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Royaume-Uni : une reprise très laborieuse

Enregistré le mardi 28 septembre 2021 . 3 min. 55

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Les Anglais ont tiré les premiers. Avec une campagne de vaccination qui a démarré plus tôt, le Royaume-Uni est aussi entré plus vite en phase de rebond et a affiché au deuxième trimestre un rythme de croissance deux fois plus élevé que la zone euro.


Mais il s’agit d’un simple décalage auquel s’est ajouté un effet rattrapage plus puissant. Et pour cause, la croissance britannique a plongé de près de 10% en 2020 contre 6,5% pour la zone euro. En définitive, l’économie britannique se trouve actuellement plus loin de son niveau d’avant crise que les pays européens et ne le retrouvera pas plus tôt que les autres, bien au contraire. Les dernières enquêtes PMI confirment, en effet, l’essoufflement de la dynamique conjoncturelle que ce soit du côté de l’industrie manufacturière, où l’indicateur flanche depuis 4 mois, tout comme de celui des services. Au-dessus de 50, l’un comme l’autre évoluent dans la zone expansion, mais tous deux se situent désormais au plus bas depuis février, lorsque la Grande-Bretagne était encore confinée.


Vents contraires à l’horizon


En perte de vitesse, l’économie britannique va devoir de surcroît faire face à deux vents contraires.


Le premier : le resserrement de la politique budgétaire. Les mesures de soutien vont commencer à s’éteindre dès cet automne avec l’arrêt du dispositif de chômage partiel et d’aides aux indépendants. Mais c’est aussi la suspension de la majoration des allocations de chômage. Quant à l’exonération des droits de mutation, après avoir été rabotée en juillet dernier, sa suppression est actée d’ici fin octobre. Ce n’est qu’une première étape avant le tour de vis prévu à partir de 2022-2023 avec à la clé une hausse du taux d’imposition sur les sociétés qui grimpera de 19 à 25%, mais aussi le gel des seuils de l’impôt sur le revenu. Par le simple jeu de la progression des salaires, ce sont quelque 800 000 Britanniques supplémentaires qui s’acquitteront de l’impôt sur le revenu et autant qui basculeront de la première tranche (dont le taux de base est de 20%) à la deuxième (au taux de 40%).


Second vent contraire : les conséquences du Brexit. Même si cela reste difficile à appréhender dans un environnement encore bouleversé par la pandémie, des fissures apparaissent. Il y a d’abord la perte d’attractivité du pays. C’est le sens qu’il faut donner à la baisse des flux des capitaux entrants nets. Depuis 2016 (date du referendum sur le Brexit), ils sont en baisse. Visiblement le pays est devenu moins intéressant pour les investisseurs depuis qu’il s’est coupé de ses partenaires européens et si l’année de référence est un peu trompeuse, car liée en partie à un petit nombre de méga-deals, notamment le rachat du brasseur SABMiller par un groupe sud-africain pour 79 milliards, le mouvement est à la réduction.


Un marché du travail désorganisé


Confinements et déconfinements successifs ont également désorganisé le marché du travail, mais au Royaume-Uni la sortie de l’UE accentue le problème. Les flux migratoires ont en effet apporté près de 250 000 habitants supplémentaires en moyenne chaque année depuis 2000, essentiellement des travailleurs. Or, lors du 1er confinement, nombre d’immigrés, notamment les jeunes Européens, sont rentrés chez eux et beaucoup ne sont pas revenus, sans relève rapide par une nouvelle vague d’immigration puisqu’il faut désormais obtenir un permis de travail.


Enfin, le rêve du « Global Britain », ce reploiement des exports, notamment en direction du « Commonwealth », ne se concrétise toujours pas. Une chose est certaine en revanche, les échanges avec l’UE se sont effondrés. Tombés historiquement bas en janvier 2021, ils n’ont que très partiellement récupéré depuis, sans aucune prise de relais d’autres débouchés.


Finalement, les déficits jumeaux renvoient une parfaite synthèse de l’économie britannique : son déficit public primaire structurel (c’est-à-dire hors charges d’intérêts) dépasse les 7% du PIB, c’est l’un des plus élevés des pays européens. La photo est la même pour la balance courante avec une économie britannique reléguée en fond de classement. Le cavalier seul du Royaume-Uni risque bien de peser lourd sur la croissance des prochaines années.


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