, avec son industrie parfaitement intégrée à la chaine de production de son puissant voisin. L’Allemagne reste à en effet aujourd’hui la 1re zone de destination des produits polonais (28% de ses débouchés) et son 1er fournisseur à l’origine de plus du quart de ses importations. C’est aussi l’Allemagne qui est à la tête du principal stock d’investissements directs étrangers détenu dans le pays, hors Pays-Bas dont les données ne sont pas significatives, particularisme fiscal oblige.


Place forte économique de l’Europe centrale


Cette photo, aussi fidèle soit-elle, ne rend cependant pas compte d’un pays qui se détache peu à peu de de son fournisseur le plus important, monte en gamme et s’affirme de plus en plus comme la principale place forte économique de l’Europe centrale.


La progression en efficacité de l’économie polonaise se mesure à l’aulne de l’augmentation du PIB rapporté à la population en âge de travailler, c’est-à-dire par rapport à la force de travail disponible. Cela synthétise à la fois l’évolution de la productivité et la capacité d’un pays à mobilier sa main-d’œuvre pour créer des richesses. C’est un véritable indicateur de vigueur de la croissance endogène, un indicateur qui s’est envolé depuis une trentaine d’années et ne cesse de s’élever.


La Pologne fait même mieux que la Corée du Sud même s’il faut nuancer le propos. L’Empire du matin calme a commencé bien plus tôt sa modernisation, dès les années 60-70, alors que la Pologne est restée cadenassée derrière le rideau de fer jusqu’à la chute du mur de Berlin. Depuis, elle tend néanmoins à converger vers les standards des pays avancés européens comme l’Italie. Et elle pourrait avoir un destin à la Corée du Sud : partenaire de sous-traitance du Japon et sous influence technologique, les industriels coréens sont devenus de redoutables concurrents de leur ex-mentor.


La Pologne pourrait suivre ce même chemin, c’est-à-dire être en compétition avec un pays qui aura contribué à son industrialisation. L’industrie manufacturière polonaise, c’est ainsi près de 20% du PIB du pays, un chiffre stable depuis de nombreuses années, alors qu’il est descendu à 10% en France. Une activité industrielle qui s’est très vite remise sur pied après la crise de la Covid : le niveau de richesse créée surplombe ainsi de près de 6% son niveau pré-pandémie malgré toutes les contraintes qui ont pesé sur l’offre alors que l’industrie allemande reste empêtrée dans les pires difficultés.


Les 4 piliers du succès industriel polonais


Le succès industriel polonais repose sur 4 piliers principaux :


1. Le premier, le coût bon marché d’une main d’œuvre qualifiée. À 10,40 euros de l’heure dans l’industrie manufacturière, la Pologne se situe dans la moyenne des PECO, mais reste 3 fois moins chère que la moyenne eurolandaise.
2. Deuxième atout, un système fiscal attractif pour les entreprises avec la mise en place, par exemple, de zones économiques spéciales exonérées d’impôts sur les sociétés.
3. A quoi s’ajoute, le bénéfice d’appartenir à l’Union européenne et de profiter de ses transferts pour se moderniser. Entre le fonds de cohésion, les subventions et l’accès à des prêts à l’UE, l’enveloppe s’élèvera à 145 milliards d’euros sur la période 2021-2027, soit quasiment le quart du PIB polonais de 2022.
4. C’est enfin la capacité d’attirer les investissements directs étrangers parce que l’environnement des affaires y est favorable, mais aussi parce que le marché intérieur, fort de ses 38 millions d’habitants, est en croissance rapide. Premier destinataire des entrées d’IDE en Europe centrale, la Pologne attire de gros investisseurs comme Google qui a investi près de 2 milliards de dollars dans la construction d’un service cloud.


L’économie polonaise souffre de l’inflation


Ces entrées de capitaux ont aussi permis au pays, outre de financer une partie de son léger déficit courant, de bénéficier de transferts de technologies, de renforcer certaines de ses positions historiques ou d’en acquérir d’autres :


• Localisé dans la vallée dite « de l’aviation » dans le sud-est du pays, le secteur de l’aéronautique regroupe plus de 200 entreprises employant 25 000 personnes. Safran, Airbus, Boeing y sont notamment implantés.
• Mais c’est aussi une industrie automobile en pleine expansion. Intervenant principalement comme équipementier, la Pologne est aujourd’hui l’un des plus grands bassins européens dans le secteur de la motorisation.
• Autre bastion polonais, les IAA. À peine positive au début des années 2000, la balance commerciale des produits alimentaires est devenue archi-excédentaire : lait, viandes, fruits, légumes sont massivement exportés vers les pays membres de l’UE et rapportent plusieurs milliards d’euros.


Bien entendu, l’économie polonaise souffre actuellement du retour de l’inflation qui a contraint le gouvernement à mettre en place des garde-fous : TVA réduite sur les carburants, le gaz, l’électricité… L’inflation a aussi poussé la Banque centrale à remonter par 11 fois ses taux depuis l’automne 2021 pour contenir la hausse des prix, mais aussi pour soutenir le zloty vis-à-vis de l’euro comme du dollar, affaibli à la fois par les désaccords du pays avec la Commission européenne et par sa proximité avec la Russie et l’Ukraine.


Ce sont bien évidemment deux points de faiblesse de l’économie polonaise, tout comme le vieillissement de sa population aggravé par l’assèchement d’une partie de sa jeune main-d’œuvre, attirée notamment par les salaires allemands. Il n’en demeure pas moins que selon les projections du FMI, la Pologne ne devrait plus être très loin du G20 d’ici 2025.


Publié le jeudi 2 mars 2023 . 5 min. 27

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