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Royaume-Uni : panique à bord

Publié le jeudi 15 septembre 2022 . 5 min. 06

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Passée la période de deuil après le décès d’Elizabeth II, la protestation sociale reprendra au Royaume-Uni. Postiers, cheminots, dockers et autres qui ont multiplié les arrêts de travail depuis plusieurs semaines n’interrompront pas leur mouvement de sitôt.


La situation est en effet critique et nombre de Britanniques sont étranglés par une inflation à 2 chiffres. C’est le plus mauvais résultat de tous les pays du G7 et la plus forte augmentation depuis 40 ans. Un véritable coup de massue sur le pouvoir d’achat des ménages qui avait été déjà attaqué le 1er avril dernier après la hausse des cotisations sociales prélevées à la source sur les salaires passées de 12 à 13,25%.


Comme les revenus ne suivent pas les prix le moral des ménages sombre. Mesuré par l’OCDE il serait même tombé à son plus bas niveau cet été depuis 1974 date du début de l’enquête ! Même pendant le 1er et le 2nd choc pétrolier, même au plus fort de la guerre des Malouines en 1982, de la grande récession de 2008-2009 ou de la crise de la Covid, jamais cet indicateur n’était tombé aussi bas. Bref, le contexte n’est pas propice aux achats comme le montre le recul des ventes au détail depuis avril, signe d’une demande domestique enfoncée.


On comprend mieux dès lors,  l’empressement aussitôt nommée de la nouvelle 1er Ministre, Liz Truss, de mettre sur la table, un énorme plan de sauvetage destiné à la fois venir en aide aux entreprises et à soulager les ménages menacés de « pauvreté énergétique ». Pour une tenante de la ligne dure du parti conservateur se voulant la porte étendard de la doctrine thatchérienne, cela a de quoi surprendre mais il y a urgence. A partir d’octobre, les factures d’énergies pour un foyer moyen seront ainsi plafonnées à 2 500 livres par an alors qu’elles devaient passées, selon les prévisions officielles, à 3 500 livres cette autonome pour grimper jusqu’à 5 000 début 2023. Cette aide valable deux ans s’étendra jusqu’en 2024. Les entreprises toucheront elles aussi des aides pendant six mois, dispositif qui sera prolongé dans le temps pour les secteurs les plus vulnérables Une intervention à 150 milliards de livres, l’équivalent du soutien économique mise en place pour faire face à la crise de la Covid, soit 6% du PIB.


Ce plan éloigne donc le spectre d’une inflation à 15-18% tant redoutée pour les prochains mois. Le pic sera moins haut, c’est un moindre mal, mais cela n’évitera pas aux Britanniques de voir leur revenu sévèrement baisser cette année et cela ne calmera donc que très modérément leur colère. Tout juste, la récession annoncée pour cet automne sera-t-elle moins profonde qu’anticipée. En outre pour financer ces 150 milliards d’aides supplémentaires, le Royaume-Uni va emprunter davantage, une perspective qui n'est pas de nature à rassurer les marchés tant les comptes publics sont déjà dégradés avec notamment un endettement public supérieur à 140% du PIB. Cela se paie par une prime de risque qui s’élève et des taux souverains à 10 ans qui dépassent désormais 3%, c’est près de deux fois plus que ceux de l’Allemagne avec qui le spread de taux est au plus haut depuis 2021. C’est de mauvais augure dans un pays où l’endettement immobilier est largement à taux variable, de sorte que les charges de remboursement des emprunts risquent d’augmenter et d’étouffer un peu plus les ménages.


Des marchés inquiets, cela se paie aussi sur le marché des changes : non seulement, comme beaucoup de monnaie, la livre sterling cède du terrain face au dollar depuis le début de l’année mais aussi face à l’euro. Le coût des importations s’élève et alimente la hausse des prix.


Quant à l’avantage de change, qui devrait doper les exportations, il tombe au moment même où la demande mondiale adressée aux entreprises britanniques vacille et que la dégradation des relations entre Londres et Bruxelles pourrait conduire à une guerre commerciale. De surcroît, le rêve du « Global Britain » de Boris Johnson, ce reploiement des exports, notamment en direction du « Commonwealth », a viré au cauchemar. Le « made in Britain » continue de perdre des parts de marché et aucune substitution des exports britanniques de l’UE vers le grand large ne se dessine, ou pas encore.


Finalement, le déficit extérieur demeure abyssal et représente près de 9% du PIB. C’est près de deux fois plus par rapport à la France qui ne fait pourtant pas office de bon élève.


Les conséquences du divorce avec l’Europe ne se mesurent en outre pas seulement à l’aulne du déficit extérieur mais également par une moindre capacité du pays à attirer les travailleurs européens ce qui pèse mécaniquement sur l’évolution de la population des 20 – 64 ans, c’est-à-dire la force de travail mobilisable pour créer de la richesse. Mais aussi par une moindre capacité du pays à attirer les investisseurs avec un tarissement des flux nets de capitaux entrants.


Prise au piège de l’isolement, rattrapée par une conjoncture qui se dégrade, l’économie britannique s’enfonce dangereusement avec à la clé une population en voie d’appauvrissement.


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