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La séquence a pris de court tout le monde : dans la foulée de l’annonce de fantastiques résultats financiers, le Directeur général de BP a fait part de sa volonté de ralentir sa sortie des énergies fossiles, faisant fi de ses engagements passés. Pour le justifier, le DG prétexte que gouvernements et public demandent un renforcement du système énergétique compte tenu du contexte géopolitique. En vérité, la pression de ses actionnaires a certainement joué un rôle plus décisif encore. ExxonMobil, Shell, Chevron, BP et TotalEnergies : c’est plus de 180 milliards de dollars de bénéfices cumulés en 2022. C’est inédit. Jamais le pétrole, le gaz n’ont rapporté autant, alors que les énergies renouvelables sont, elles, beaucoup moins rentables. Alors, pourquoi se précipiter et sacrifier la poule aux œufs d’or ?


Une consommation de pétrole proche de ses niveaux historiques


Point de départ de l’analyse : il ne faut pas voir dans ces profits hors normes seulement la répercussion sur les prix de la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine. Cela y a évidemment beaucoup participé. Les cours du pétrole que ce soit le Brent utilisé comme référence pour déterminer le prix du pétrole en Europe ou le WTI principale référence sur le marché américain, ont ainsi dépassé ou approché les 135 dollars le baril à la fin de l’hiver 2022 dans le sillage du déclenchement des hostilités et sont restés très élevés jusqu’à l’été. Finalement sur l’ensemble de l’année 2022, ils ont augmenté d’environ 40%. Moins unifiés, les marchés du gaz ont également connu un emballement des deux côtés de l’Atlantique, mais l’intensité varie fortement : en progression de 65% aux États-Unis, les cours ont été multipliés par 2,5 en Europe. Autre énergie fossile à avoir enregistré une année historique, le charbon. Il a joué un rôle primordial dans le bouclage du bilan énergétique mondial l’année dernière, ce qui lui a permis d’atteindre le prix mirobolant de 431 dollars la tonne en juillet 2022 et de terminer l’année 2022 sur une hausse record de 150%.


Il est bien sûr tentant de n’y voir que de simples embardées liées aux conséquences énergétiques immédiates du déclenchement des hostilités par la Russie le 22 février 2022. D’ailleurs, depuis, les marchés se sont réorganisés, les tensions se sont apaisées et les prix reculeront en 2023, c’est une certitude… Mais ils resteront élevés, c’en est une autre. Côté pétrole, à plus de 100 millions de barils produits par jour, la production avait quasiment restauré son niveau prépandémie fin 2022. Avec en arrière-plan, une consommation proche de ses pics historiques alors même que le trafic aérien mondial n’avait toujours pas retrouvé son niveau d’avant crise sanitaire en fin d’année et qu’une partie de la Chine était encore sous cloche en raison de la politique du zéro Covid. Depuis, ces deux moteurs montent en puissance et les prévisions de l’Agence américaine d’Information sur l’Énergie tablent sur une poursuite de la hausse pour 2023 et même au-delà.


Le retour du charbon


L’OPEP est sur la même ligne. Selon l’organisation, le surcroît de demande en provenance de l’Asie-Pacifique fera plus que compenser le tassement de celle issue des pays occidentaux, à quoi il faut ajouter aussi celle venue d’Afrique : expansion des classes moyennes, forte croissance démographique et potentiel de croissance économique en hausse dans plusieurs régions du monde auront de plus en plus soif de carburants. Les fondamentaux sont également solides sur le marché du gaz naturel. Production comme consommation (de plus en plus pour destinée à produire de l’électricité en substitution du charbon) sont sur une tendance haussière depuis de nombreuses années. Et ces dynamiques ont à peine été écornées par les répercussions du conflit ukrainien.


En dépit de cela, le sort du charbon n’est pas pour autant scellé, contrairement à ce que laissait présager l’issue de la COP-26, lorsque les gouvernements s’étaient engagés à l’éliminer progressivement de leur mix national. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient et sous l’impulsion de la Chine, de l’Inde, mais aussi de l’Europe, la consommation a bondi, entraînant la production à son sommet, lequel efface le dernier pic de 2013. De fait, près de 40% de l’électricité mondiale a encore été produit à partir du charbon en 2022 et de nouveaux projets miniers sont en cours de développement, essentiellement en Australie, en Russie et en Afrique du Sud.


Cet attrait pour les énergies fossiles se matérialise donc aussi par de nouveaux investissements dans la production. Après des années de stagnation, voire de recul, les investissements dans l’exploration et l’exploitation pétrolière ont augmenté de 13% l’année dernière, selon JP Morgan, les compagnies reprenant notamment des projets mis en sommeil. Ce retour en grâce se voit aussi dans la valorisation boursière des entreprises du pétrole et du gaz naturel que ce soit aux États-Unis comme en France d’ailleurs, avec des rebonds spectaculaires des cours des entreprises concernées.


La sortie du pétrole, du gaz et du charbon est certes scellée à terme. Mais elle pourrait être bien plus longue que prévu. C’est une bien mauvaise nouvelle pour le climat. Mais cette dépendance prolongée, et au prix fort, est aussi une bien mauvaise nouvelle pour la compétitivité des entreprises européennes, notamment vis-à-vis des États-Unis.


Publié le jeudi 23 mars 2023 . 5 min. 09

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