Connexion
Accédez à votre espace personnel
Recevez nos dernières vidéos et actualités quotidiennementInscrivez-vous à notre newsletter
ÉCONOMIE
Décryptages éco Intelligence économique Intelligence sectorielle Libre-propos Parole d'auteur Graphiques Notes de lecture
STRATÉGIE & MANAGEMENT
Comprendre Stratégies & Management A propos du management Parole d'auteur Notes de lecture
IQSOG
RUBRIQUES
Économie généraleFranceEurope, zone euroÉconomie mondiale Politique économique Emplois, travail, salairesConsommation, ménagesMatières premières Finance Géostratégie, géopolitique ComprendreManagement et RHStratégieMutation digitaleMarketingEntreprisesFinanceJuridiqueRecherche en gestionEnseignement, formation
NEWSLETTERS
QUI SOMMES-NOUS ?


S'inspirer du protectionnisme de Trump ?

Publié le jeudi 26 janvier 2017 . 4 min. 42

Voir plus tard
Partager
Imprimer

Avec l’arrivée de Donald Trump, le protectionnisme, version halte aux frontières, est devenu l’alpha et l’oméga de la nouvelle politique économique américaine. Les actes, les résultats ne se sont pas fait attendre : abandon du traité transpacifique, rediscussion de l’ALENA et, sous la menace, les constructeurs automobiles multiplient les annonces de relocalisation ou de non-délocalisation, voire de nouveaux investissements. Le mot d’ordre est simple : fabriquez aux Etats-Unis ou payez une lourde taxe frontalière.

 

Au-delà des coups de menton, les résultats risquent d’être pourtant très décevants à long terme, car même si les firmes multinationales sont revenues sur la version la plus extrême du fabless et de l’allongement à outrance des chaines de valeur, il n’en reste pas moins que depuis une vingtaine d’années, il y a eu intégration des processus de fabrication et que la production de biens est segmentée entre plusieurs pays en fonction de leurs avantages comparatifs.

 

Un exemple, l’A380 : ses moteurs viennent du britannique Rolls Royce et d’Engine Alliance, une entreprise américaine. Rien n’arrive donc de la zone euro et bientôt, ni même de l’Union Européenne ! Autre partie importante, le train d’atterrissage. Le central est réalisé par l’américain Goodrich. Le train avant, lui, a été conçu à Vélizy et réalisé à Montréal par Messier-Dowty, une filiale de Safran. Les pneus viennent, eux, de chez Michelin. Je m’arrête là. Le processus est, bien entendu, le même chez Boeing.

 

L’iPhone, l’automobile et tant d’autres produits sont en fait made in Monde. Ils peuvent être assemblés sur un territoire alors que tout ou partie de leurs composants viennent d’ailleurs, repassent plusieurs fois les frontières, et si ces derniers sont taxés à chaque franchissement, c’est un alourdissement immédiat des coûts des consommations intermédiaires, et la hausse du prix final.

 

Avec la mondialisation, des pans entiers industriels ont également disparu dans de nombreux pays, dont la France, et certains biens de consommation courants ne sont même plus du tout usinés dans le pays où ils sont consommés. Augmenter les taxes, c’est dans ce cas directement augmenter les prix à la consommation et rogner le pouvoir d’achat.

 

Autre élément à intégrer, souvent oublié, le poids de plus en plus important pris par les coûts fixes dans la formation des prix et leur explosion en valeur absolue. Dans la « vieille » économie, si une entreprise se trompe et ne trouve pas son marché, elle réduit sa production, et avec elle les coûts variables, ou la cesse, et les pertes sont absorbables. Dans une économie automatisée via les robots et les algorithmes, l’essentiel de l’investissement, voire la quasi-totalité est engagée en amont lors de la conception. L’entreprise a donc tout dépensé avant d’avoir touché un premier centime d’euro. Le coût de production d’une unité supplémentaire peut même être nul ou devient négligeable si on pousse le raisonnement à l’extrême. Mais attention, l’échec est interdit au risque de tout perdre.

 

Second temps : l’explosion de ces coûts fixes. Ce n’est pas de la science-fiction et c’est déjà partiellement théorisé : selon la loi de Rock, par exemple, le coût du lancement d’une usine de microprocesseurs double tous les 4 ans et l’unité de compte est le milliard de dollars. La taille du marché, pour espérer être rentable, ne peut évidemment pas être celle d’un seul pays, d’autant plus s’il est européen. Mais même un marché de taille XXL comme les Etats-Unis ne suffit pas et c’est l’erreur de Trump.

 

C’est simple, ou il faut accepter une explosion des prix, chaque pays voulant son champion. Ou, arc-bouté sur le protectionnisme tarifaire, mettre des droits de douanes. Bien évidemment, tous les biens ne sont pas concernés mais la tendance est là. Une fois de plus taxer aux frontières ne fera que renchérir le prix. A la fin, c’est donc toujours le consommateur qui paie. Faut-il pour autant abandonner toute forme de protectionnisme ? Non, mais très sélectif et bâti sur un véritable argumentaire environnemental ou social. Vouloir ériger des murs ou des droits de douanes aux frontières, c’est se heurter à des problèmes insolubles, des résistances fondées, et c’est surtout être en retard d’une guerre économique.

 

 

Alexandre Mirlicourtois, S'inspirer du protectionnisme de Trump ?, une vidéo Xerfi Canal TV.


x
Cette émission a été ajoutée à votre vidéothèque.
ACCÉDER À MA VIDÉOTHÈQUE
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal :
Déjà utilisateur
Adresse e-mail :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple adresse-mail / mot de passe n'est pas valide  
  CRÉER UN COMPTE
x
Saisissez votre adresse-mail, nous vous enverrons un lien pour définir un nouveau mot de passe.
Adresse e-mail :

STOCKAGE DE VOS DONNÉES

Xerfi Canal utilise et stocke des informations non sensibles (par exemple : adresses IP, données de navigation, identifiants) obtenues par le dépôt de cookies ou technologie équivalente sur votre appareil. L’utilisation de ces données nous permet de mesurer notre audience et de vous proposer des fonctionnalités et des contenus personnalisés.

Les données stockées par Xerfi Canal ne sont en aucun cas partagées avec des partenaires ou revendues à des tiers à des fins publicitaires.

Vous pouvez librement donner, refuser ou retirer à tout moment votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

ACCEPTER PERSONNALISER REFUSER

PERSONNALISEZ LE STOCKAGE
DE VOS DONNÉES

Cookies Google AnalyticsCes cookies permettent d’obtenir des statistiques de fréquentation anonymes du site Xerfi Canal afin d’optimiser son ergonomie, sa navigation et ses contenus.

Cookies de personnalisation du parcours de visiteCes cookies nous permettent de vous proposer, en fonction de votre navigation sur le site, des contenus et/ou des offres de produits et services les plus adaptés à vos centres d’intérêt.

Vous pourrez librement et à tout moment modifier votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

VALIDER ANNULER