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Sports d'hiver : la "dévaluation" de l'or blanc français

Publié le mardi 20 décembre 2022 . 4 min. 51

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Cette année devait être celle du grand « Ouf » de soulagent pour les stations françaises de ski. Après deux saisons marquées par les conséquences de la pandémie sur l’activité des domaines skiables, celle de 2021-2022 était placée sous le signe de la renaissance. La guerre en Ukraine est venue jeter une ombre sur cette prévision. Pas tant sur la fréquentation globale. La clientèle russe était marginale, avec néanmoins cette précision, qu’elle disposait d’un fort pouvoir d’achat et se concentrait dans les stations les plus huppées (Courchevel, Miribel, Megève notamment). L’impact peut donc être localement très important même si cela ne remet pas en cause la tendance de fond du retour des skieurs. En revanche, les conséquences du conflit sur les prix de l’électricité sont bien plus inquiétantes.


Déclassement


En faisant exploser les coûts d’exploitation des remontées mécaniques et de la production de neige de culture, la rentabilité même des stations est menacée tout comme leur capacité à investir. Certes, une partie du coût sera absorbée par la hausse du prix du forfait, mais cela intervient au moment même où le pouvoir d’achat des Français (et des Européens) est déjà sous pression réduisant par la même leur capacité à engager des dépenses de loisirs. Le coup est rude pour un secteur déjà fragilisé. Bien entendu, la France reste au sommet et figure dans le trio de tête mondial des destinations de ski, loin devant l’Italie et le Japon qui complètent le top 5.


Ce palmarès flatteur masque une réalité qui l’est moins. Avec plus de 55 millions de journées-skieur sur la saison 2011/2012, la montagne française représentait alors 18% de la fréquentation totale du top 15, 10 ans plus tard, cette part est tombée à peine plus de 15%, la marque de son déclassement. Et pour cause, alors que les autres domaines skiables progressaient de près de 17% sur la même période, la France était en baisse de quasiment 3,5%.


Les 4 « problèmes » de la montagne française


Le mal est profond et peut être classé en quatre catégories :


1. Il y a d’abord un problème de clientèle. Elle est quasiment au trois-quarts française. Çà a été un avantage indéniable dans la période récente avec les freins aux déplacements internationaux. En outre, la clientèle domestique est plus fidèle que la clientèle étrangère qui met plus facilement en concurrence les différents domaines skiables des pays. C’est un avantage si la pratique du ski ou des sports de glisse est rependue et progresse. Ce n’est pas le cas. Moins de 15% des Français s’y adonnent et encore pas de façon régulière. En se limitant simplement aux pays alpins, c’est très loin des niveaux des grands pays comme la Suisse ou l’Autriche qui sont nettement au-delà des 30%, c’est même derrière la Slovénie. Si certains scores sont hors d’atteinte et s’expliquent simplement par le poids de la population locale vivant près des massifs, il n’en demeure pas moins que c’est un obstacle et l’on perçoit mal comment la tendance pourrait s’inverser à court terme. La destination neige est considérée comme trop onéreuse et les pratiquants réguliers vieillissent. La faute en partie à la réduction du nombre des classes de neige qui initiaient une partie de la jeunesse aux sports d’hiver. Bref, le vivier de skieurs nationaux se renouvelle trop partiellement.

2. Deuxième insuffisance, l’hébergement. L’essentiel des hébergements date des années 65-85. Les stations sont donc confrontées au vieillissement de leurs infrastructures. Surtout, historiquement, la France a choisi de développer les stations avec copropriété dont les acheteurs bénéficiaient d’avantages fiscaux à condition de les louer pendant 10 ans minimum. Peu à peu ses logements ont été sortis du circuit et nombre d’entre eux restent vides, soit parce que les propriétaires ne souhaitent pas les louer, soit parce qu’ils ne trouvent pas preneurs.

3. Troisième écueil, le manque d’investissements dans les installations. Au cours des années 2000 et 2010, l’Autriche a investi en moyenne 500 M€ par an dans ses stations, contre 300 en France alors que son domaine skiable est plus vaste. Ce sous-investissement se traduit notamment par une plus faible capacité à produire de la neige artificielle. Le taux de couverture des domaines skiables en neige artificielle est ainsi de 39% en France. C’est 9 points en dessous de la Suisse, près de deux fois moins qu’en Autriche, sans même parler de l’Italie du Nord.

4. Enfin, dernier élément, l’accentuation de la concurrence. Renforcement de la concurrence des grandes destinations « neige », mais pas seulement. Il faut désormais compter sur les stations des PECO (Bulgarie, Slovaquie notamment) qui mènent une politique de développement très dynamique ainsi que les destinations « soleil d’hiver » qui fournissent une alternative aux sports d’hiver.


Faute d’adaptation, le filon de l’or blanc s’est peu à peu épuisé alors que la France bénéficie pourtant d’un avantage géographique incroyable.


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