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09/06/201503:45

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

Cela passe inaperçu ou presque. Mais depuis plusieurs mois maintenant que les cours mondiaux des prix agricoles dégringolent. C’est vrai qu’à la différence du prix du baril de pétrole qui a le mérite de la simplicité (le brut est un produit homogène même si sa qualité peut varier), les prix agricoles mélangent par définition des choux et des carottes. C’est une construction statistique et  parmi les différents indices celui de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO) fait référence. Il est composé à partir de la moyenne des indices de prix de 5 grandes catégories de produits pondérée en fonction de leur part à l’exportation. Et cet indice a perdu 22% de sa valeur depuis son dernier pic de mars 2014.

 

En termes réels, c'est-à-dire corriger de l’inflation pour faire simple, le mouvement est encore plus spectaculaire et le retour en arrière encore plus marqué : les cours des matières premières agricoles sont revenus à leur niveau de 2007 soit juste avant leur flambée qui avait débouché sur des émeutes de la faim en Egypte, au Maroc et des nombreux pays d’Afrique sub-saharienne. La baisse des prix alimentaires est assurément une bonne nouvelle pour ces populations… mais aussi pour le consommateur français.

 

Avec le démantèlement depuis 25 ans des politiques agricoles de soutien par les prix en Europe, la transmission des fluctuations des cours sur les marchés mondiaux aux marchés domestiques européens est devenue plus rapide et plus ample. En France, il suffit de superposer deux courbes pour bien prendre en compte la force du phénomène : celle de la variation sur un an de l’indice du prix de la FAO depuis le début des années 2000 et celle de l'indice des prix des produits agricoles à la production (l’IPPAP) hors fruits et légumes.

 

C’est une mesure de l'évolution des prix des produits vendus par les agriculteurs français. Le lien est très fort, mesuré par le coefficient de corrélation il atteint 0,79. Et bien entendu ces évolutions des cours en amont, se répercutent tout au long de la filière. Ainsi, la hausse des prix des matières premières se diffuse très rapidement, en moins d’un trimestre, aux prix de production agricoles. Cette hausse des prix agricoles se transmet ensuite au bout d’un trimestre supplémentaire aux prix de production de l’industrie agro-alimentaire. Elle se diffuse encore un trimestre plus tard aux prix à la consommation de l’alimentation. 

 

Au final, les variations des cours mondiaux des matières premières agricoles se retrouvent sur les étiquettes des commerçants avec un décalage total de deux à trois trimestres environ. Bien entendu selon la catégorie de produit (frais, transformé, fortement marketé ou non…), les prix agricoles dictent plus ou moins directement les prix alimentaires. Certes, la transmission à la hausse comme à la baisse des cours n’est jamais intégrale et dépend des rapports de force tout le long de la filière. Mais les cours mondiaux impactent directement et de plus en plus les prix alimentaires en France. Les Français ont dépensé un peu moins de 140 milliards d’euros en 2014 pour se nourrir (hors boissons). Ce n’est pas rien c’est plus de 9% leur budget. Mais c’est un budget en baisse. 

 

Près d’un milliard d’euro en moins alors que les volumes ont progressé de 0,5%. La baisse des prix de 1,2% a ainsi plus que compensé la hausse des quantités consommées. Isolé, l’effet prix représente près de 1,7 milliard d’euros d’économie. Et cette cagnotte alimentaire progressera encore cette année compte tenue de la trajectoire prise par les cours mondiaux, à environ 2 milliards. Un petit coup de pouce supplémentaire au pouvoir d’achat après celle de la réduction de la facture pétrolière qui continue à diffuser ses effets.

 

Alexandre Mirlicourtois, Pourquoi les prix de l'alimentaire vont baisser, une vidéo Xerfi Canal TV


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